Nous y sommes.

Grand jour que celui du spectacle de fin de camp, aboutissement de la première partie de notre mission. Dès notre tôt réveil, certains s’échinent à terminer leur montage vidéo ou la programmation du spectacle, celui-ci s’annonçant aussi endiablé que difficile à mettre en place. Mais passée la prière matinale et l’hymne palestinien, nos élèves semblent étonnamment attentifs et désireux, au moins autant que nous, de faire de cet évènement un grand succès.

La laborieuse répétition dont aucune minute n’étaient à perdre s’avère fructueuse et le spectacle démarre dans une ambiance au-delà de nos plus folles espérances. Après une introduction magistrale de notre guide suprême, leader charismatique incontesté, deux grandes élèves palestiniennes prennent, avec brio, le relais de la présentation de ce show digne des plus grandes rock-stars. S’enchainent alors numéros de danse/pyramides acrobatiques (atelier de Lisa et Pénélope), chansons françaises de tous styles (tant répétées que, trois jours après, celles-ci restent inlassablement encrées dans nos têtes) (atelier d’Augustin M et Claire), le tout rythmé par d’ambitieuses oeuvres audiovisuelles à l’originalité débordante (si débordante qu’elles ont été remarquées par la directrice !) (atelier de Gabriel et Alixe). N’oublions pas de mentionner le travail de qualité de l’atelier art plastique (de Marie et Bénédicte) qui jonche l’intégralité des murs du théâtre et accentue l’atmosphère chaleureuse de notre évènement.

Le chant final fait résonner à l’unisson les voix des animateurs comme des élèves et conclue notre expérience en révélant un peu plus la cohésion à laquelle aboutit ce camp, entre culture française et palestinienne, entre religion musulmane et chrétienne ou encore entre adultes et enfants.

Notre équipe au complet, avec quelques helpers (chefs des sous-groupes)

S’en suit une ribambelle d’émouvants au revoir, une avalanche de selfies et même des ‘à l’année prochaine’ (qui sait ?). Une maman nous gratifie même d’un immense gâteau confectionné par ses soins (dont nous n’arriverons à bout que 3 jours plus tard).

Ainsi la redoutable troupe s’en retourne vers son logement, parcourant pour la dernière fois ce chemin devenu si vite très familier. Profitant de ces derniers instants de vie palestinienne, nous laissons échapper de naturels ‘good bye’ à des gens que nous ne connaissons pas et que nous ne reverrons probablement jamais. Derniers enjambements de détritus, dernier slalom entre les innombrables immeubles en construction, dernières contemplations des nombreux et atypiques panoramas qu’offre la vallonnée Ramallah.

Auf wiedersehen Ludwig -> Départ pour Jérusalem.

Nous sommes 12 pour 11 places mais qu’à cela ne tienne, au moment de passer le check point, Gabriel ne se donnera pas la peine de montrer son passeport.

Mur séparant l’Israël de la Palestine

Nous arrivons à la Maison d’Abraham où l’absence de climatisation dans les chambre commence par nous surprendre, déception rapidement compensée par la découverte de ce point de vue unique que nous offre le rooftop sur la ville trois fois sainte.

La vue de notre logement! Remparts, Dôme du rocher ( mosquée), divers clochers

Egalement la vue de notre logement, mais cette fois-ci du côté du Mont des Oliviers et du cimetière juif

La route que nous empruntons pour aller à Jérusalem nous permet d’admirer cette ville fabuleuse

Avides de découverte et sans prendre une minute de repos, nous nous engageons vers la Jérusalem céleste qui nous tend les bras. Les rues exiguës et l’abondante présence militaire peuvent être étouffantes pour certains mais les balades dans ce dédale composé de sinueuses rues ne tardent pas à tous nous émerveiller. La fatigue et la faim commençant à se faire ressentir nous aboutissons chez un vendeur de kebabs qui après quelques négociations, réussira à nous sustenter.

Passage au mur des lamentations

Le chemin du retour fut tumultueux. Les manifestations dues à l’installation des portiques de sécurité à l’entrée de l’esplanade des mosquées par les israéliens battent leur plein et révolte la partie musulmane de la population (cf. Le Monde ou autres sources d’informations). L’explosion de grenades lacrymogènes à quelques mètres de nous, nous fait très vite rebrousser chemin et emprunter une autre des fameuses portes de la vieille ville. Nous assumons ce détour sans broncher mais faisons tout de même mine basse au passage près d’une seconde manifestation qu’aucun itinéraire subsidiaire ne nous permettait de contourner.

C’est face à la cité de David qu’une prière collective conclue cette riche journée.

Nuit bien méritée.

 

Eglise Sainte Marie Madeleine, au Mont des Oliviers. On la contemple depuis la route que nous prenons pour aller à Jérusalem