On le répète souvent : en Afrique, le rythme de vie est différent, bien plus détendu… quel contraste avec notre vie de français pressés, stressés. Voici un aperçu d’une de nos journées-type, qui ne se déroulent pas souvent comme prévu, mais qui finissent toujours bien.

Le matin, nous nous levons vers 7h20, pour aller petit-déjeuner. Rituel du matin : la tisane d’Artemisia, une plante (très très) amère que l’on fait infuser 15mn et qui nous préserve du paludisme. Du pain, du beurre (doux !) et des omelettes pour prendre des forces.

A 8h, les ZEM arrivent pour nous emmener à la paroisse. En pratique, elles sont souvent plus en avance que nous mais il en manque toujours une… Nous finissons par nous installer et traversons de grandes avenues bordées de petites échoppes et magasins pour arriver au rond-point central de Bohicon et bifurquer vers la paroisse.

Les maçons professionnels sont déjà sur le chantier, qui avance sous nos yeux ébahis : les colonnes de soutènement, la charpente en bois, le toit en tôles.

Nous faisons une prière tous ensemble : français, béninois, autour du père Romuald. Elle se termine invariablement par des « Saint Joseph, nous comptons sur toi » et « Esprit-Saint, éclaire-nous ». Puis Prosper, chef de chantier, nous briefe sur le déroulé de la journée, avec des plannings toujours très optimistes : « 45 minutes de remblai puis une heure de pause foot, puis nous reprenons l’aménagement du chantier ».

Tout le monde se met au travail, les petits portant des seaux de remblai, les grands remplissant des brouettes. Tout le monde fait de son mieux. Depuis le début du chantier, nous avons été rejoints par de plus en plus de petites mains, car les enfants sont en vacances.

Les pauses sont animées : certains partent jouer au foot, d’autres écoutent des histoires. Les béninois sont friands de contes, qu’ils soient locaux ou internationaux. Nous avons apporté quelques livres, mais après les avoir tous lus 3 fois, nous commençons à raconter les Disneys dont nous nous souvenons. Choc culturel, il faut parfois préciser ce qu’est un loup ou une fée 😉

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Nous déjeunons vers 12h30, après une douche bien méritée. C’est le grand luxe : nous sommes servis à table par Hubert, jeune cuisinier togolais orphelin qui fait à la fois office de cuisinier et de maître d’hôtel. Chaque repas est l’occasion de découvrir les spécialités locales : salade de papaye rapée, maïs broyé et concassé en pâte d’Akassa ou en Foufou, igniame pilé, hablo (galettes de riz), poisson grillé, poulet bicyclette, et mangues, pommes cannelle ou canne à sucre (à mâcher pour en extraire le délicieux jus) en dessert.

Une petite sieste, soit sur des nattes dehors soit dans la fraîcheur de la maison, et nous démarrons les activités de 3J : Jeux, joie, Jésus dans mon cœur. Une chanson regroupe tous les enfants, puis une prière ; ensuite, ils se séparent en trois groupes que Français et Béninois prennent en charge pendant deux heures, sur des thèmes variés : santé, sport, culture, géographie… divers thèmes servent de fil rouge aux activités ludiques. Suivant les tranches d’âges, nous sommes plus ou moins compris par les enfants ; heureusement que nous avons des binômes pour traduire en fon !

En parallèle, certains s’activent en « cuisine » pour préparer le goûter : parfois de simples biscuits à distribuer, mais parfois une préparation plus élaborée à base d’Akassa et de coulis tomates-oignons-poisson. Les enfants peuvent ainsi repartir le ventre plein, tandis que nous faisons la vaisselle.

Comme un petit air de camp d’été

Enfin, un débriefing nécessaire avec tous les organisateurs permet de faire un retour d’expérience et de planifier les activités du lendemain. Évidemment, rien ne sert de trop planifier : comme le dit si bien Élysée, « quand on improvise, c’est qu’on a des provisions » 😉 Nous retrouvons tous les jeux de notre éventuel passé scout : tomate, béret, balle au prisonnier, épervier, « le facteur n’est pas passé », tic-tac-boum, poisson-pêcheur… Les enfants sont de plus en plus affectueux avec nous, sautant dans nos bras ou se battant pour nous donner la main.

Nous dînons ensuite tôt, en compagnie du père, et rentrons en ZEM à la nuit tombante. L’occasion de quelques frissons lorsque nous frôlons d’autres motos ou que nous roulons à gauche.

Nous terminons la journée par quelques parties de Uno ou Président et nous allons nous coucher. Par chance, les moustiques se font rares et la chaleur tombe vite. Bref, des journées bien remplies, jamais comme prévu, mais toujours riches en découvertes et en joies.