Après une nuit tranquille à la maison d’Abraham, nous avons démarré la journée d’autant plus tranquillement que l’atmosphère est très tendue et qu’il était plus raisonnable de ne pas sortir.

Seuls quelques-uns d’entre nous sont allés à la messe à 11h à Gesthsémani. Nous n’avons pas tout compris car elle était en italien, mais l’une des sœurs qui nous accompagnait nous a donné des planches sur lesquelles était imprimé l’évangile du lieu en français. Eh oui, il s’agissait bien de l’évangile du lieu et non de l’évangile du jour. Si l’année liturgique détermine normalement quel texte est lu à quel moment dans toutes les églises du monde, donc sur un axe temporel, certains lieux de culte de Terre Sainte proposent une liturgie sur un axe spatial. En effet, on peut célébrer la messe de Noël à n’importe quel moment de l’année dans la basilique de la Nativité à Bethléem. Ainsi, lorsque nous étions à Gesthsémani, l’évangile relatait, comme tous les jours, l’agonie de Jésus au Jardin des Oliviers. À la fin de la messe, nous avons pu toucher le rocher sur lequel Jésus aurait pleuré des larmes de sang. Émouvant !

Après un pique-nique au cours duquel une demi-pita a mystérieusement disparu (est-ce le miracle de la soustraction des pains ?), nous sommes partis visiter quelques lieux saints en trois groupes séparés.

 Bénédicte, Sophie, Alice, Pénélope et moi-même sommes partis visiter Saint-Pierre en Gallicante. Il s’agit d’un église construite à l’emplacement du palais de Caïphe. Selon les évangiles, c’est à cet endroit que débute la passion du Christ. Jésus est jugé par le Sanhédrin, tribunal religieux dirigé par Caïphe, le grand prêtre de cette année-là. Alors que Jésus est accusé de blasphème à l’intérieur, Pierre (pas moi, mais mon cher saint patron) est reconnu par quelques personnes présentes comme l’un des apôtres. Il va donc renier trois fois le Christ avant que le coq ne chante. D’où le nom du lieu : Saint-Pierre en Gallicante (du latin « gallus » : « coq »). Sous l’édifice se trouve une prison de l’époque hërodienne, dans laquelle Jésus aurait été détenu toute la nuit avant d’être livré à Pilate, le gouverneur romain. Inutile de rechercher ce passage de la Passion dans les évangiles : il n’y apparaît pas. Cela vient d’une tradition attestée au IVe siècle.

Vue de Saint Pierre en Gallicante – Pierre, Pénélope, Alixe et Sophie

Vue de Saint PIerre en Gallicante. Pénélope et Alixe

Suite à cette visite, nous avons pris la direction du Cénacle, la pièce où s’est déroulée la Cène.

le Cénacle, lieu de la Cène

Comme cela est relaté dans les évangiles, la salle où Jésus a lavé les pieds de ses disciples puis célébré la première messe de l’histoire de l’humanité se trouve à l’étage d’une maison à l’extérieur de la vieille ville. Nous y avons rencontré trois femmes d’une cinquantaine d’années qui chantaient des chants de l’Emmanuel en français. Les filles ont joint leurs belles voix à cette mélodie pendant que j’écrivais mes impressions sur le lieu (ceux d’entre vous qui me connaissent bien savent que je dois me taire lorsque les autres chantent pour des raisons météorologiques). Être là, dans ce lieu saint, porté par une telle beauté sonore, me donnait une impression d’éternité et je serais bien resté toute une vie assis dans cette pièce.

(Article rédigé par Pierre)

La maison d’Abraham

 

 

 

Après une matinée et un début d’après-midi au calme à la maison d’Abraham, Lisa, Amaury et moi partons pour une découverte du quartier juif. Dans un premier temps nous nous rendons au mur des lamentations où nous restons pour un beau moment de prière. Nous marchons ensuite dans les rues et découvrons la façon dont les juifs fêtent le shabbat et leur vêtement portés à l’occasion.

Les commerces ont beau être fermés, les rues sont très vivantes puisque les enfants jouent devant la synagogue pendant que les parents se retrouvent et discutent. En voulant rentrer chez nous, nous souhaitons repasser par le mur des lamentations pour sortir de la vieille ville. Amaury ayant dans son sac un serre-tête de keffieh acheté la veille et passé inaperçu une heure avant, n’est pas autorisé à accéder au mur des lamentations dont l’entrée nécessite une fouille minutieuse. Nous devons donc passer par un autre chemin qui finalement mène sur d’autres portiques de sécurité. Nous cachons le serre-tête au fond du sac et le passage est finalement possible. Sur le chemin du retour, nous avons la chance d’admirer le coucher de soleil sur le dôme du rocher. (Article rédigé par Claire)

Mur des Lamentations

Quartier juif de Jérusalem

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