Le Bénin, pays démographiquement jeune, se caractérise par une statistique inquiétante : plus de 70 % des habitants sont sous-employés. C’est pour remédier à ce manque d’ambition que Max et Prosper, deux jeunes adultes du diocèse de Dassa, ont décidé d’inciter leur génération à l’entreprenariat, sous le regard de Dieu.

Dernière photo avec le père Romuald

Nous avons pu assister à une présentation dimanche après la messe. Elle commençait par un constat sans appel : les Béninois, et en particulier les catholiques, préfèrent l’inconfort (d’un maigre revenu) à l’incertitude (de créer leur entreprise).

La Bible ne regorge-t-elle pas d’exemples d’entrepreneurs ? Rien que Abram et Sarai, à qui le Seigneur demande de quitter leur terre ancestrale, de partir s’installer en Terre Promise sans rien et même de changer de nom ? Plus tard, ce sera Joseph, abandonné par ses frères, qui se fera un nom auprès de Pharaon et l’aidera à administrer sagement ses réserves de blé. Jacob aussi, quittant son père avec quelques rares têtes de bétail, parviendra à les faire fructifier. Un autre Joseph devra aussi assurer le gîte et le couvert à Marie et Jésus, alors même qu’il doit fuir en Égypte, loin de son atelier et de ses outils. N’oublions pas les apôtres, partant sans même une tunique de rechange pour évangéliser les 4 coins du monde. A chaque fois, c’est uniquement parce qu’ils ont cru, qu’ils ont pu se sortir de situations a priori impossibles… D’ailleurs, Dieu étant le premier entrepreneur, et nous ayant créés à son image, il a mis en chacun le désir de laisser une trace, de marquer le monde. Une idée d’entreprise mérite autant de confiance et de détermination, tant qu’elle ne nous empêche pas de vivre notre foi évidemment.

D’ailleurs, poursuit Max, écoutons Jésus lui-même nous parler : le trésor dans le champ, la perle de grande valeur, ne valent-ils pas qu’on leur sacrifie tout ? Quant à celui qui refuse de faire fructifier son talent, ne lui sera-t-il pas repris ?

C’est ensuite à la Genèse 1, 28 de nous fournir un business plan en 5 étapes, sur une judicieuse interprétation de Rustique :

Dieu les bénit, et Dieu leur dit: Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre, et l’assujettissez; et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tout animal qui se meut sur la terre

Pour un produit, c’est le même combat : avoir un prototype intéressant, facile à industrialiser, à diffuser partout, et dont la renommée s’étendra.

Le Bénin est un pays à fort potentiel, pas tant pour ses ressources naturelles que pour le dynamisme de sa population. Les jeunes que nous avons rencontrés ont chacun une vision claire de leur futur, que ce soit dans la médecine, les travaux manuels ou l’agronomie.

Nous avons passé beaucoup de temps avec Vivaldi, une Béninoise de 27 ans passionnée de loisirs créatifs. Elle crée ou customise sacs, chemisiers, sandales et bijoux et vend ses créations entre particuliers.

Pourquoi ne se lancerait-elle pas aussi dans la création d’une structure d’entreprise ? Et bien nous arrivons malheureusement aux limites économiques du sujet. D’une part, les Béninois sont assez réticents à acheter ‘local’ ; ils préfèrent les produits d’importation lointaine ou frontalière. En plus de cela, un entrepreneur est assujetti à une taxe proportionnelle à son chiffre d’affaire (son volume de ventes) et non à son résultat net (revenus – coûts) ; en cas de forts investissements, on peut se retrouver dans l’incapacité de régler cette taxe… Heureusement, les mentalités sont en train de changer et nous espérons que l’entrepreneuriat va se développer.