De notre côté, Greta (alias Agnès), Coton (alias Quentin) et Inès (alias Inès), nous nous retrouvons dans le petit village de Narhila, à une demi-heure au sud d’Assiout. Nous sommes chaleureusement accueillis par Sœur Thérèse et Sœur Sohir, carmélites de saint Joseph. Cette communauté est installée depuis plus de 50 ans, dans ce village au bord du Nil, où les palmiers se font nombreux, le nom même du village signifiant « Palmier ». Nous découvrons avec émerveillement « la plus belle maison de religieuses de toute la région », selon les propres mots de Monseigneur Kyrillos. En effet, depuis la terrasse, nous pouvons admirer un magnifique panorama, avec une vue imprenable sur le Nil et son rivage. Ce cadre paradisiaque est propice au calme et à la sérénité qui manquent parfois dans le quotidien très stimulant que nous avions jusque-là.

Après le temps de la découverte vient le temps du service. Nous accompagnons Sœur Thérèse pour visiter les familles les plus pauvres et les plus isolées. Notre simple présence et la prière chantée ensemble semble apporter beaucoup de joie dans ces foyers. La précarité dans laquelle certaines familles vivent ne les empêche pas de préserver leur sourire et leur bonheur d’accueillir des étrangers. Nous sommes particulièrement touchés et marqués par la générosité avec laquelle ils nous reçoivent sans cesse. Nous prenons davantage conscience du décalage qui existe entre le mode de vie occidentale et celui vécu par ces familles.

Nous rencontrons bon nombres de jeunes chrétiens du village de Narhila, avec qui nous échangeons et partageons des moments conviviaux. Nous consacrons la matinée du vendredi aux jeunes enfants de la paroisse. C’est l’occasion de leur apprendre un chant français qui leur plaît beaucoup. Ils montrent beaucoup d’enthousiasme et de talent dans la maîtrise des sonorités françaises qui leur étaient encore inconnues. Après l’effort, le réconfort, c’est le moment du jeu et du goûter. 

Pendant ces quelques jours privilégiés à leurs côtés, nous assistons les sœurs en participant à toutes les petites tâches quotidiennes, de la vaisselle à la préparation des repas, sans oublier les offices que nous avons la chance de suivre en français. Tous ces moments sont l’occasion de découvrir davantage cette branche de la congrégation des carmélites et d’avoir des discussions approfondies sur la vie en Égypte. Ces échanges se font souvent autour des bons repas concoctés par nos deux petites sœurs qui tiennent à nous faire goûter les spécialités incontournables égyptiennes. C’est ainsi que nous découvrons avec elles le « cochari », plat populaire, les mangues juteuses cultivées dans la région et le « Helba », tisane au goût un peu amer. Elles sont surprises et enchantées de voir que nous savourons tous ces mets avec beaucoup de plaisir.

Il est déjà temps de quitter cet oasis où le temps semblait s’arrêter. Nous interrompons notre dernière nuit à cinq heures, afin de profiter du splendide lever de soleil que nous pouvons admirer du haut de la terrasse. Après cette petite nuit, nous quittons les deux petites sœurs, nostalgiques de les quitter mais heureux de poursuivre notre engagement dans d’autres lieux.