Nous nous réveillons (avec, il faut le dire quelques difficultés) dans nos petits bungalows, avec en perspective une journée riche en émotions. Les plus motivés forment un premier groupe pour partir au mont des oliviers de bonne heure afin de ne pas perdre une seule miette de cette journée à Jérusalem. Un volontaire à la maison d’Abraham nous a généreusement prêté un livre sur la ville, ce qui nous est d’une précieuse aide. Alixe s’improvise comme guide touristique de haut level et tout en montant le mont des oliviers sous un soleil déjà bien présent, elle nous explique les différents lieux dans lesquels nous nous rendrons. Etape 1 : La «Dominus Flevit », endroit où Jésus a pleuré sur Jérusalem (Luc 19,41-44). Nous nous imprégnons de ce lieu en lisant les passages de la bible correspondant. La vue sur Jérusalem est MAGNIFIQUE.

Vue depuis l’église du Dominus Flevit

En route vers le Pater Noster

Nous continuons notre petit pèlerinage vers le « Cloître du Pater Noster » où Jésus à enseigner à ses disciples comment prier. Nous nous regroupons dans la grotte pour chanter le Notre Père de Glorious. C’est impressionnant de voir dans ce lieu des « Notre Père » écrits dans toutes les langues (même en Alsacien!)

Carmel du Pater Noster

Cimetière Juif

Après direction jardin de Gethsémani. C’est incroyable de voir les oliviers qui étaient présents lors de l’agonie de Jésus. L’endroit est vraiment touchant, et nous n’hésitons pas à prendre notre temps.

Coïncidence assez stylée :  on rencontre un groupe de séminaristes de Paris qui nous invitent à nous joindre à eux pour une messe à 18h au Saint Sépulcre ! ça …c’est fait ! Dieu prend soin de nous !

Juste à côté du jardin de Gethsémani se trouve un église orthodoxe où il y aurait eu le tombeau de la dormition de la Vierge Marie, et où sont présents également les tombeaux d’Anne et Joachim (d’ailleurs c’est bientôt leur fête). Tandis que nous nous recueillons nous entendons des slogans de manifestants… Ambiance particulière auquelle nous nous habituons pourtant rapidement. Jérusalem, ville sainte…et pourtant si déchirée.

Manifestation des palestiniens porte des Lions, entrée qui donne sur Jérusalem côté Mosquée

Puis, c’est sous un soleil ardent que nous nous rendons à la porte de Sion. Heureusement que les volontaires avaient pris soin de nous déconseiller cette route en pleine journée pour cause de chaleur intense : il est midi … et notre petite troupe gravit hardiment la montée en plein soleil !

Arriiiivééés !! Nous déambulons dans le quartier arménien à la recherche d’un endroit où rassasier nos ventres affamés. Il faut savoir que c’est toute une histoire de satisfaire 12 personnes de gabarits, types, tailles, nationalités, centre d’intérêt différents ! Après un plaidoyer d’une envergure peu commune nous commandons enfin notre repas !

 Nous découvrons que se déplacer avec un groupe de 12 personnes dans une ville telle que Jérusalem est un challenge de très haut niveau ! Pour résoudre ces petits problèmes techniques nous nous divisons en petits groupes et nous fixons un rdv au Saint Sépulcre pour la messe. Nous profitons de ces quelques moments de « temps libre » (mots dont nous avions presque oublié l’existence ces derniers temps) pour déambuler dans les rues, toutes si différentes les unes des autres. Cette ville est étonnante :  points de vue, quartiers typiques, vendeurs à la sauvette nous surprennent à chaque coin de rue.

Souk

Le temps passe très vite, il est grand temps de retrouver toute la petite troupe au Saint Sépulcre…! Nous y retrouvons Caroline, responsable de AED Mission, qui est à l’origine de ce beau projet auquel nous participons. Elle sera avec nous jusqu’à dimanche soir, après quoi elle ira visiter nos collègues de mission d’Ethiopie. Le Saint Sépulcre… c’est complètement fou de se dire que le Christ est mort pour nous à cet endroit même ! Nous avons été sauvés là … ! Quelques-uns d’entre nous ont le temps de se faufiler parmi les processions pour accéder à la pierre où la Croix du Christ aurait été plantée ! Trop beau !! Mais ce n’est pas l’endroit idéal pour méditer, un prêtre orthodoxe surveille de très près les quelques secondes passées à genoux devant cette pierre. En parlant d’orthodoxe, l’église est quelque peu hors du commun : des processions menées par des orthodoxes succèdent à celles des catholiques, des chants s’élèvent d’un peu partout, il n’y a pas de point central comme dans nos églises latines, mais plutôt des points de recueillement.

 

Nous assistons avec joie à notre première messe en français depuis notre arrivée en Terre Sainte avec les séminaristes de Paris, dans un endroit improbable de l’église (il faut passer par la sacristie pour y accéder !). Messe finie nous attendons les retardataires (oups désolé !) pour partager ensuite un verre avec les responsables de l’AED qui nous ont rejoints. Moment de convivialité plutôt sympa où on leur raconte pour la première fois (et certainement pas la dernière^^) nos premiers retours sur le camp passé.

Il est temps de rentrer…et nous découvrons qu’une manifestation est encore présente à  la porte des Lions…impossible de passer ! Ahh patience patience, il va falloir une fois de plus faire un gros détour… ou pas : un militaire conciliant nous ouvre le cimetière arabe pour pouvoir passer sans perdre 10 000 ans…

Le quartier n’est pas très calme. Les lumières de la rue s’éteignent subitement ! Nous arrivons à la maison d’Abraham et sommes accueillis par les volontaires qui s’empressent de nous raconter les événements : plus d’électricité – émeutes dans le quartier- 3 morts  … ! Nous dînons alors éclairés par quelques bougies et sous les bruits des grenades assourdissantes.

La soirée est pour le moins étrange, mais l’ambiance reste bonne. Un incendie (vite contrôlé) se déclare en face de chez nous.  Pour clore cette soirée nous nous réunissons sur le toit de l’immeuble pour prier ensemble … prière qui semble si importante dans ce contexte. Les plus vaillants apprendront les nouvelles sur l’actualité environnante dans un article du Monde à deux heures du matin.

Sophie consulte son agenda pour voir ses prochaines dispo pour revenir dans cette ville trois fois sainte. 3 jours c’est trop court!

Ba Béné, c’est pas le moment de dormir!