Mois : août 2017 (Page 1 sur 2)

On ne se baigne jamais deux fois dans le même Prout ! (fin de mission à Ungheni)

Aujourd’hui Lundi, la pluie prend congé et nous rend le soleil. Cependant, les températures sont désormais plus tolérables. Depuis notre arrivée à Ungheni, le thermomètre montait très régulièrement au-dessus des 40 degrès. Les enfants, absents toute la journée, commencent à arriver en fin d’après-midi. La journée aura été tranquille. Les prêtres polonais repartent dans la journée, ils veulent aller visiter Chisinau avant de rentrer chez eux.

Nous sommes nous-mêmes sur la fin de notre séjour. Finir le clocher est pour nous une priorité. Nous y passons la mâtinée. Le travail le plus ardu est la remontée du cadre, qui s’effectue en deux fois (puisque nous l’avions séparé en deux), et nous pose un certain nombre de problèmes techniques, notamment au moment de le hisser sur le toit. Une fois remontés, nous les revissons au mur, au moyen d’acrobaties majestueuses et aériennes (il nous a quand même fallu 3 échelles!), mais le résultat est au rendez-vous ! Le père Christopher est aux anges. Nous aussi. L’après-midi, nous jouons une dernière fois avec les enfants. Ceux-ci nous préparent une surprise : ils s’enferment pendant deux heures dans une salle paroissiale pour nous dessiner des cartes de vœux pour chaque personne de l’équipe. Sur les cartes, un dessin de la personne, et un adjectif censé la caractériser. Armelle est « la plus intelligent », Isaure « la plus belle ». Amaury, quant à lui, écope d’un « Schh man » dont il n’a toujours pas compris la signification.

Pendant la journée, nous avons remarqué que le père Christopher distribuait des petits cartons aux enfants. Il a décidé d’organiser une sortie à Orhei Vecchi pour eux, le vendredi suivant. Nous trouvons l’attention particulièrement touchante !

Une dernière tomate, un dernier ninja, un dernier zombie (nous préserverons le mystère sur les règles de ce jeu mystérieux), un dernier combat de gladiateurs, et ce sont les adieux. Nous disons au revoir à Sando, Ahina, Paolina, Mihaïna, et tous les autres !

Dernière nuit à Ungheni !

Départ d’Ungheni et retour en France

Aujourd’hui mercredi, jour du départ. Une responsable de Caritas Moldova est censée nous récupérer à 11h. Le temps pour nous de participer une dernière fois à la messe avec le père Christopher, de nettoyer l’étage que nous avons occupé pendant ces dix derniers jours, et de signer le livre d’or de la paroisse. Nos yeux piquent, mais c’est bien évidemment à cause du soleil ! La responsable de Caritas, Andrea (le prénom a été modifié pour cause d’oubli de notre part) nous fait passer quelques cadeaux de la part de Daniela, parmi lesquels une carte de vœux rédigée en français dans laquelle elle dit : « Votre contribution a été considérable. » Nous sommes tous très touchés.

Nous embarquons. Pendant le trajet, Andrea nous propose un détour pour aller visiter le monastère d’Hincu (Manastirea Hincu). Le lieu est réellement magnifique. Du fait d’une grande fête-procession-quelquechosedugenre, l’endroit est bondé et nous ne parvenons pas à rentrer dans l’église principale. Nous y voyons plusieurs religieuses, habillées en noir. Nous ne restons pas longtemps et reprenons la route. Nous parvenons sous les coups de 15h à Chisinau. La ville nous apparaît comme une île au milieu de la trouée que faisait la route entre les arbres. Nous nous arrêtons à Fides, un hôtel tenu par le centre Caritas. Nous posons nos affaires et décidons de visiter la ville. Bus 22 direction le centre-ville (les bus coûtent horriblement cher : 2 lei, soit moins de 10 centimes). Nous nous arrêtons 30 min plus tard près d’une statue de Stefan cel Mare (encore lui!!!). Repas tardif au McDo (où nous avons eu la mauvaise surprise de nous rendre compte qu’ils faisaient payer les sachets de ketchup!), puis nous visitons un petit marché, qui avait la particularité de vendre entre autres des flasques et des toques floquées du marteau et de la faucille !!!

Nous tournons un peu dans la ville, passons devant le ministère de l’Intérieur, le théâtre national de Chisinau, prenons un verre dans un bar français, et finissons par atterrir par hasard devant la cathédrale catholique, consacrée à la divine miséricorde. L’église est fermée, mais le gardien nous ouvre. Nous souvenant, pour les deux d’entre nous qui avaient été à la fête de Ste Anne à Ungheni, qu’on y avait croisé le vicaire de Chisinau qui parlait Français, nous sommes pris de l’envie de le voir. Le gardien ne parle ni Anglais, ni Français, ni Espagnol, ni aucune langue avec laquelle nous aurions pu communiquer, cependant nous parvenons à le faire appeler le prêtre en question (qui a décidé de garder l’anonymat, nous tairons donc son nom. Si, si, c’est vrai ! Il ne s’agit absolument pas d’un oubli de notre part!) qui arrive quelques minutes plus tard. Nous avons au début l’impression de le déranger au vu de son visage fermé, mais il propose néanmoins de nous faire visiter l’église, puis les chapelles, puis la sacristie, puis nous invite à manger, etc.

Il nous raconte son histoire, particulièrement intéressante : il est l’un des seuls prêtres d’origine moldave du pays (ils ne sont que 3, les autres sont des missionnaires), et s’est converti au catholicisme grâce à la France ! Étudiant en Histoire, il s’est passionné pour l’histoire de France, notamment médiévale, ce qui l’a tout naturellement amené à découvrir l’histoire de l’Église catholique, qui l’a tout autant passionné. Ceci, parallèlement à une déception grandissante pour sa religion maternelle, a conduit à sa conversion, le jour de la mort de Jean-Paul II (dont il n’a prit connaissance que le lendemain). Ordonné prêtre depuis 3 ans, il voyage depuis régulièrement en France, dont il a le projet de visiter quasiment toutes les cathédrales !

Il nous parle de son église, l’une des plus vieilles de Moldavie (elle a près de 160 ans), rénovée il y a 10 ans. Il y a 500 paroissiens dans la capitale (soit la moitié des croyants du pays). La deuxième plus grande paroisse du pays est celle de Balti, puis il y en a aussi une dans une petite ville à 20 km de Chisinau dont nous avons oublié le nom et une autre en Transnistrie. Les autres ne comptent pas plus de 5 ou 6 paroissiens. Il y a en tout 20 paroisses en Moldavie.

Il y a chaque dimanche 4 messes à la cathédrale : une en Polonais, une en Russe (la plus populaire : 200 fidèles), une en Roumain, ainsi qu’une messe gréco-catholique en Grec (était-il besoin de le préciser?). Dans la sacristie, il nous montre ses reliques de St Antoine de Padoue et de St Jean-Paul II, ses missels (en 5 langues différentes!), et ses aubes (l’aube réservée au rite gréco-catholique est particulièrement belle!)

Le dîner se fait à la pizzéria du coin. Nous le questionnons sur son rapport à l’orthodoxie (les filles, s’étant faites insultées plus tôt dans la soirée par un prêtre orthodoxe pendant que nous visitions la cathédrale orthodoxe parce que nous étions catholiques, sont particulièrement remontées.)

Après le repas, au cours duquel une violente dispute (gentille) a éclaté entre Quentin et le père, chacun voulant payer l’addition (on n’a pas très bien compris, à un moment le premier a poursuivi le deuxième, qui courrait lui-même après la serveuse pour payer, sur toute la longueur du restaurant) ; nous faisons une pause sur un banc géant, où nous nous enregistrons en train de chanter le « Je vous salue Marie » (le père l’avait entendu en France et l’avait adoré, mais avait du mal à se souvenir de l’air, du coup on s’est dit que comme ça, il ne l’oublierait plus !)

Nous prenons un dernier verre puis rentrons à l’Hôtel en bus. C’est que le départ est prévu tôt le matin, pour prendre l’avion à 9h30 qui nous ramène en France pour 15h30, après une escale à Bucarest. Revenus en France, nous décidons, pour les natifs et/ou résidents de Paris, de faire visiter la capitale à ceux qui n’y sont ni natifs ni résidents. Repas en restaurant pour nous réhabituer à la gastronomie française, et nous nous séparons déchiramment (La tournure de phrase existe parfaitement ! De toute façon, dès lors qu’une chose a été inventée, elle existe. Cette expression existe donc, puisque nous venons de l’inventer. CQFD!), chacun de son côté.

L’aventure se termine. Pour le moment !

Le rayon d’eau et la goutte de soleil

Aujourd’hui vendredi, la journée est marquée par les travaux manuels. Réveil à 7h pour les garçons, qui passent deux heures à réparer et à consolider le panneau du clocher. L’après-midi, c’est le désherbage du parvis de l’église de Sculeni, la deuxième paroisse desservie par le père Christopher, qui nous attend. L’église est toute jeune, ayant été consacrée il y a deux ans. Le père Christopher nous dit avec une pointe de fierté qu’il en est la bâtisseur ; pas à proprement parler, mais tous les prêtres ne peuvent se prévaloir d’avoir lancé la construction de l’église dans laquelle ils célèbrent !

Notre travail est d’arracher les touffes d’herbes, parfois très hautes, qui ont poussé entre les dalles. Pendant que nous effectuons cette tâche, le père Christopher célèbre la messe pour trois paroissiens qu’il est lui-même allé chercher chez eux en voiture. Pour nous remercier de notre travail, il fait en nous ramenant un petit détour au supermarché pour nous ramener du Cvas, une boisson locale (sans alcool!) faite à partir de pain et de miel. Le goût est assez semblable à celui du cidre brut.

Le soir, il est prévu que des amis du père Christopher viennent de Pologne. Nous les apercevons rapidement le soir alors qu’ils viennent d’arriver. Malgré leur air de supporter de foot, ayant passé la journée en voiture, nous nous rendons compte le lendemain matin à la messe qu’ils sont tous les 3 (puisqu’ils étaient 3) prêtres, amis de séminaire de Christopher. Il y a presque autant de prêtres autour de l’autel que de fidèles dans l’assemblée !

La journée, nous allons à la rivière qui marque la séparation entre la Moldavie et la Roumanie et qui porte le doux nom de « Prout » (Alerte : ceci n’est pas une blague!) Nous faisons le trajet avec Benoni, un jeune orthodoxe mais qui fait régulièrement enfant de choeur pour Christopher. Nous y passons la journée et pic-niquons sur place. Anecdote intéressante : les gens ont le droit de se baigner dans le Prout, mais ils ont interdiction de le traverser, ce qui reviendrait à passer la frontière illégalement. Autant dire que là-bas, il est interdit de faire des longueurs ! Le maitre-nageur veille au grain. Animés d’un esprit de contradiction proprement national, nous parvenons néanmoins à toucher du doigt la terre roumaine en menant une expédition-éclair, sans trop nous faire tancer au retour. Mais le résultat vaut le risque : nous avons touché la Roumanie !!

Le samedi soir, nous mangeons tous ensemble. Le père Christopher a sorti le Barbecue. Ensemble, nous partageons nos souvenirs des JMJ, nous parlons de la Pologne, de l’Eglise en France (qui fait piètre figure face au dynamisme polonais, où 92% de la population est catholique !), et de l’orthodoxie. De manière générale, nous avons remarqué que les prêtres catholiques de Moldavie étaient très sceptiques vis-à-vis de l’orthodoxie, dont ils critiquent la foi mâtinée de superstition et d’esprit commercial (là-bas, tout se paye: les messes, les sacrements, il y a systématiquement une boutique d’articles religieux dans le nartex des églises orthodoxe).

Nous retournons au Prout le lendemain, mais la pluie raccourcit notre périple. Ladite pluie viendra visiter Ungheni jusqu’à Lundi après-midi, contrastant avec les chaleurs étouffantes des journées précédantes (c’est pas comme ça qu’on nous avait vendu les pays de l’Est !!!) nous forçant à une journée de repos.

Début de semaine à Ungheni

La journée du mardi est très chaude (ce ne sera pas la dernière), aussi la plupart des enfants préfèrent rester chez eux. C’est donc avec un effectif réduit que nous commençons la journée. Nous nous sommes rapidement mis d’accord sur un programme journalier bien défini : messe tous les matins à 9h avec le père Christopher (célébrée en latin mais sous la forme ordinaire du rite romain), puis petit-déjeuner, nous passons la mâtinée à lire (une émulation de groupe s’est formée autour des livres de Simone Weil que Quentin a ramené de France), jouer aux cartes, à faire les courses au marché ou au supermarché, à visiter la ville, à faire le ménage et à mener les affaires courantes de la vie en communauté ; nous déjeuner vers 13h avec le père Christopher, puis nous sortons pour nous occuper des enfants pendant toute l’après-midi, jusqu’à 19h ou 20h, en nous relayant pour les petites pauses de l’après-midi et la préparation du dîner, que nous prenons aussi avec le père Christopher. Nous passons la soirée ensemble, à visiter Ungheni ou à rester faire des activités entre nous.

Nous profitons des temps de repas pour questionner le père Chistopher sur la situation à Ungheni. Il y a 11 catholiques sur les deux paroisses d’Ungheni et de Sculeni, dont il a la charge. Lors de la construction de l’église d’Ungheni, il y a 10 ans, ils étaient 20, mais les vieux ont passé et les jeunes sont partis, comme dans toute la Moldavie (25 % d’expatriés). Il y a une carte de la Moldavie accrochée dans le salon, il en profite pour nous dresser l’état de la communauté catholique dans le pays : il y a 4 catholiques à Comrat, 3 à Goldeni, 2 familles à Rezina, etc. La plupart d’entre eux n’ont pas de prêtres à proximité et vivent leur foi dans un milieu exclusivement orthodoxe.

Nous lui demandons pourquoi il a voulu être missionnaire : il nous parle de son appétence initiale pour les sociétés tribales (il a été auparavant en Tanzanie et au Kenya) mais dont il s’était rendu compte que ce n’était pas fait pour lui, de son goût pour les langues (il parle Allemand, Polonais, Russe, Roumain, Espagnol, Italien et a de très bonnes notions en Ukrainien, en Slovaque et en Anglais), et de son désir pauvrement (il critique par exemple le fait que les prêtres polonais soient très bien rémunérés). Nous lui demandons quels sont ses activités et son emploi du temps à Ungheni : il nous répond avec une pointe de pessimisme qu’ il le passe à payer les factures, à nettoyer et à demander à son évêque pourquoi il est là. Comme beaucoup de missionnaires, il se pose la question de la pérennité de son action et de sa paroisse.

Côté travaux physiques, le service est de taille : le clocher de l’église est doté sur les quatres côtés de grands panneaux formés de baguettes de bois de forme rectangulaire positionnées de biais comme dans les stores d’intérieur et montées sur un cadre en bois à base rectangulaire surmonté d’un autre cadre triangulaire. Le problème, c’est que sur la partie la plus visible, le cadre s’est relâché et les baguettes sont tombés, laissant voir un trou béant qui heurte le regard. Aussi, le père nous a demandés (en particulier aux garçons) de l’aider à réparer le panneau. Nous commençons le travail mercredi, où nous passons l’après-midi à dévisser le panneau, puis (après moult réflexion et essais malencontreux)) à le laisser glisser le long du toit de l’église jusqu’au sol, attaché à une corde, pour pouvoir le retaper sans avoir les pieds dans le vide. Nous devons le repeindre et le réassembler, cependant pour ce faire, le père doit passer acheter le matériel, nous remettons donc la séance à plus tard. De plus, aujourd’hui, c’est la Saint Elie, et pour les orthodoxes, le travail manuel est prohibé pour la journée, aussi le père préfère ne pas trop attirer l’attention. Ce n’est que partie remise !

(Photo: Les panneaux de bois désolidarisés (ils étaient auparavant vissés entre eux) après avoir repositionné et recollé la plupart des baguettes de bois (le trou faisait auparavant l’équivalent de la moitié du panneaux rectangulaire)

(Photo: Le clocher de l’église, une fois le panneau de bois enlevé)

(Photo: l’intérieur du clocher)

Comme un coeur qui se déchire… (de Balti à Ungheni)

Aujourd’hui samedi, c’est ménage ! Nous voyons les Moldaves en fin d’après-midi pour dire au revoir à ceux d’entre eux qui doivent partir dans la journée, puis de nouveau le soir. C’est le moment cadeau : nous leur offrons une carte de vœux, chanson d’adieu sur l’air des Champs Élysée, ils nous donnent un bracelet aux couleurs de la Moldavie.

Entre les deux, nous nettoyons, balayons, astiquons, rangeons les sacs, arrosons les plantes (en priant pour qu’elles ne crèvent pas parce que nous les avons oubliées pendant 10 jours….).

Le lendemain matin, nous retrouvons Victoria, Elena et Crisitina à 8h. Dernier coup de balai, on leur remet les clés et on règle les repas au centre Caritas, puis c’est le grand départ ! Nous traversons la ville sac au dos, il nous faut une heure pour atteindre la gare routière, où nous récupérons les billets. Adieux déchirants.

Nous montons dans le bus, où nous sommes très étonnés de voir des gens faire le trajet debout dans l’allée. « C’est la Moldavie » nous répond Elena avec un petit sourire quand nous lui posons la question, juste avant la fermeture des portes.

Le trajet dure près de deux heures. Nous le passons à dormir. A intervalle régulier, le chauffeur s’arrête pour déposer quelqu’un, parfois en rase campagne. Nous arrivons à Ungheni pour l’heure du déjeuner. Les scouts de France nous attendent à l’arrivée avec le père Christopher (Krzysztof de son vrai nom), originaire de Silésie, en Pologne. Les scouts doivent partir le lendemain matin. Nous mangeons dans une pizzeria, à qui il a fallu le temps du trajet vers Ungheni pour nous servir, puis direction l’église. Nous rencontrons quelques uns des enfants dont nous devrons nous occuper. Après visite des lieux et des environs, conseils pratiques des scouts et installation sommaire dans le grenier pour la première nuit, messe dominicale avec le père, nous dînons tous ensemble dans la salle à manger. Première nuit à Ungheni.

(Photo: L’équipe avec les jeunes et le père Christopher, au centre et avec un chapeau de paille. Comme les parents travaillent et que les centres de vacances n’existent pas, la paroisse a accueilli cette « garderie spontanée » afin de permettre aux jeunes de se sociabiliser et d’occuper leurs journées pendant les vacances et après les cours)

Les scouts nous quittent le lundi matin à 11h, ils ont un bus pour Chisinau où ils doivent passer encore une semaine. Le reste de la journée est tranquille, nous passons l’après-midi à jouer avec les enfants qui viennent passer la journée à jouer dehors, à côté du presbytère.

(Photo: l’église orthodoxe d’Ungheni, dans le centre-ville)

Au cœur de l’Eglise éthiopienne

Nous voici depuis presque une semaine dans une capitale déroutante à bien des égards pour le voyageur qui a pris goût aux si beaux paysages des contrées éthiopiennes, particulièrement lorsqu’ils verdoient sous la lourde humidité de la saison des pluies. La magnificence des plaines et des montagnes de l’Ouest du pays, la rutilante virginité de ces territoires encore si peu souillés par la manie humaine de recouvrir le vert de gris, autant d’images qui semblent venir d’un autre monde et d’une autre époque lorsque nous pénétrons dans l’immense ville que, depuis environ un siècle, l’Ethiopie s’est choisie pour capitale, et qui ne cesse désormais de grandir. C’est aujourd’hui une zone urbaine de plus de 70 kilomètres de diamètre, peuplée par plus de 5 millions d’habitants selon les chiffres officiels, polluée par les nombreux moteurs déjà quinquagénaires mais s’offrant une deuxième chance grâce aux mains expertes des mécaniciens locaux, qui s’offre quotidiennement à nos regards. Si jeune et déjà si grande, au point qu’elle semble déjà souffrir d’une croissance démesurée qui ne lui a pas laissé le temps de prendre la mesure des exigences qu’implique une telle concentration de population, Addis Abeba est peu séduisante à nos yeux comme à nos narines, déjà habitués à la pureté de la « campagne » éthiopienne.

Certes moins agréable à nos sens que notre mission à Gublak, cette expérience urbaine n’en est pas moins intéressante en ce qu’elle nous permet de comprendre des enjeux de la société éthiopienne, comme sans doute, d’ailleurs, de nombreux autres pays africains que nous imaginons confrontés aux mêmes problématiques. Les plans d’urbanisation visant à « moderniser » le centre-ville au prix de gigantesques opérations d’expulsions qui relèguent les populations pauvres dans des périphéries à plus de deux heures de leur travail dans des moyens de transports bondés et insuffisants nous sont racontés par les éthiopiens comme une source grandissante d’inégalité entre les couches sociales. Cette fracture sociale est du reste immédiatement perceptible pour celui qui parcourt les rues de la capitale et longe alternativement de grands immeubles plus ou moins achevés, des maisons en tôles tenant plus du bidonville que du pavillon, d’immenses décharges à ciel ouvert et des marchés dont le toit de bâches en plastique n’empêche nullement la transformation progressive du sol en immense flaque de boue. Bref, la capitale éthiopienne nous apparaît rapidement comme l’icône d’une « modernisation » qui n’est que de façade tant la rapidité du processus semble avoir laissé sur le bord de la route aussi bien la grande majorité de ses habitants que la richesse d’une culture millénaire que nous avions commencé à découvrir et à aimer, et qui nous semble maintenant bien endormie sous les immeubles bétonnés et les fumées des pots d’échappement.

C’est au cœur de cette ville en mouvement et en transition si rapide que l’Eglise catholique d’Ethiopie, particulièrement celle du diocèse d’Addis, cherche sans cesse à porter la voix de l’Evangile. Grâce à notre rencontre avec le Cardinal mais aussi à travers nos échanges avec le père Petros Berga, nous prenons peu à peu conscience des enjeux majeurs d’une communauté qui ne représente pourtant que moins d’un pour cent de la population éthiopienne. Pour résumer brièvement la situation de l’Eglise catholique en Ethiopie, on pourrait dire que, historiquement minoritaire, elle a survécu à la dictature communiste de la fin du XX° siècle principalement grâce au travail majeur et essentiel qu’elle accomplit dans le domaine social. Si les dirigeants communistes envoyaient leurs enfants se former dans les écoles catholiques, c’est qu’à l’époque déjà l’immense majorité des œuvres sociales étaient du ressort des catholiques pourtant si peu nombreux et dont on dit qu’ils accomplissent aujourd’hui pas moins de 90% du travail social du pays. Mais alors que le pays est libéré maintenant du joug communiste depuis plus de 25 ans, l’enjeu principal pour l’Eglise catholique est, sans rien perdre de ce souci de l’engagement dans le monde, notamment au service des plus faibles, de gagner en force dans le domaine de l’évangélisation, encore atrophié par de nombreuses années de dictature qui ont contraint les catholiques au mutisme. Et alors que les religions musulmanes et les mouvements pentecôtistes connaissent aujourd’hui un succès grandissant dans la population éthiopienne souvent lassée d’une religion orthodoxe très rigoriste et usant beaucoup de l’argument nationaliste, l’Eglise catholique doit maintenant chercher à coordonner les mouvements des deux ailes que sont l’engagement social et l’activité missionnaire d’évangélisation. Travail passionnant et qui, si l’on cherche bien, n’est pas sans intérêt pour nos mentalités de catholiques français ! Car avons-nous réussi à trouver, en France, cet équilibre entre le souci missionnaire et l’engagement au service de nos frères les plus pauvres ? Peut-être le balancier est-il inversé par rapport à l’Eglise éthiopienne, mais l’objectif ne reste-t-il pas le même ? C’est donc avoir joie, et en ayant conscience de donner de la chair à une réflexion qui, sans cela, pourrait paraître très abstraite, que nous consacrons nos journées à servir ces plus petits qui sont nos frères, aux côtés des missionnaires de la charité et à la suite de Mère Theresa !

Don’t Worry, be Happy ! (ethiopian style)

Adieu Gublak ! C’est la gorge serrée que nous remercions les prêtres Comboniens, les séminaristes ainsi que quelques catéchistes. Nous quittons donc Gublak et ses tribus Goumouz, encore marquées du sceau de l’esclavagisme, et peu acceptées par les autres éthiopiens avec lesquels les violences restent fréquentes. L’Eglise tente d’apaiser les tensions régnant entre les tribus et essaie de rassurer tant bien que mal ces filles d’à peine 14 ans, mariées trop jeune contre une rançon alimentaire ou une ascension sociale leur permettant une plus grande sécurité…
Petite escale à Bahar Dar pour visiter quelques monastères Orthodoxes datant du 18ème et admirer les chutes du Nil !

Le Father Isaïe nous accompagne car il doit lui aussi aller à Addis. Nous avons l’immense joie de diner avec l’évêque de Bahar Dar.
Le lendemain, nous apprenons que notre chauffeur pour Addis Abeba a eu un accident et que nous ne pouvons pas partir avant le début d’après-midi. Nous avions prévu de passer devant les chutes du Nil puis de rentrer directement. Pas de problème ! Nous prenons un bus touristique, peu confiant dans ces bus locaux trop bondés et souvent trop bruyants par leur musique assourdissante. Mais pas de chance, 15 km plus loin le bus s’embourbe … c’est alors clopin-clopant que nous envisageons de marcher, sans anticiper les 12km restant… par chance un 4×4 nous avance jusqu’au lieu tant attendu. C’est alors avec émerveillement que nous admirons le fleuve tant disputé par les pays qu’il traverse et si connu du monde entier. Car comme nous cite si bien Panoramix « Nil, Nil, fleuve impétueux… ».

Nous décidons de rentrer cette fois ci en prenant un bus local, celui-ci ayant désormais gagné notre confiance à tout jamais !

Finalement vers 16h nous commençons le long voyage pour Addis Abeba dans notre chère voiture que nous commençons par bien connaitre. Si bien que quelques heures plus tard nous décelons un bruit plutôt inhabituel au niveau d’une roue… ! Arrêt à 21h30 en pleine cambrousse, il fait nuit noire et nous nous apercevons en effet que la roue commence à se déboiter. Que fait-on ? Nous ne nous démotivons pas et arrêtons un camion qui passe. Celui-ci accepte de nous déposer dans une ville, 60km plus loin. C’est alors qu’installé à trois mètres de haut, dans une immense benne, nous entamons le voyage installé tant bien que mal sur des sacs et des sacs de cacahuètes.
Mais nous ne savions alors pas encore que cette odeur d’arachides, ces secousses tenaces et ce bruit de bâche claquant contre le vent telle une voile de bateau, allaient nous accompagner jusqu’à la capitale Ethiopienne. Effectivement, arrivé à Debré Marcos aux alentours de minuit, nous doutons de trouver un hôtel et de rentrer à temps le lendemain. Nous installons donc notre « logement », certes sommaire mais pas si désagréable !

C’est donc les yeux un peu bouffis et la tête comme un « gros char » que nous descendons de notre carrosse et terminons les trois derniers km en bus. Ce périple ubuesque, voir dantesque se termine dans un éclat de rire général et nous arrivons enfin à bon port !
Nous avons la joie d’être accueillis par Caroline, notre responsable du projet AED mission qui vient nous voir quelques jours. Elle est aussi fatiguée que nous par son voyage, et nous passons donc une journée calme à raconter notre début de séjours, ces péripéties, la non-anticipation à laquelle il faut s’habituer dans le pays…

Nous sommes accueillis à l’archidiocèse d’Addis Abeba, où nous logerons le reste du séjour, par le Father Petros Berga. Grâce à celui-ci nous avons eu la chance de rencontrer le Cardinal, archevêque d’Addis.

Mille et une missions

Marhaba la compagnie!
Deux semaines déjà se sont écoulées depuis notre arrivée à Beyrouth, et notre mission chez les sœurs touche déjà à sa fin… l’ occasion de nous rendre compte que nous avons (quelques fois) délaissé nos chers lecteurs. Les coupables : les coupures d`électricité qui, en plus de nous faire dormir dans une fournaise et monter 5 étages dans le noir, nous empêchent de vous tenir informé. (La flemme n`ayant absolument rien à voir avec notre retard, soyez en assurés.)
Cet article est donc l’ occasion de se rattraper : voici un condensé ni exhaustif ni chronologique de nos activités, qui donne néanmoins une bonne impression de quelques aspects de notre mission :

Peinture :

Deux journées furent consacrées à la peinture d’une chambre d’un appartement modeste d’une famille libanaise. La veille, alors que nous buvions un café chez Tony, nous lui exposâmes notre projet et il proposa de nous aider. N’ayant pas de métier et attendant son visa pour le Canada, il accepta volontiers de se rendre utile. Son aide fut précieuse puisque nous ne savions pas peindre et que la chambre devint très belle. Et par-dessus tout, une image nous a marquée : Tony, syrien, qui aide une famille libanaise, alors que ces deux peuples ont longtemps été en conflit par le passé. Une lumière dans notre journée.

Foi et Lumière

Une de nos soirées fut consacrée à un petit évènement sur les hauteurs de Beyrouth au sein d’une association s’appelant « foi et lumière » qui accueille en son sein des personnes porteurs de handicap. Comme d’habitude, nous furent reçu comme des rois. Nous leur presentâmes notre mission et entonnâmes une petite chanson scout, après quoi tout le monde dansa. Notre simple présence fut récompensée par les sourires radieux de ceux qui sont rejetés de la société et qui nous transforment par leur amour sans limite.

Diner en famille

Nous nous séparons un soir pour aller diner au sein de famille. Apres avoir réceptionné une commande de 26 sandwichs de fallafels, nous nous séparons en trois groupes. Les familles nous accueillent avec joie ! Nous les connaissons déjà pour la plupart, ce qui facilite le contact malgré la barrière de la langue.
Clothilde, Philippe et Marion vont dans une famille irakienne, habitant Beyrouth depuis 2 ans et 7 mois, composée des parents, et de deux petites filles : Mariana (9 ans) et Linda (6 ans). En arrivant, elles nous sautent dans les bras. Le dîner se déroule dans la joie, entre concours de la plus grande bouchée, claps de mains, et liste de chiffre et couleurs en français, anglais et arabe. A la fin du repas, les deux filles nous entrainent dans un jeu avec des ballons de baudruches, sous les yeux ravis de leurs parents. (Notes pour la prochaine fois: éviter le sport après l’ ingestion d’ une forte dose de fallafels !)

Jeunes de la paroisse de Bourj Hamoud

Nous avons assisté à la répétition d’une pièce de théâtre de la vie de Saint Doumit. Cette pièce a été écrite et mise en scène par un jeune de la paroisse, (Pierre, il porte bien son nom) qui se destine à être prêtre. L’implication de ces jeunes débordant  d’énergie dans ce projet nous a touchée, d’autant que la pièce met en scène des chrétiens persécutés. Ils sont pour nous des exemples car leur mérite est grand et parce qu’il est de plus en plus difficile d’être chrétien au Liban. Leur foi est solide, de même que leur courage. Prenons-en de la graine, et battons-nous pour défendre notre foi dans notre pays.

Rencontre avec l’ évêque latin

En tant que chef d’une des 18 communautés religieuses du Liban, Monseigneur Cesar Essayan a un rôle extrêmement important. Nous avons eu l’honneur de le rencontrer lors d’un dîner chez lui, à l’évêché, perché sur les hauteurs de Beyrouth. En plus d’un accueil mémorable, cette rencontre fut l’occasion pour nous d’échanger sur la situation religieuse et politique, en particulier sur « l’exception libanaise », seul pays du Moyen Orient où les communautés vivent (pour l’instant) en paix.

St John-Paul Nursery

Crèche Saint John Paul https://www.facebook.com/StJohn-Paul-Nursery-258026764321806/

Les trajets en voiture vers de nouveaux quartiers sont l’occasion de découvrir des aspects de la vie quotidienne des Cairotes. Ainsi, ceux-ci prennent d’assaut le moindre carré d’herbe et c’est toujours étrange de voir des dizaines de personnes assises sur les platebandes d’herbe qui séparent les voies d’immenses boulevards. Certains pique-niquent au milieu des pots d’échappement, d’autres regardent simplement passer les voitures.

Après nos journées de travail à la crèche Montessori de Héliopolis, nous partons à la découverte d’une nouvelle crèche du Caire.

Dès les premiers instants, nous sommes chaleureusement accueillis par le personnel et nous sentons comme chez nous. Aida, la directrice, nous offre de petits sachets de popcorns et des smileys  préparés spécialement pour nous.

La crèche Saint John Paul dispose de moins de moyens que la précédente, mais tout y est fait avec soin et simplicité.

Nous nous répartissons dans les classes pour prêter main forte aux Miss. Raphaël et Albéric partent s’amuser dans l’aire de jeux  aménagée sur le toit de l’immeuble avec les enfants de 7-8 ans. Juliette et Tiphaine participent à la fabrication de casquettes-grenouilles en mousse. Florence rejoint le groupe des 2-4 ans pour encadrer des activités Montessori. Louis-Etienne et Mathilde prêtent main forte à la Miss chargée de la décoration de la crèche. Ici, les activités manuelles servent aussi à égayer les lieux : les bricolages en mousse viennent décorer les murs ou servir de suspension au plafond.

Sur le toit de l’immeuble, nous sommes au niveau du périphérique du Caire à moins de 15 mètres de la route, mais pour les enfants le bruit ne parait pas être une nuisance et ne les empêche pas de s’adonner à de multiples jeux où chacun trouve sa place.

Nous y apprenons de nombreuses chansons enfantines ; comptines en arabe, cantiques pour enfants ou encore les fameux Head Shoulders Knees and Tose ou Aramsamsam, toujours accompagnées de chorégraphies.

Tout au long de ces trois jours, le personnel encadrant enchaîne les attentions spéciales envers nous, nous proposant du café, des barres et gaufrettes égyptiennes et nous ont fait découvrir le Hummus Sham, une boisson épicée au pois chiche dont le goût n’a pas mis tout le monde d’accord.

Durant ces journées, nous lions des liens forts avec les enfants qui nous donnent tant d’amour, notamment les plus jeunes. Même après seulement trois jours, certains sont triste de nous voir partir et le départ fut difficile pour certains.

Séance bricolage pour la décoration d’une nouvelle crèche

Notre chorée de « Un grand cerf dans la forêt » a été très appréciée

On aime le houmous…

 

Journée-découverte à Orhei

Notre mission à Balti touche à sa fin. Après la fête du centre de jeudi qui marquait la fin des animations estivales, le centre Caritas est vide. Ils ont même coupé Internet ! Le départ vers Ungheni est prévu pour Dimanche, le samedi est bloqué pour le ménage, remise en condition et derniers préparatifs. Autrement dit, Vendredi est la journée où l’on profite ! Avec les lycéens moldaves, on a monté une expédition pour aller visiter Orhei Vechi, un sanctuaire orthodoxe entre Chisinau et Balti. Le bus que nous avons réservé vient nous prendre à 8h30. Il ressemble à une fourgonnette et il a les vitres teintées. Nous montons sans aucune appréhension (enfin, presque…) ; les Moldaves nous attendent à l’intérieur. Le trajet dure approximativement une heure et demi, sous une pluie battante, cependant il fait beau quand nous descendons, une fois arrivés à destination.

Le sanctuaire est niché sur les pans d’un cirque naturel qui enserre un morceau de campagne. En bas chante une rivière.

Nous empruntons un chemin rocailleux qui suit la crète. Manque de chance, un mariage nous interdit l’accès à l’église. De plus, le monastère, taillé dans le roc, uniquement visible depuis l’extérieur de par une porte cadenassée en plein champ, est inaccessible pour le moment. Nous descendons donc sur l’autre versant où niche un village.

Nous suivons la rue centrale puis le chemin qui la remplace, jusqu’à parvenir au pied d’une haute colline qui attire notre attention du fait de la grotte qui lui ouvre le flanc. Nous gravissons la première et explorons la deuxième.

(Photos: La grotte de la colline)

(Photos: La colline de la grotte)

(Photos: Vue depuis le haut de la colline)

(Photo: L’Ascension)

Puis, redescente et déjeuner dans un petit restaurant du village précédemment mentionné, à la décoration intérieure très marquée par la couleur locale.

L’après-midi, nous revenons sur nos pas. Le mariage est terminé et le monastère ouvert. L’église a été construite sur un à-pic duquel elle domine tout le paysage. Comme dans toutes les églises orthodoxes que nous avons visitées jusqu’à présent, l’intérieur est exiguë et dépourvu de bancs. De grands panneaux de bois peints séparent le sanctuaire, réservé aux prêtres, où se trouve l’autel, et le choeur, où se massent les fidèles. Il y a quelques petites chapelles sur le côté et presque toujours un nartex, même si extrêmement réduit en terme de dimensions.

Le monastère est quant à lui creusé dans la roche. De petite taille, il comporte deux salles : la salle de prière, avec autel et cierges, et une salle complètement vide de ce qui devait autrefois être un dortoir collectif.

Le plus impressionnant est la corniche à laquelle nous accédons via la salle de prière, longue d’une demi-douzaine de mètres et large comme un homme allongé, qui donne directement sur le vide. Dans les entailles de la roche qui nous surplombe ont été insérées des pièces de monnaie : lei moldaves ou roumains, zlotis polonais ; en guise de porte-bonheurs.

Nous effectuons la redescente en plusieurs fois, car certains contemplatifs n’ont pas vu le groupe amorcer le départ vers le bus. Le trajet du retour est très animé. Nous nous souviendrons de cette excursion !

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