Mois : juillet 2017 (Page 1 sur 6)

22-23 juillet : Holiday, premier week-end en Inde

En Inde les enfants appellent le week-end « Holiday », en effet, les élèves de la Saint Peter School n’ont pas cours le samedi et le dimanche. On en profite donc pour faire une « grasse matinée », nos réveils sonnent à 8h.
Après un copieux petit déjeuner, nous retrouvons les 70 enfants de l’internat avec qui nous jouons pendant deux heures. Notre activité foot gagne en popularité et nous décelons déjà les futures recrues de la Ligue 1.

L’après midi est assez tranquille, nous nous rendons à la messe à 17h.
Après une heure de liturgie en Oriya, le dialecte de la région, nous sommes invités chez les prêtres de la paroisse, en compagnie des soeurs. C’est en arrivant chez nos hôtes que nous découvrons non pas un dîner mais un festin « european continental food ».
Un à un les plats, pour certains originaux, défilent et dans le noir dû aux fréquentes coupures d’électricité nous passons une excellente soirée assez peu « european » finalement.

C’est un peu fatigués que nous nous sommes rendus à la messe dominicale à 7h15. L’horaire nous paraissait un peu matinale jusqu’à ce que nous comprenions que la cérémonie durerait quatre heures.

Praise the Lord ! Alleluia !

La fête de sainte Anne et de saint Joachim, patrons des époux, est un événement important en Inde. C’est pourquoi l’église, pleine à craquer, accueillait orchestre, décorations, danses et offrandes! Lors de cette messe, les époux de la paroisse ont reçu une bénédiction spéciale. Après le chant final c’est devant toute l’assemblée que nous avons été introduits par le père Martin et ensuite chaleureusement accueillis par les paroissiens.

A la sortie de la messe nous constatons que les familles des internes présentes partagent leurs déjeuners et restent avec leur enfants pour une partie de l’après midi. C’est assez touchant de les voir réunis, sachant que les enfants ne rentreront chez eux qu’à l’occasion des prochaines vacances.

Après cela, nous partons en direction des temples bouddhistes accompagnés des soeurs et du père Prasant, qui nous suit depuis le début de notre mission. Nous découvrons la culture bouddhiste et l’architecture de leurs nombreux temples.

Nous nous rendons ensuite dans une fontaine naturelle

Rituel hindou dans les sources naturelles d’eau chaude

d’eau chaude, devenue lieu de culte hindou.

C’est l’occasion d’échanger avec les soeurs, nous passons les trajets à comparer nos styles musicaux.

 

Lundi 24 juillet

Aujourd’hui c’est encore une belle journée qui nous attend. Nous débutons par la traditionnelle assemblée puis on enchaîne avec les cours du matin. L’après-midi, au programme : football, balle aux prisonniers, épervier, pour changer 😉 Nous sommes toujours aussi ravis de voir leur énergie débordante !
Vers 18h, soeur Lima nous improvise une petite visite dans le village de Juba. Le trajet nous permet de découvrir les paysages tropicaux : montagnes, petits villages, jungle, rizières, bergers avec leurs troupeaux… Arrivés à Juba nous sommes accueillis par les soeurs et le prêtre de la paroisse puis nous partons pour une petite excursion dans les montagnes où nous contemplons cette belle vue qui surplombe le village. Avant de repartir à Mohana, le père nous fait visiter le village et rencontrer ses paroissiens.

Les volontaires de la mission Inde avec les jeunes du village de Juba !

Ces trois jours furent une occasion de plus de découvrir les différentes cultures, religions et autres spiritualités de cet immense pays dans lequel nous avons atterri il y a maintenant plus d’une semaine.

 

La journée des artistes

Aujourd’hui jeudi, nous allons au théâtre. Rodica et ses élèves nous ont donné rendez-vous devant le théâtre national « Vasile Alecsandri », dans le centre-ville de Balti, pour 10h45. Nous arrivons à 11h, ayant pris un peu de retard. Il est d’ailleurs à ce sujet important de mentionner le militantisme de l’équipe AED Moldavie, qui a décidé d’œuvrer pour la disparition des préjugés sous toutes leurs formes, en particulier ceux touchant à la condition féminine, comme la vision selon laquelle les filles sont tout le temps en retard, surtout le matin, le temps de se préparer : chez nous, ce sont les garçons qui sont à la bourre !

(Photo: Le théâtre national Vasile Alecsandri)

La pièce, dont le titre ne nous était pas parvenu avant la présentation, se révèle être d’origine française : La nuit de Valognes, d’Eric-Emmanuel Schmitt. Les dialogues sont en Roumain, mais la bande-son présente des chansons en Français. Si nous ne comprenons pas tous les détails, nous apprécions néanmoins la représentation, de grande qualité artistique.

L’après-midi, c’est la kermesse de fin de la session été du centre Caritas. Les enfants ont travaillé ces derniers jours sur plusieurs partitions musicales, soit en chant, soit en danse chorégraphiée. On nous demande de contribuer à la fête : ce sera bâton du diable (numéro effectué par Amaury) et Madison, mené par Manon, Armelle, Camille et Isaure, qui l’avaient appris aux enfants en début de semaine. A la fin, les responsables distribuent cadeaux et friandises aux enfants. A notre surprise, nous ne sommes pas oubliés. Pour nous, c’est tablette de chocolat et magnet pour frigo aux couleurs de la Moldavie.

(Photo: Interprétation de « Tusi » (une chanson russe) par Victoria)

(Photo: Chorégraphie de « La danse des canards »)

(Photo et vidéo: Démonstration de bâton du diable)

(Photo: Quentin, Armelle et Isaure)

(Photo: Remise des cadeaux)

Les lycéens, qui ont été conviés, sont venus assister en nombre à la présentation. Après le départ des enfants, nous leur proposons de passer un temps convivial avec nous dans la cuisine de l’étage où nous logeons. Les restes copieux du barbecue de la dernière fois font office de pitance, les Moldaves ont aussi ramené à manger.

C’est une journée marquée par l’art qui s’achève !

Mission-éclair à Ungheni

Pour mercredi, les pères Jatek (le Suisse-Allemand) et Vassile ont préparé une surprise à Amaury et Manon : nous sommes la Sainte Anne, et pour les catholiques de Moldavie, c’est la fête. Des prêtres de tout le pays se retrouvent à Ungheni pour une messe commune, et nous avons été conviés pour l’animation. On nous demande une fois encore de chanter le psaume en Français. C’est aussi l’occasion de découvrir les lieux où nous allons passer la deuxième partie de notre mission.

Nous y allons ensemble en voiture. Comme pour le trajet reliant Chisinau et Balti, le voyage est plein d’enseignements, sauf que cette fois-ci, nous avons les commentaires des prêtres pour nous expliquer ce que nous avons sous les yeux.

La route est en bien meilleur état, mais le paysage reste sensiblement semblable. Nous croisons un immeuble en construction qui a été abandonné avant son achèvement (passé sans transition de l’état de construction à celui de ruine), un lac asséché, 3 usines abandonnées. Nous voyons même un ancien kolkhoze !

L’église d’Ungheni et le presbytère ne sont qu’un seul bâtiment. Neuf. Nous sommes accueillis par des scouts de France qui font leur expériment à Ungheni. Ils sont censés partir quand nous arrivons. Nous visitons avec eux le lieu et nous prenons la température : logement, courses, activités, etc. (mais nous gardons la description pour plus tard, sinon il n’y aura pas de suspens !).

La paroisse n’est pas bien grande, mais les fidèles sont venus en nombre (c’est-à-dire une petite trentaine) pour la Sainte-Anne. 4 prêtres concélèbrent avec le curé de Chisinau, qui préside la célébration (soit un total de 5). Scène banale en France, mais il faut se dire que cela représente près du tiers du clergé du pays !

Repas convivial avec tout le monde, puis retour à Balti. Sur le trajet, on parle avec les pères. On leur demande s’il y a des séminaristes en Moldavie. Aucun. On leur dit qu’on va prier pour les vocations. Réponse du père Jatek : Jamais ! Il faut prier pour les familles, pas pour les vocations. S’il y a des familles, il y aura des prêtres. Nous ne sommes pas habitués à ce discours.

Le reste de la journée (ainsi que la mâtinée pour ceux qui sont restés à Balti) est calqué sur celles qui ont précédé, et suivant un schéma qui s’est affiné au fil des jours pour parvenir à un certain aboutissement, et dont voici la trame : le matin, activité, souvent culturelle, avec les lycéens, retour au centre avant 13h30, repas de 13h30 à 14h avec les enfants, puis animation ou travaux manuels pendant l’après-midi jusqu’à 17h ou 18h jusqu’à la fermeture, puis temps fraternel, soit entre nous, soit de nouveau avec les lycéens moldaves.

(Photo: matin footing autour du lac de Balti)

(Photo: Quentin avec Masha, au centre Caritas)

(Photo: Préparation du repas)

(Photo: Mission remplissage d’eau)

Comme un mardi

Aujourd’hui, nous sommes Mardi. Et, comme tous les mardis depuis que nous sommes ici (c’est le premier), nous allons au musée. Au programme : peuplement de la région de Balti, histoire de la Moldavie, exposition sur les vêtements traditionnels et outils d’agriculture et de tissage moldaves.

(Photo: Il y en a une qui n’écoute pas !)

(Photo: Alex et Quentin dans la salle des vêtements traditionnels )

(Photo: Drapeau de la Moldavie, différent du drapeau roumain de par l’aigle au blason au centre )

(Photo de groupe devant le drapeau de la Moldavie)

(Photo de groupe devant le drapeau de Balti)

 

(Photo: Armes)

(Photo: Isaure et Manon)

(Photo: Elena devant la pancarte correspondant à la ville de Vitebsk (Biélorussie) où elle habite, ville jumelée avec Balti)

 

(Photo: Confrontation)

Niveau culture, il y a des choses à apprendre. Par exemple, la Moldavie n’est pas homogène ethniquement, comme la plupart des pays de l’ex-URSS, d’où la coexistence au sein d’un même territoire de plusieurs langues. Impensable, en France (parce que bon, les langues régionales, c’est bien joli, mais là c’est du sérieux ! On parle de la vie quotidienne, pas de TéléOccitan.)

En Moldavie, Russe et Roumain coexistent, de par l’héritage d’une histoire commune tout à la fois avec la Roumanie et avec la Russie. Historiquement, les Moldaves peuplaient les campagnes tandis que les Russes (présents sur tout le territoire de l’ex-URSS) étaient plus présents dans les villes. Cependant, l’exode rurale a brassé ces populations. Aussi, si tous les Moldaves ne parlent pas le Russe, ils sont une majorité à le comprendre : l’ordinaire de la messe (qu’elle soit catholique ou orthodoxe) se fait en Russe, c’est aussi cette langue qui est favorisée au centre Caritas, où tous ne parlent pas Roumain.

Cette situation nous pose un problème plutôt incongru : quand nous arrivons à saisir un mot quelconque, on n’est jamais sûr de la langue à laquelle il appartient. Avec l’entrainement, nous arrivons à peu près à les distinguer  à l’oreille. A l’écrit, c’est plus facile : si on arrive à lire l’alphabet utilisé, c’est du Roumain, si c’est écrit en cyrillique, bah c’est du Russe ! (Quand ils ne s’amusent pas à écrire le Russe en langue latine…). C’est impressionnant de les voir passer d’une langue à l’autre sans effort, ou de nous apprendre un mot sous les deux versions à la fois sans hésitation, comme s’il s’agissait de synonymes. Nous avons par exemple appris que « cure-dents » se dit « Zoubotchiska » en Russe et « Scobitoare » en Roumain.

L’après-midi, nous reprenons les travaux de réfection du terrain de foot : cette fois-ci, ce sont les bancs, déjà poncés, que l’on verni. On poursuit aussi la peinture des piquets et des cages.

(Photos: Vernissage)

(Photo: Peinturluration)

Le soir, le démon du jeu (de cartes, en l’occurrence, du Président) nous tient jusqu’à tard le soir, mais le cri de Morphée se fait suffisamment fort pour que nous finissions par y renoncer, et nous regagnons nos pénates.

24, 25 et 26 juillet : La Crèche Montessori

Lundi, mardi et mercredi, nous étions dans une crèche Montessori dans le quartier Korba. Les enfants, entre 1 an et 4 ans, étaient répartis en différentes classes en français ou en anglais (enfin, ils savent dire « oui », « non », « merci », et « je m’appelle… », donc la conversation n’allait jamais très loin). 1 ou 2 par classe, nous nous avons essayé d’apprivoiser ces petits boud’choux à coup de grimaces et de jeux de mains. Les garçons se sont principalement occupés de la « summer school » qui accueille des enfants plus grands entre 4 et 8 ans

Un morpion Humain

 

Le repas est toujours un moment très joyeux !

Assez différentes des crèches françaises, ici, ils apprennent déjà leur alphabet (latin et arabe) et à compter jusqu’à 10 ou plus, certains savent déjà écrire leur prénom au tableau en lettre minuscule !

En dehors des séances de jeux Montessori, nous avons fait de nombreux bricolages : des bracelets de pâtes multicolores, des lapins en papier, de la peinture… Les « Miss » ne sont jamais à court d’idée pour occuper ces p’tits loups.

Une des matinées, tous les groupes se sont rassemblés et on a pu assister à un spectacle de marionnettes, faire une ou deux chorés et participer à quelques jeux.

Encore un spectacle de Marionnettes, les enfants sont ravis !

Le but était de souffler dans la farine afin de trouver le trésor caché, notre chef ne s’en est pas trop mal sortie 🙂

La crèche a également la chance d’avoir une petite piscine dans laquelle les enfants ont pu se rafraîchir et, à leurs sourires, ils se considéraient comme les enfants les plus chanceux du monde.

Témoignage d’une famille syrienne

Mercredi 26 juillet :

Blandine et moi entrons chez Tony. Tony est un père de famille. Il est syrien, a une femme, un fils de quatorze ans et une fille de dix ans, et il a tout perdu. Nous avons fait connaissance dès notre arrivée à Beyrouth et avons depuis liés une amitié unique en son genre. Blandine travaille pour RadioVatican et elle est venue au Liban pour voir et témoigner de notre action avec l’AED.

Nous demandons à Tony s’il est d’accord de nous livrer son histoire malheureuse. Il l’est, et désire que sa parole « soit celle de milliers de chrétiens dans sa situation ». A peine commence-t-il son récit qu’il va sur la terrasse pour cacher ses larmes. Nous sommes gênés, ne savons que faire. Silence total pendant une longue minute, je prie. Que puis-je faire d’autre ?

Puis, difficilement et tout en pleurant encore, il entame la traversée d’une très grande épreuve, à savoir replonger dans le passé, le feu, les cris, la fuite… Il ne s’arrêtera pas deux heures durant.

Tony habitait à Damas dans une belle maison. Il travaillait en tant qu’ingénieur pour le compte de la banque de Syrie. Puis Daesh est venu, les chrétiens ont été persécutés, sa maison a été détruite. « Nous avons vu des magasins explosés, des centaines de personnes mourrir, des missiles qui volaient au-dessus de nos têtes ». Alors la fuite a commencée. Il n’a pu prendre que ses papiers et de l’argent liquide. La maison a été vendue à un prix dérisoire. Après des heures d’attentes, des check-points à n’en plus finir, Tony et sa famille ont atteint le quartier de Bourj Hamoud au Liban.

Ils vivent dans un petit appartement muni du strict nécessaire depuis sept mois maintenant, et attendent leur visa pour le Canada. Tony n’a pas de métier, pas de papiers, il réside donc illégalement sur le sol libanais et s’il se fait contrôler sera renvoyé en Syrie. Il ne sort presque pas de chez lui, vit dans une peur permanente. Il n’a quasiment plus d’argent. « La vie et la mort me sont égales. L’unique raison qui m’encourage à vivre, c’est ma femme et mes enfants. J’ai l’espoir qu’un jour, je verrai briller dans leurs yeux la lumière de l’enfance, cette lumière qui vous habite vous en ce moment », nous dit-il.

Cela fait une heure que nous l’écoutons. Il va mieux désormais. Il s’est calmé et a repris le contrôle de ses émotions débordantes, et ne s’arrête plus de déverser ce qu’il a sur le coeur. Blandine et moi sommes profondément bouleversés par son courage, honorés qu’il se livre à nous avec tant de générosité. « Les islamistes nous tuent », reprend-t-il. « Ils nous enlèvent l’eau et l’électricité ». Le fils de Tony me fait remarquer que son grand père a été privé d’eau et d’électricité durant plus de quatre mois. Quatre mois ! Quel homme peut faire ça ?

Après nous avoir livré non pas sa haine mais sa peur de l’Islam, Tony nous dit : « comment pouvez-vous accepter des musulmans chez vous ? Je les connais, je sais ce qu’ils sont, ils vous réserveront le même sort qu’à nous. The young wolf will grow up and become a murderer. » Parole prophétique ?

Des milliers de chrétiens syriens et irakiens se trouvent dans la même situation que Tony. Et encore, il a la chance (ou du moins avait car tout a fondu) d’avoir un petit peu d’argent de côté, un frère au Canada, et de n’être pas blessé. Sa maison, le lieu où il a fondé sa famille, a été torpillée. Il a fui sa terre natale et n’y retournera jamais, il ne le veut pas. Malgré cela, il remercie Jésus pour tout ce qui lui reste, et notre présence lui fait du bien.

Ne nous voilons pas les yeux, osons parler de ce que Daesh fait au Moyen-Orient, prions pour que des milliers de familles retrouvent une maison, engageons-nous auprès d’eux, montrons-leurs que la France, fille aînée de l’Eglise, ne les a pas abandonnée. Le jour où j’apprendrai que Tony aura obtenu son visa pour le Canada, j’exulterai de joie.

« Ce que nous attendons, selon la promesse du Seigneur, c’est un ciel nouveau et une terre nouvelle où résidera la justice. Dans l’attente de ce jour, frères bien-aimés, faites donc tout pour que le Christ vous trouve nets et irréprochables, dans la paix »

Notre quotidien auprès des sœurs de la Charité de Ste Jeanne-Antide (Besançon)

Nous partageons donc a Beyrouth la vie et les missions des Sœurs de la Charité de Sainte Jeanne-Antide (Besançon). Au nombre de trois, elles forment une communauté dont l’appellation pourrait faire croire qu’elles sont originaires de France, mais seule l’est la congrégation dont elles sont issues. Ainsi sœur Nada est-elle originaire du Liban, de même que sœur Samar, tandis que sœur Manar, la dernière à avoir intégré la communauté, est originaire d’Egypte.
En tant que sœurs missionnaires dont l’action est au service des pauvres, malades, et plus globalement ceux qui sont dans le besoin, elles vivent non repliées sur elles-mêmes dans un couvent mais au contraire au plus proche de la population dans un modeste appartement au cœur du quartier populaire de Nabaa-Bourj Hamoud. Et sans doute leur jeunesse, qui tranche avec les vêtements immuables et le voile dont elles sont revêtues, contribue-t-elle à l’ardeur qu’elles mettent dans leur mission. Connues de tous les habitants, nos sorties dans les rues à leur côté ne se font jamais sans qu’elles ne se fassent arrêter par les habitants qu’elles croisent, que ce soit pour échanger des nouvelles, pour recevoir des confidences, ou bien pour un simple merci. Oreilles attentives au désespoir de ceux qui les entourent, une bonne part des missions que nous partageons avec elles consiste à se rendre au chevet des plus démunis et à leur apporter un soutien, que celui-ci soit spirituel, psychologique, moral, ou bien matériel et financier.

En mission dans Nabaa avec les Soeurs de la Charité

Chaque jour nous nous rendons avec elles chez les uns et les autres, que ce soit pour une écoute s’achevant souvent par des sourires et des larmes, ou bien pour une aide plus concrète : repeindre la chambre d’une famille démunie, aider à la toilette d’une personne paralysée vivant dans une extrême pauvreté. La reconnaissance exprimée par la population envers l’action des soeurs pousse ceux qui en éprouvent le besoin à faire directement appel à elles. Illustration : une après-midi, la sonnette de l’appartement retentit et nous voyons rentrer un vieil homme aux vêtements rapiécés. Celui-ci explique d’une voie fluette pleine de pudeur qu’acculé par les dettes il va probablement se faire expulser s’il ne règle pas une partie de ce qu’il doit. Les sœurs lui remettent alors de quoi satisfaire le propriétaire qui lui loue un logement misérable à prix d’or. Heureusement, les appels qu’elles reçoivent ne viennent pas seulement de ceux qui sont dans le besoin mais aussi parfois de ceux qui souhaitent faire acte de bonté et contribuer à leur action, notamment par des dons. Exemple : un matin, les soeurs reçoivent un appel de la part d’un boulanger souhaitant leur faire don de ses invendus. Nous nous empressons alors de recevoir les pâtisseries pour les donner à certaines familles. De même il n’est pas rare que des anonymes déposent devant la porte de leur appartement divers dons, tel que des denrées alimentaires ou des vêtements. Le travail des soeurs repose sur la générosité des donateurs (parfois anonymes), témoins de l’action bienfaisante de celles-ci.

Bien sûr une longue énumération ne suffirait pas a rendre compte de l’étendue et de la résonance de leur action au coeur du quartier dans lequel elles vivent ; et tant de moments forts et bouleversants vécus à leurs côtés, parfois tristes, parfois heureux, ne peuvent que nous laisser admiratif et humble devant ces existences vouées à Dieu et au service du prochain. Nul doute que nous en serons à jamais marqués et transformés. Elles sont pauvres parmi les pauvres, désirent être la voix de ceux que l’on entend pas. Leur travail est continu, et les nombreux sourires et remerciements qu’elles reçoivent suffisent à combler leur existence d’une joie illimitée.

L’éducation au cœur de notre mission

Cela fait maintenant plusieurs jours que nous sommes à la Saint Peter School de Mohana et nous avons désormais pris nos marques ici.

Chaque soir, nous nous répartissons  les tâches pour le lendemain : deux volontaires par classe par tranche de 2 heures. Chaque jour, nous comprenons davantage la mesure de la mission qui nous a été confié par soeur Lima, la supérieure du collège.

 

Les élèves de la Saint Peter School confient leur journée au Seigneur avant d’aller en cours.

En Inde, la journée débute par une  »assembly » où les élèves en rang confient leur  journée au Seigneur et expriment leur attachement à leur pays. Les plus grands donnent le rythme et nous sommes impressionnés par leur sérieux et leur implication dans cette cérémonie quotidienne.
À 8h45, les élèves se répartissent dans leurs classes et les cours peuvent commencer.
Nous sommes en charge de trois classes de maternelle. Selon les différents niveaux, nous leurs enseignons les mathématiques et l’anglais jusqu’à la pause du matin. Pour leur jeune âge, ils intègrent rapidement les bases de ces deux matières malgré quelques moments de distraction.

 

Les deux heures suivantes sont consacrés à des activités ludiques : chants, danses, mimes… Nous en profitons pour leur apprendre des comptines françaises.
Pour eux l’école se termine à 13h mais pour nous c’est le moment de reprendre des forces pour les activités de l’après-midi.
Les sœurs sont au petit soin pour nous et nous régalent des diverses spécialités indiennes avec au menu riz traditionnel, poulet au curry, légumes au massala…

Reprise à 15h avec les 7-12 ans avec au programme jeux du béret, parties de football et de thèque.

Le jeu du béret a eu un grand succès auprès des jeunes élèves de Mohana.

Si les enfants se plaignent à soeur Lima c’est seulement parce qu’ils ne nous voient pas assez. On s’attache nous aussi très rapidement à eux.

L’éducation en Inde est assez différente de celle que nous connaissons en France. Les professeurs sont plus exigeants et l’apprentissage de l’anglais et des mathématiques commencent dès le plus jeune âge.

La Saint Peter School accueille aussi 70 internes dont les parents habitent trop loin pour les emmener chaque jour.
C’est avec eux que nous passons le plus de temps. En effet, le matin au petit déjeuner, nous avons tous le droit à notre  »good morning brother »  »good morning sister » et le soir après l’étude nous prions le chapelet avec eux.
Nos journées sont donc bien chargés mais nos efforts sont récompensés par la joie des enfants et la satisfaction des sœurs.

Nous avons aussi le droit à des surprises comme l’anniversaire du petit Robert, le chouchou de l’équipe, célébré par ses camarades de pension par des chants et des danses.

Charlotte fascinée par les danses traditionnelles des jeunes pensionnaires

Bref, les volontaires AED de la mission Inde n’ont pas le temps de s’ennuyer à Mohana !

26 Juillet: Continuation des travaux

Nous commençons cette journée par les différents travaux. Pendant qu’une équipe creuse une tranchée à l’ombre, d’autres dispersent des graviers pour créer un chemin sous le soleil pesant et une chaleur particulièrement torride.
 La fatigue et les courbatures commencent à se faire sentir mais le jardin somptueux et le temps précieux de la sieste après le déjeuner nous consolent.
L’après midi débute pour les plus courageux par la tranchée à creuser tandis que d’autres nettoient les différentes vitres qui ornent l’abbaye et d’autres encore nettoient les dalles de l’allée principale au karcher.

Terrasse lavée à fond, malgré les apparences!

Après la défaite à la bataille de Karsher, Alixe se console avec son balai !

Augustin n’a, semble t-il, pas compris la véritable utilité du karsher !

 

Mais qui est-ce ?

Bénédicte ne fait rien …

Il faut donc être cinq pour laver une fenêtre, efficacité à toutes épreuves !

Augustin, contrit, réalise l’importance de l’eau en Israël.

Claire essaie d’imiter le maître, parviendra-t-elle à le dépasser ?

Mais qui a enfermé Pénélope ? Serait-ce une ruse pour ne pas travailler ?

Augustin-pas-chef s’intéresse à la vie monastique, les frères n’ont qu’à bien se tenir !

 

Alors que la journée de travail se termine, Alixe et Augustin M se battent pour continuer à utiliser la marteau piqueur sous le soleil apaisé.
Alixe se découvre une passion pour le BTP : annulation du CDI en conseil.

Augustin M. après s’être disputé le marteau piqueur au Chifoumi avec Gabriel, rivalise de force avec Alixe, et tente d’enlever des plus gros morceaux qu’elle. Pas facile vu le niveau de professionnalisme qu’elle a!

 

Après le repas, nous nous sommes rassemblés sur la terrasse pour une soirée conviviale à base de limoncello et de bières, accompagnés de chants à la guitare, discussions et autres jeux.
Article rédigé par Augustin M

Quelques vidéos

Voilà en vrac quelques aperçus de notre vie ici!

On veut absolument vous partager la vue incroyable et magnifique qu’on avait de la Maison d’Abraham, notre logement à Jérusalem. Avis aux futurs touristes ou pèlerins 😉

Comme on l’a décrit dans un précédent article,, cet article a vu naître un groupe de musique hors du commun. Nos soirées et trajets sont bien animées!!

Jérusalem, porte des Immondices. Vue sur les jardins entourant le mur des lamentations et la mosquée.

Et maintenant, petit aperçu du spectacle de fin de camp à Ramallah: l’atelier danse qui avait préparé une super chorégraphie avec quelques enfants!

Répétition assidue du chant « Despacito »,  version française, avant le spectacle.

Et enfin, voilà les réalisations de l’Atelier théatre/cinéma:

Mannequin Challenge (pour les non initiés, c’est un phénomène de cette année qui a enflammé les réseaux sociaux. Le principe est de filmer sous des angles spécifiques une scène où les acteurs tiennent une pause).

 

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