Mois : août 2018

Vamos a la playa

Le dimanche matin réunit les paroissiens dès 7 h du matin. Certains arrivent après 1 heure de marche. Il est inutile de prévoir trop d’avance : ici, la messe peut commencer en retard, on attend chacun.

Chanter est le propre de l’haïtien. Quelque que soit son activité au sein de la paroisse, on chante de tout son cœur à hauteur de son amour pour Jésus. Aussi n’est il pas surprenant qu’on invite, un dimanche, tous les services de la paroisse à “faire chorale”.

Lorsque nous entrons dans l’église, elle parait presque vide : c’est sans compter sur la foule de choristes entrant bientôt en procession, chacun en habit de service (groupe MEJ, scouts de la paroisse, etc., même les policiers entrent en procession et uniformes !). Bientôt l’église est pleine, sonore, fumante d’encens. Devant nous, les ventilateurs ne tardent pas à ronronner le long des colonnes. Le prêtre asperge les fidèles en signe de leur baptême. Il faut que chacun reçoive de l’eau vive, aussi y met-il toute son énergie, répétant six fois, sept fois s’il le faut le geste du rituel d’aspersion pour chaque rangée ; ce n’est pas si dérangeant de se retrouver trempé par cette chaleur !

Autour de nous, chacun s’est bien habillé ; chemises cravate pour beaucoup d’hommes et robes souvent décorées pour les femmes. On s’applique à ce que la tenue des enfants soit impeccable : les petites filles portent habituellement des petites robes façon Sissi, des ballerines recouvertes de dentelles et leurs cheveux sont tressés de petites barrettes colorées. Les petits garçons ne sont pas en reste et brillent par leurs chaussures cirées blanches ou noires. Tout doit être beau pour le Seigneur.

La messe peut durer longtemps, d’une heure et demi à trois heures. Et pour cause, on chante deux fois l’entrée, deux fois l’offertoire, deux fois la communion… On aime être ensemble. “Gloria pou Bondye ki fè syèl ak tè a”…. Nous finissons par connaître quelques chants et aimons les chanter en bon créole, nous surprenant parfois à les chantonner à tout heure de la journée ! Cette énergie, cette fière ferveur est belle à voir.

Le sermon est une occasion d’éduquer. Le prêtre, qui peut parler pendant trente minutes, n’hésite pas à faire chanter les fidèles, danser ou répéter des phrases, comme par exemple celles affichées sur les murs de l’église : “Ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous divise”.

 

L’après-midi est festive. Nous avions proposé aux jeunes une sortie à la plage, avec la complicité de Maxon (ce jeune habite au presbytère). L’occasion d’associer détente et partage. Nous sommes surpris qu’une cinquantaine d’entre eux répondent à l’appel. On s’entasse alors dans les voitures. Quatorze, vingt-deux, vingt-huit jeunes s’entassent dans un pick-up et s’agrippent à tout ce qu’il peuvent ! Ici, on n’est pas vraiment sensibilisé à la sécurité routière : on aime l’aventure !

Arrivés sur place, il faut verser une contribution pour l’entretien des plages. Pourtant, nous sommes à peine surpris par les nombreux déchets qui dénaturent la beauté du lieu. La gestion des déchets en Haïti est difficile et les autorités ne peuvent répondre par des dispositifs adaptés. Quant aux habitants, ils sont souvent dépassés par les détritus qui s’accumulent et se contentent de jeter plus loin ou de balayer devant leur porte. Passée cette première impression, nous goûtons vite à l’esprit de fête qui anime les bords de mer. Des petites huttes disposées ça et là s’échappent les décibels et les odeurs de poissons grillés fraîchement pêchés du jour. Les “piti machand” (petits marchands) déambulent, une caisse de sucreries à la taille, des toiles roulées sur les épaules, au milieu des tablées d’Haïtiens jouant aux cartes, aux jeux de plage. Plus loin, des jeunes se disputent un ballon et, sur le rivage, d’autres réparent de larges filets débordant des barques peintes. Il règne une impression de vacarme, une ambiance de marché ou chacun peut acheter, manger, boire, apporter sa propre radio et danser jusqu’à la nuit tombée.

Il y a peu d’étrangers. Cet après-midi, nous sommes les seuls Blancs au milieu d’une marée d’Haïtiens. Il nous est difficile de se faire entendre des jeunes au milieu de cette agitation. Quand vient l’heure de prendre le bain, une partie des Haïtiens qui nous accompagnent s’assoient sur le sable : ils ne savent pas nager. On nous explique qu’il y a peu de piscines en Haïti (hormis dans les hôtels). Malgré la proximité de la mer, la pratique de la nage n’est pas courante et la plupart des Haïtiens qui se jettent à l’eau restent au bord, là où ils sont sûrs d’avoir pied. Dans l’eau, nous évoluons au milieu d’algues brunes et de détritus balayés par les vagues. Cela ne nous empêche pas de profiter d’une eau chaude et des joies des éclaboussures.

Peu après, François et Louis empruntent un taxi moto pour rentrer en avance. Ils sont encore affaiblis par la maladie qui les assaillent depuis plusieurs jours : courbatures, fièvre, nausées, fatigue. Leur retour n’est pas sans peine. A trois sur une petite moto ressemblant davantage à un petit scooter toussant dans les pentes, ils s’accrochent où ils peuvent, les tongs cramponnées aux pieds, bravant sans casques les délicats reliefs d’une route déchirée. C’est un miracle qu’ils arrivent à bon port. Enfin presque, Louis ayant perdu sa mythique casquette dès les premiers mètres ! Les filles reviennent quelques heures après, le teint ensoleillé. Une belle journée s’est encore passée.

Chapitre XI (Final) – Les indestructibles

5 août 2018

Il est deux heures du matin et des poussières. A peine le temps d’ouvrir les paupières, que nous nous enfonçons dans la nuit noire pour rejoindre l’aéroport d’Ufa. La fin est proche. Alors que l’avion s’envole, nous jetons un dernier regard sur la ville endormie et les premières lumières de la Russie. Dans nos cœurs, une foule de sentiments s’entremêlent : mélancolie, joie, tristesse, espérance… Nous avons tant appris au cours de ces trois semaines, nous avons chanté et prié ensemble, nous avons partagé nos joies, nos peines, nous avons rencontré tant de gens, nous avons découvert tant de belles choses qu’il est difficile de ne pas se retourner sans une pointe de nostalgie. Mais nous allons de l’avant : « Le Seigneur nous appelle à le servir à chaque instant, là où il nous est donné de vivre », nous a rappelé le Père Nicklas. Puissions-nous toujours nous en souvenir !

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Toute l’équipe de la mission AED Russie 2018 vous remercie de nous avoir suivis au cours de ces extraordinaires aventures. Nous espérons avoir pu vous transmettre une petite partie de la joie et de la chance que nous avons eues de découvrir ce magnifique pays, ces familles et ces communautés au cours de ces trois semaines.

Nous nous sommes quittés le cœur lourd, grandis par une expérience formidable.

« Dépêchez-vous de faire le bien ! » 

Alexandre Men

 31 juillet : l’heure du bilan

Après trois semaines au Bénin, nous ne revenons pas en France tels que nous en sommes partis. La culture africaine, sa joie de vivre, sa simplicité, sa débrouillardise, sa foi vivante au quotidien, les échanges avec les enfants et les jeunes, ainsi qu’avec tous les prêtres qui nous ont accompagnés… resteront gravés dans nos mémoires et changeront notre manière de vivre une fois de retour.

Le Bénin est un pays en pleine croissance, avec tout ce que cela comporte comme disparités. Les familles sont encore nombreuses, les gens débrouillards ; les nouvelles technologies arrivent très vite : la téléphonie mobile s’impose alors que les lignes fixes sont inexistantes, le paiement par mobile prime sur les CB. Cependant, cet essor est plutôt extérieur au pays, qui manque de dynamisme entrepreneurial et ne le soutient pas. Difficile dans ces conditions de parvenir à créer sa boite ou même une chaîne de magasins. Pas de grandes enseignes ici (ni H&M ni McDo), mais de petits commerces plus chaleureux, bien que peu florissants. Toutefois, les jeunes que nous avons rencontrés sont plein d’espoir : ils envisagent chacun des métiers ambitieux et sont prêts à y mettre les moyens. Par ailleurs, une réelle solidarité existe entre membres d’une même famille (au sens large), communauté ou de même quartier. Ces valeurs-là sont de réelles bouffées d’oxygène face à l’individualisme sur lequel se replie l’Europe.

Les prêtres osent aussi exhorter les fidèles à vivre réellement la charité, et sont très actifs auprès des jeunes. En soutane blanche ou en bumba coloré, ils sont proches de leurs paroissiens et les impliquent pour nettoyer les églises ou faire des créneaux d’adoration.

Nous avons eu une amusante discussion avec le responsable du séminaire, qui s’étonnait qu’aucun d’entre nous ne soit encore fiancé ou parent… à nous de remettre en question aussi la tendance française à minimiser et retarder l’accueil d’enfants, pour des raisons financières qui n’ont pas tout le temps lieu d’être. D’un autre côté, le Bénin nous a aussi faits réfléchir sur l’identité française ; quelques jeunes se demandaient avec ironie si la France fut elle-même une colonie… à nous de répondre que la tribu des Francs venait d’outre-Rhin et que nos routes viennent des Romains. Avec l’imminence de la fête nationale d’indépendance, le 1er août, les rues se pavoisent du drapeau vert, jaune et rouge béninois.

 

Victoire, 24 ans, consultante en industrie

Les Béninois qui travaillaient sur le chantier avec nous étaient impressionnants : de tout âge, garçons comme filles, chacun faisait sa part de travail dans une réelle harmonie. Bien sûr, on est loin de l’efficacité toute mécanique d’une ligne de production, mais la spontanéité et la liberté de chacun permettent aussi à la charité de réellement s’exercer.

 

Agathe, 22 ans, étudiante en dernière année d’orthophonie

Cette mission m’a fait avant tout découvrir l’universalité de notre Église. Les moments d’échange et de partage ont été très riches, humainement, spirituellement et même professionnellement. L’évêque m’a en effet chargée de voir un jeune séminariste afin de l’accompagner dans son bégaiement.
En tout cas, je rapporterai en France leur joie de vivre : ils ne se plaignent jamais ici et ça fait un bien fou au moral. Le Bénin, il faut le vivre pour le connaître : ce genre de mission ouvre les cœurs et permet de porter un regard nouveau sur le monde qui nous entoure !

 

Clément, 21 ans, étudiant en L2 de sciences politiques

J’étais heureux de découvrir un pays d’Afrique subsaharienne, et marqué par la gentillesse et le sourire de chaque personne rencontrée. Cela me permet de porter un regard différent sur des pays dont la culture peut sembler trop loin de nous. Au contact des enfants, on comprend l’universalité du besoin de jouer et d’apprendre.

 

Louis, 20 ans, 3ème année d’école d’ingénieur

Les Béninois sont chaleureux, toujours prêts à bavarder autour d’une bière : la béninoise « en bouteille, pas en pagne » étant un excellent accompagnement. J’ai la joie de rester 3 semaines supplémentaires au Bénin, en partenariat avec l’association ABED.

Flavie, 18 ans, étudiante en L2 de philosophie

Les Béninois sont héritiers de traditions et mœurs très divers, entre le vaudoun, le catholicisme, la prévalence de la famille. Certaines coutumes sont très belles, mais d’autres comme la polygamie sont difficiles à comprendre à nos yeux. Heureusement, l’esprit critique des jeunes (mais aussi l’influence de l’Occident et des USA) leur permet de porter un regard nouveau sur ces sujets.

 

Oriane, 18 ans, étudiante en L2 d’économie

Le Bénin est un pays en changement, et les jeunes ont un rôle particulier à y jouer. Les religions y cohabitent harmonieusement, un modèles que notre « laïcité à la française » peine à trouver.

Stanislas, 18 ans, lycéen

J’ai été marqué par la solidarité des Béninois et leur sens de l’accueil. Le problème d’un seul devient l’affaire de tous et se résout toujours. Comme le disait souvent le père Romuald : « il n’y a pas de problèmes, il n’y a que des solutions« . Et en effet, nous voyons la Providence à l’œuvre au quotidien.

 

Merci en tous cas à nos amis et parents de leur soutien, et de leur lecture de ce blog. Nous avons hâte de vous raconter tout cela de vive voix !

Chapitre X – Les Russes aux Jeux Olympiques

3 août 2018

Une fois le petit-déjeuner avalé, la vaisselle essuyée, et les dents brossées, un événement de la plus haute importance est attendu : un match décisif pour la coupe du monde de football d’Aleksejevka. La France et la Russie s’affrontent dans une partie enragée. L’entrain et le talent de nos jeunes adversaires étaient tels que, malgré notre stratégie et notre enthousiasme, la victoire revint à la Russie, avec un score néanmoins honorable de 4 à 3. Un tel effort mérite une récompense ; nous nous retrouvons autour d’un déjeuner copieux où les enfants vantent le succès de leur stratégie.

 

Tandis que deux d’entre nous s’éclipsent pour préparer les récompenses des olympiades, les autres animateurs s’attellent à l’activité manuelle de l’après-midi : création de dizainiers en perles. Après ce moment plutôt reposant, il est temps de se remettre en compétition ; les olympiades commencent ! Deux équipes s’affrontent vaillamment autour de plusieurs épreuves préparées par nos soins : jeux d’eau, balle au prisonnier, chifumi géant… Les enfants ont un bon esprit d’équipe, le tout se déroule dans une ambiance décontractée et chaleureuse.

Puis il est l’heure d’assister à la messe de clôture du camp des servants d’autel, à laquelle nous contribuons en animant quelques chants. L’atmosphère paisible et le recueillement des enfants sont pour nous révélateurs de la réelle ferveur de ces jeunes. Enfin, arrive le moment tant attendu par les enfants, la remise des prix où chaque jeune reçoit un paquet rempli de surprises. Nous prolongeons ce moment joyeux autour d’un banquet et d’un feu de camp animé de musiques et de rires. Cette soirée laissera dans le cœur de chacun comme un collier où chaque souvenir est une perle plus brillante que l’autre.

4 août 2018

Dernier repas avec les enfants, le petit-déjeuner a un arrière-goût de nostalgie. Les adieux se déroulent assez rapidement car la plupart des enfants ont plusieurs heures de route pour rentrer chez eux (certains ont plus de 800 km de trajet !). Le cœur un peu serré, nous les regardons partir. Cinq jours avec eux ont suffi pour que nous nous attachions à ces enfants toujours souriants et gentils, malgré leur conditions de vie souvent difficiles !

Enfin, nous nous consacrons au ménage des maisons, dans lesquelles le camp avait lieu, et commençons également à ranger nos affaires : le départ approche. L’équipe se retrouve ensuite au grand complet pour un temps d’adoration. Nous avions en effet choisi de placer notre mission sous le regard du Christ, et c’était essentiel pour nous de prendre ce temps de prière en équipe, pour rendre grâce pour tous ces beaux moments.

Après le déjeuner, les sœurs nous emmènent faire une petite balade autour d’un lac, perdu au milieu d’un écrin de verdure et des araignées. Une nouvelle fois, nous pouvons admirer ces vastes étendues sauvages de la Russie et en apprécier la pureté et la douceur. A notre retour, le père célèbre pour nous la messe anticipée, notre voyage demain ne nous permettant pas de trouver facilement une messe en France.

Le dîner qui suit, avec le père et les sœurs, est une nouvelle occasion pour nous de les remercier pour ces merveilleux moments qu’ils nous ont permis de vivre ! Ce soir, nous nous endormirons avec des souvenirs et des images désormais gravés dans nos mémoires, des visages et des sourires que jamais nous ne saurons nous résoudre à oublier…

Bassin bleu

Lundi 30 juillet – Bassin bleu

8 h 30, notre petite équipe est fin prête pour retourner chez les Sœurs de la Charité ! C’est donc équipés de feuilles et de crayons, et des idées pleins la tête que nous partons retrouver les Sœurs dans le centre de Jacmel.

Arrivés au centre, nous retrouvons les petites filles dont nous avions fait la connaissance le samedi précédent. A peine arrivés, nous reprenons les comptines la où nous les avions laissées et nous en profitons pour leur apprendre notre fameuse chanson « 3 p’tits chats ». Nous passons ensuite aux jeux de ballons en tout genre tels que la « tomate » ou encore le « tic tac boum », et ces petites filles pleines d’imagination en arrivent même à reformuler les règles pour créer de nouvelles versions du « tic tac boum ».

2 h sont déjà passées et il est l’heure pour nous d’aller aider les Sœurs pour nourrir les bébés qui séjournent au centre. Certains, nous voyant arriver avec la nourriture, nous tendent leurs bras et ouvrent grand la bouche ; pour d’autres, la situation est plus compliquée et il devient difficile de leur faire avaler ne serait-ce qu’une bouchée. Nous repartons à 12 h fatigués mais fiers du travail accompli et surtout comblés par les quelques sourires auxquels nous avons eu droit.

 

Après une courte pause déjeuner, il est déjà l’heure de repartir, les activités reprennent et c’est accompagnés d’une quinzaine de jeunes de la paroisse que nous partons découvrir le site de Bassin bleu. Après nous être répartis dans deux 4×4, nous prenons la route direction les bassins ! La route n’est vraiment pas facile et nous nous apercevons rapidement que le 4×4 est nécessaire surtout quand il s’agit de traverser une rivière. Après 20 minutes de trajet, nous voici arrivés à destination ! Encore quelques négociations pour les tarifs d’entrée et notre guide nous conduit par des chemins rocailleux à la découverte des différents bassins, le tout accompagné bien évidemment de musique car, c’est bien connu, les Haïtiens ont peur du silence et tout jeune Haïtien qui se respecte ne se promène jamais sans une belle enceinte pour faire résonner sa musique !

Nous passons un premier bassin… puis un second. Nous pensons être arrivés au terme de la promenade mais il n’en est rien et le plus beau reste à venir. Nous continuons donc à suivre notre guide sur un sentier escarpé à flanc de colline sur lequel le moindre faux pas nous fait tomber dans l’eau cristalline et d’un bleu turquoise du bassin situé juste en dessous ! Le groupe s’arrête… sommes- nous arrivés ? Non par encore et voilà que le guide nous invite à descendre un à un, à flanc de colline, à l’aide d’une corde car le plus beau reste encore à découvrir ! Il faut donc prendre son courage à deux mains, ôter ses chaussures pour être pieds nus (pour une meilleure adhérence à la pierre dans la descente, il semblerait) et vaincre son vertige pour descendre le long de la roche !

Après un quart d’heure et quelques efforts, nous voilà tous descendus mais le jeu en valait la chandelle car nous nous trouvons alors face au plus beau des bassins d’une magnifique bleu turquoise et dans lequel se jette une splendide cascade ! C’est donc avec joie que nous nous baignons tous dans cette eau cristalline et nous jetons de quelques rochers pour profiter pleinement du site. Les plus téméraires d’entre nous iront même jusqu’à escalader la chute d’eau pour sauter du haut de son sommet : un saut de plusieurs mètres ! Les jeunes Haïtiens, quant à eux, préfèrent rester là où ils ont pied, la plupart ne sachant pas nager !

 

Après avoir profité pendant quelques heures de cette eau turquoise et nous être rafraîchis, il est l’heure pour nous de rentrer et c’est donc plein de souvenirs que nous rentrons au presbytère ; retour qui se fait bien évidemment en musique car il ne faut pas perdre les bonnes habitudes !

Chapitre IX – Into the wild

1er Août 2018

La matinée se déroule tranquillement entre la prière, le petit déjeuner et le bricolage : les enfants décorent des casquettes blanches qu’ils pourront ensuite rapporter chez eux en souvenir. Après le déjeuner, notre équipe est séparée en deux : les filles partent avec les religieuses, et les garçons avec les enfants et les hommes de la communauté pour le camping.

Côté filles

Commence alors pour nous une longue expédition à travers la steppe. Dans la camionnette des sœurs, sont entassés bananes, bonbons, filles, instruments. Le plus important est conservé sur le cœur de Sœur Laura : la Sainte Communion. En effet, nous allons, au cours de l’après-midi, passer dans la maison de plusieurs personnes âgées, pour leur apporter l’Eucharistie. Nous avons été très touchées par ces rencontres avec ces personnes animées d’une foi exemplaire, malgré les conditions difficiles de leur vie. Chacune de ces visites étaient très conviviales et nous ont permis de rencontrer le cœur de la Russie, à coup de bortsch dès 4 h de l’après-midi !

Le Père Niklas nous a rejointes pour célébrer la messe dans une maison familiale. Nous sommes alors recrutées pour chanter et jouer de la musique pendant l’offertoire. La musique était la seule chose que nous pouvions leur offrir, en échange de leur accueil et de leurs confidences. C’est également cette petite joie de la musique que nous avons pu apporter aux habitants d’un village voisin. Nous repartons pour Aleksejevka. Deux heures de route sur un chemin de terre battue. Nous voyons alors défiler sous nos yeux les plaines immenses de Russie, sous un coucher de soleil rouge, à travers les sapins.

Cette vadrouille au milieu des steppes nous a permis de découvrir la vraie détresse bien cachée de la Russie. Derrière la façade brillante de Moscou, se trouve une vraie pauvreté aussi morale que matérielle, comme nous avons pu le voir dans ces petits villages inconnus de tous. Tel ce petit garçon, aux yeux océaniques et à la peau noir de crasse, qui nous observait à la fois curieux et effrayé. Il avait travaillé toute la journée à garder les animaux, tandis que sa maman allait chercher des baies pour les vendre et pouvoir survivre.

Côté garçons

Le matin, nous profitons de cette matinée de libre pour nous reposer un peu, sans omettre la messe, car nous savions ce qui nous attendait l’après-midi. En effet, après un déjeuner consistant, nous embarquons dans le bolide du Père Nicklas, en direction des steppes bachkires, près d’un village nommé Ourtatao. L’un des nôtres, trop fatigué, se sentit malade au cours du trajet, ce qui nous a forcés à faire demi-tour, et à rattraper le retard sur le bus, peu performant mais non moins endurant, transportant les enfants.

Voguant dans un paysage russo-farwestien, nous arrivons sur les bords d’un lac, au pied d’un massif qui nous rappelle le fond d’écran par défaut de Windows 7. Décidément, les Américains importent toutes leurs idées ! La rencontre avec un éleveur et sa harde de chevaux finit de poser le décor.

Nous installons le bivouac, en commençant par le plus important : le barbecue et le coin prière. Nous apprenons à certains enfants comment monter une tente. Une fois le bivouac installé, tous foncent au lac, avec les bateaux gonflables, vérifiés auparavant par nos soins.

Baignades, jeux de balle, courses effrénées s’enchaînent au cours de cette fin d’après-midi. Le repas au feu de bois conclut ces premiers moments passés au milieu de cet endroit unique. Et tandis que nous apprenons des chants français aux jeunes russes, un confrère de la communauté ayant des qualités allant de trappeur à artificier grimpe dans les hauteurs pour préparer une surprise : FEUX D’ARTIFICES, NOUS VOICI ! Après la prière au coin du feu, nous regagnons nos tentes !

2 Août 2018

Côté filles

Tous les jeudis, les sœurs proposent une animation aux enfants du village : ils partent se baigner dans le lac voisin ! Après la prière, certaines rejoignent la camionnette Volkswagen des sœurs et d’autres leurs vélos. Nous suivons le sillage de rires et de chants qui s’échappent de la camionnette. Durant toute l’après-midi, nous pataugeons allègrement, chantons, goûtons ou jouons à la corde à sauter, dans une simplicité et une joie surprenante. En rentrant, nous nous réjouissons de retrouver toute la troupe du camping, afin de partager nos expériences.

Côté garçons

Réveil à 7 h 30 au son de la trompette, il doit faire à peu près 40°C sous la tente : ici aussi, le réchauffement climatique se fait sentir, comme en témoigne le puits de pétrole non loin du lac.

Les jeunes se rassemblent ensuite pour un petit dérouillage suivi de la messe en plein air.

S’ensuit un petit-déjeuner à l’allemande, signe des restes des précédentes migrations des populations germanophones. Celui-ci achevé, nous entamons le démontage des tentes. Enfin, les activités commencent.

Pour les uns, ça sera natation, pour les autres, pêche supervisée par 4 professionnels. Après une visite au puits de pétrole, nous lançons nos lignes dans l’eau. Ça sera l’unique essai, car des nœuds se forment, les moulinets n’en font qu’à leur tête, et les hameçons fricotent plus avec les algues qu’avec le poisson. Nos appâts de pain à la fourmi (spécialité locale) ne sont pas du goût des hôtes de ces lacs. Découragés par notre professionnalisme, les enfants s’intéressent à une autre proie : les bigorneaux ! Nous ramenons fièrement ce trophée au camp, fatigués mais heureux, avant de les remettre dans l’eau.

La vuvuzelaskaya appelle les estomacs au déjeuner. Nous mangeons encore une fois ces fameuses grillades russes. L’après-midi, la bataille navale s’engage, digne de celle de Salamine, sur des frégates gonflées à bloc. Les grands, costauds mais peu nombreux, sont assaillis par les plus jeunes, dont l’union fait la force. En fin d’après-midi, nous jouons à des jeux de société en baragouinant le russe, jeux de shérifs et de gangsters, se mariant parfaitement avec le cadre naturel. Mais déjà, il faut partir et rentrer au village.

Nous quittons ces paysages homériques, et faisons vrombir les moteurs. À peine arrivés, nous rangeons le matériel pendant que les jeunes jouent encore un peu avant le dîner. Aujourd’hui, c’est soirée film ! C’est l’occasion pour notre groupe de se retrouver à l’écart, et de partager nos expériences sur cette mission. Nous allons ensuite nous coucher, brûlés par le soleil ; le sommeil toque à nos yeux, et nous nous nous jetons dans les bras du Morphée russe.

1 et 2 août

Mercredi 1er et Jeudi 2 août :

A partir d’aujourd’hui, une nouvelle mission nous est confiée, et pas la moins importante puisque nous avons la lourde responsabilité d’éveiller et de transmettre le goût de la langue française aux jeunes Haïtiens de l’institution du Bon Pasteur de Jacmel. La veille, nous avions pu rencontrer le Père Jean-Pierre Gilnet, directeur adjoint, très heureux de nous accueillir et qui regrettait déjà de ne pas nous avoir plus longtemps à ses côtés. Il évoque dans son discours « ses enfants », une manière de parler des élèves de son établissement qui démontre déjà à quel point ils ont du prix à ses yeux. Il nous apprend que ses élèves viennent à l’école sur le temps de leurs vacances, volontairement ou non, pour parfaire leur français (et travailler d’autres matières) car tout au long de leurs études, les cours seront dispensés dans la langue de Molière. Nombreux sont ceux qui n’ont pas d’autre occasion de la pratiquer car le créole est la langue parlée en famille, entre amis, dans la rue. Il faudra donc surtout les solliciter à l’oral, les faire dialoguer et réagir, afin qu’ils prennent de l’assurance. Nous avons ainsi très consciencieusement préparé la veille des activités pour les classes qui nous seront attribuées et nous sommes répartis sur les différents niveaux :

  • Trois d’entre nous prendront en charge une classe de 7ème (équivalent à la 5ème) de 8 h à 10 h, puis une seconde classe de 7ème de 10 h à 12 h.

 

  • Et deux autres animeront des activités pour une classe de « Philo » (équivalent à la Terminale) de 10 h à 12 h.

 

 

Le premier jour, nous découvrons donc les lieux. A l’origine, cette école était située au cœur de Jacmel mais suite au tremblement de terre de 2010, les bâtiments, fragilisés, ont été jugés dangereux. Il a donc fallu reconstruire cette nouvelle école sur un autre site. On ne peut établir de comparaison entre les salles de classes, ici, en Haïti et celles telles que nous les connaissons en France : il y a certes un bureau, un tableau noir et des bancs pour les écoliers mais les similitudes s’arrêtent là. Le sol et les murs sont nus. La salle de classe est ouverte sur l’extérieur, pas de fenêtres, ni de rideaux pour s’isoler, et nous entendons donc les échos des voix des professeurs et des élèves dans les salles attenantes. Cela laisse également tout le loisir à des visiteurs de s’inviter pendant nos heures de cours : nous avons dû chasser un chien errant et une mygale venus très certainement apprendre le français aussi (si, si, une vraie mygale, et celle-ci n’était pas derrière une vitre comme chez nous !). Nous avons donc fait la connaissance des élèves, peu nombreux le premier jour, environ 25 par classe, mais des camarades viendront grossir les rangs le lendemain pour atteindre presque 40 enfants par classe. Nous sommes très étonnés par le manque de ponctualité, de la part des élèves tout comme des professeurs (mais cela est peut-être différent sur le temps scolaire). Ici, certains peuvent revenir de récréation avec 30 minutes de retard. Ah, pauvres petits élèves français qui rêveraient d’une telle liberté !

Aux plus petits (entre 11 et 12 ans), nous leur proposons un travail sur les fables. Ils en connaissent déjà certaines mais nous leur demandons d’en inventer une en groupe, en pensant d’abord à la morale, au message qu’ils veulent transmettre. Il y a de belles productions : « il ne faut pas se croire supérieur aux autres » ; « il ne faut pas donner ce que l’on n’a pas » ; « il ne faut pas faire de mal aux animaux » ; « il ne faut pas juger »… Du côté des plus grands, ils ont découvert des pans de la culture française à travers le clip vidéo de la chanson « Tous les cris les SOS » reprise par Zaz. Les images ont servi de prétexte pour les faire parler sur les différences culturels entre Haïti et la France sur des sujets très variés tels que la relation entre parents et enfants, le divorce, la relation à l’argent, l’amour, etc. Ils ont également appris à animer et à prendre part à des débats.

De manière unanime, nous sommes très heureux de faire cette expérience. Nous avons découvert l’école locale en totale immersion. Dans les deux groupes, nous avons cependant le sentiment que les élèves ne sont pas très dynamiques. C’est donc un défi supplémentaire pour nous que de faire participer et d’impliquer les enfants dans les activités que nous proposons. Nous retournerons à l’école lundi et mardi prochain, les deux derniers jours que nous passerons en Haïti, en espérant que nos actions porteront du fruit !

A suivre….

Chapitre VIII – La petite paroisse dans la prairie

NB : Nous nous excusons pour le délai entre cet article et le précédent, cela est dû à la difficulté d’accès à internet. Par ailleurs, nous ne pourrons publier que peu (ou pas) de photos du lieu où nous nous trouvons.

30 Juillet 2018

Moscou, 5 h 30 : les réveils sonnent, les portes claquent, des mines fatiguées se rassemblent pour la prière, avant de ranger leurs dernières affaires dans le sac à dos. Sur le pas de la porte, nous jetons un dernier regard sur cet appartement où nous avons vécu tant de bons moments. Le temps d’essuyer nos larmes et nous voilà déjà partis pour de nouvelles aventures ! Une fois les formalités de l’aéroport achevées, nous partons pour Ufa, où nous arrivons sans encombres.

Le Père Nicklas, qui vient nous chercher à l’aéroport, est un prêtre américain qui, depuis six ans, gère la communauté Family of Mary à Alexeyevska ! Il nous prend dans son van et commence à nous raconter toute l’histoire de sa communauté. C’est ainsi que nous réalisons la véritable détresse de la région : le Père Nicklas s’occupe d’une paroisse de la taille de la Suisse, et le prêtre catholique le plus proche est à 800 km de distance ! Après une petite heure de route à travers la campagne, nous nous arrêtons dans un tout petit village qui se résume à une seule rue : ce sera le lieu de notre mission pour la semaine qui arrive !

Nous sommes accueillis par un plantureux déjeuner… à 16 h (merci le décalage horaire !), puis nous visitons les différentes installations de la paroisse catholique. C’est l’occasion pour nous d’en apprendre plus sur la détresse à la fois matérielle et psychologique des personnes qui vivent ici. Leur situation n’a pour ainsi dire pas évolué depuis l’époque soviétique ; ici, les gens survivent avec le peu de moyens qu’ils ont. La principale mission du Père Nicklas est de lutter contre le désespoir de ces villages, exploités par un riche citadin qui détient les terres avoisinantes. Nous rencontrons ensuite quelques enfants du village, qui sont tous intrigués par notre venue, et nous commençons déjà à jouer avec eux. La fin de la journée nous permet de nous recentrer sur l’essentiel, avec un temps d’adoration. Nous confions alors au Seigneur toute notre mission de cette semaine. Épuisés, nous nous couchons, des étoiles plein les yeux.

31 Juillet 2018

Pour bien commencer la journée, nous récitons le chapelet dans la petite chapelle devant le Saint Sacrement. Après le petit-déjeuner, alors que les garçons réparent les vélos et vérifient le matériel pour le camp, les filles balaient, ratissent et nettoient les barrières autour de l’église. Les petites filles du village sont très heureuses de venir apporter leur aide. L’une d’elles nous surprend même : elle arrive à soulever un énorme sac bien plus lourd qu’elle ! Nous développons donc un langage pour nous comprendre. Nous nous rendons ensuite à la chapelle pour un deuxième chapelet.

A peine le temps de se rassasier, nous allons chercher les vélos redevenus comme neufs, suite à la restauration efficace de nos 5 hommes. En effet, nous profitons des temps libre de l’après-midi, pour une petite balade jusqu’au lac qui se situe à 3 km du village. Quelques enfants nous suivent, les plus courageux se baignent et c’est l’occasion pour l’équipe d’organiser les jeux prévus pour vendredi.

17 h : nous rentrons sous un soleil ardent. Nous avons juste le temps de nous changer et c’est l’heure de la messe avec les 14 servants d’autel venus pour le camp d’été. Pendant le dîner, nous avons l’occasion d’échanger avec quelques-uns des enfants. Nous sommes impressionnés par leurs motivations ; certains d’entre eux ont parcouru jusqu’à 800 km ! Beaucoup attendaient avec impatience ce camp ; pour certains, ce sont leurs uniques vacances.

Nous prenons ensuite un temps de jeux pour les présentations ; rires et sourires sont au rendez-vous ! Nous finissons la journée par une belle prière en russe, où nous nous émerveillons devant la ferveur des enfants, bien conscients de la chance de pouvoir venir adorer le Christ, au cœur de cette petite paroisse dans la prairie…

Dernière matinée avec les enfants

Nous avons clôturé ce matin notre « colonie d’enfants » que nous tenions chaque matin.

Nous etions ému de les voir repartir, et à l’idée que nous ne les rêverions sûrement plus jamais. Une chose est certaine: nous les porterons tous ainsi que leur famille dans nos prieres. Pour beaucoup, nous avons pu les visiter dans leurs familles, et ainsi connaissons leur histoire, leur épreuves et leurs désirs.

Ces moments avec ces enfants plein de vie resteront dans nos mémoires !

 

 

 

 

 

Samedi 28 Juillet

Samedi 28 Juillet

Aujourd’hui visite de Jérusalem, au programme :

  • La tombe du Roi David
  • Le Cénacle
  • L’Abbaye de la Dormition
  • Zion Gate
  • La Basilique de Gethsémani
  • Le Mont des Oliviers
  • Le tombeau de la Vierge Marie

Dès que nous posons le pied en dehors du centre, une chaleur étouffante nous écrase, mais nous sommes vaillants et prenons joyeusement la direction du mont Sion où se trouve la tombe du roi du roi David.

La tradition antique identifie cet endroit depuis le dernier millénaire comme l’emplacement où repose le plus grand des rois d’Israël, le fondateur de Jérusalem. Pendant ces longues années où l’accès au Mur Occidental était refusé aux Juifs, c’était sur le toit de cet endroit que venaient les pèlerins qui voulaient voir le Mont du Temple et le Mur Occidental.

 

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