Déjà nous nous familiarisons avec le rythme béninois : le soleil se lève tôt et se couche tôt, ce qui permet de travailler à la fraîche. Nos dos sont un peu courbaturés, mais c’est le métier qui rentre !

Le matin, les motos sont toujours une véritable équipée. Armés de Nokia 3310, et de leur chemise violette officielle, évidemment sans casque, les chauffeurs sont prêts à nous emmener à travers les petits chemins boueux et les routes hyper fréquentées. Plus ou moins rassurés, nous ne pouvons qu’admirer leur vigilance constante et leur usage plus qu’intempestif du klaxon comme oyen de communication 😉

Le chantier avance bien et les ouvriers s’organisent de mieux en mieux. Nous sommes impressionnés par la débrouillardise des béninois qui transforment de vieux bidons en seaux pour transporter le remblai ; les filles sont très motivées : pied nus, elles chargent les récipients sur leurs têtes et vont gracieusement d’un bout du chantier à l’autre.

De nouveau une pause déjeuner, puis les activités avec les enfants redémarrent. Nous faisons trois groupes qui font chacun des activités variées. Les 11-14 ans sont enchantés de faire un baby-foot grandeur nature et sont aussi motivés que si c’était la coupe du monde 🙂

Les 8-10 ans découvrent la tomate, puis font un relais, dans lequel Clément s’illustre tout particulièrement, sous les encouragements des petits !

Enfin, les plus petits jouent à « tic-tac-boum », et les non-francophones attrappent vite le pli ; ils sont d’ailleurs bon joueurs, et gardent le sourire même en ayant perdu, une belle leçon d’humilité pour nous !

Pendant ce temps, les 3 filles assistent à la cuisine : il s’agit de faire 120 petits paquets de pop-corn, dans une grande marmite et sur feu de bois ! C’est enfin le gouter bien mérité pour les petits sportifs et la journée se conclut à 16h30. C’est bien vu, car après avoir débriefé avec les jeunes organisateurs, nous nous préparons à aller rencontrer l’évêque du lieu, avant de revenir dîner à la paroisse.

Comme nous sommes au Bénin, les horaires dérapent un peu et la météo se joue de nous : c’est à 19h et sous un tonnerre puissant que nous rencontrons enfin l’évêque. Pensées pour Stanislas, le seul en moto avec le père Romuald, arrivant intégralement trempé.

L’évêque nous accueille avec de bon gâteaux, et surtout une ouverture d’esprit opportune : nous pouvons échanger sur les sujets qui nous tiennent à cœur, notamment la culture béninoise dont certaines coutumes nous échappent. La polygamie reste ancrée dans les mœurs, notamment car les veuves sont « redonnées » en mariage au frère du défunt, afin de leur assurer une subsistance ; ce qui pose des soucis si ledit frère a déjà une femme ou voudrait en choisir lui-même une. Par ailleurs, le mariage reste peu courant même chez les catholiques, qui vivent à deux sans forcément passer par l’église : on dit d’ailleurs « pas de mariage sans grossesse » aux jeunes couples. Enfin, nous abordons un sujet ambitieux : des JMJ n Afrique, pourquoi pas ! C’est un continent très fervent mais dont les jeunes n’ont pas souvent les moyens de partir à l’étranger.

Enfin, nous rentrons… non pas à la paroisse, car le chemin n’est plus praticable suite à la pluie, mais chez nous -où nous préférons ne pas dîner pour nous coucher tôt !

La suite demain : au programme, négociation serrée de tissus au marché de Bohicon et choix de motifs des Boumba (les tenues traditionnelles) que nous allons rapporter !

Pour cela, nous pouvons compter sur l’aide de Sabine, notre hôte pour les deux semaines, que vous voyez ici dans une de ses tenues préférées.