Après trois semaines au Bénin, nous ne revenons pas en France tels que nous en sommes partis. La culture africaine, sa joie de vivre, sa simplicité, sa débrouillardise, sa foi vivante au quotidien, les échanges avec les enfants et les jeunes, ainsi qu’avec tous les prêtres qui nous ont accompagnés… resteront gravés dans nos mémoires et changeront notre manière de vivre une fois de retour.

Le Bénin est un pays en pleine croissance, avec tout ce que cela comporte comme disparités. Les familles sont encore nombreuses, les gens débrouillards ; les nouvelles technologies arrivent très vite : la téléphonie mobile s’impose alors que les lignes fixes sont inexistantes, le paiement par mobile prime sur les CB. Cependant, cet essor est plutôt extérieur au pays, qui manque de dynamisme entrepreneurial et ne le soutient pas. Difficile dans ces conditions de parvenir à créer sa boite ou même une chaîne de magasins. Pas de grandes enseignes ici (ni H&M ni McDo), mais de petits commerces plus chaleureux, bien que peu florissants. Toutefois, les jeunes que nous avons rencontrés sont plein d’espoir : ils envisagent chacun des métiers ambitieux et sont prêts à y mettre les moyens. Par ailleurs, une réelle solidarité existe entre membres d’une même famille (au sens large), communauté ou de même quartier. Ces valeurs-là sont de réelles bouffées d’oxygène face à l’individualisme sur lequel se replie l’Europe.

Les prêtres osent aussi exhorter les fidèles à vivre réellement la charité, et sont très actifs auprès des jeunes. En soutane blanche ou en bumba coloré, ils sont proches de leurs paroissiens et les impliquent pour nettoyer les églises ou faire des créneaux d’adoration.

Nous avons eu une amusante discussion avec le responsable du séminaire, qui s’étonnait qu’aucun d’entre nous ne soit encore fiancé ou parent… à nous de remettre en question aussi la tendance française à minimiser et retarder l’accueil d’enfants, pour des raisons financières qui n’ont pas tout le temps lieu d’être. D’un autre côté, le Bénin nous a aussi faits réfléchir sur l’identité française ; quelques jeunes se demandaient avec ironie si la France fut elle-même une colonie… à nous de répondre que la tribu des Francs venait d’outre-Rhin et que nos routes viennent des Romains. Avec l’imminence de la fête nationale d’indépendance, le 1er août, les rues se pavoisent du drapeau vert, jaune et rouge béninois.

 

Victoire, 24 ans, consultante en industrie

Les Béninois qui travaillaient sur le chantier avec nous étaient impressionnants : de tout âge, garçons comme filles, chacun faisait sa part de travail dans une réelle harmonie. Bien sûr, on est loin de l’efficacité toute mécanique d’une ligne de production, mais la spontanéité et la liberté de chacun permettent aussi à la charité de réellement s’exercer.

 

Agathe, 22 ans, étudiante en dernière année d’orthophonie

Cette mission m’a fait avant tout découvrir l’universalité de notre Église. Les moments d’échange et de partage ont été très riches, humainement, spirituellement et même professionnellement. L’évêque m’a en effet chargée de voir un jeune séminariste afin de l’accompagner dans son bégaiement.
En tout cas, je rapporterai en France leur joie de vivre : ils ne se plaignent jamais ici et ça fait un bien fou au moral. Le Bénin, il faut le vivre pour le connaître : ce genre de mission ouvre les cœurs et permet de porter un regard nouveau sur le monde qui nous entoure !

 

Clément, 21 ans, étudiant en L2 de sciences politiques

J’étais heureux de découvrir un pays d’Afrique subsaharienne, et marqué par la gentillesse et le sourire de chaque personne rencontrée. Cela me permet de porter un regard différent sur des pays dont la culture peut sembler trop loin de nous. Au contact des enfants, on comprend l’universalité du besoin de jouer et d’apprendre.

 

Louis, 20 ans, 3ème année d’école d’ingénieur

Les Béninois sont chaleureux, toujours prêts à bavarder autour d’une bière : la béninoise « en bouteille, pas en pagne » étant un excellent accompagnement. J’ai la joie de rester 3 semaines supplémentaires au Bénin, en partenariat avec l’association ABED.

Flavie, 18 ans, étudiante en L2 de philosophie

Les Béninois sont héritiers de traditions et mœurs très divers, entre le vaudoun, le catholicisme, la prévalence de la famille. Certaines coutumes sont très belles, mais d’autres comme la polygamie sont difficiles à comprendre à nos yeux. Heureusement, l’esprit critique des jeunes (mais aussi l’influence de l’Occident et des USA) leur permet de porter un regard nouveau sur ces sujets.

 

Oriane, 18 ans, étudiante en L2 d’économie

Le Bénin est un pays en changement, et les jeunes ont un rôle particulier à y jouer. Les religions y cohabitent harmonieusement, un modèles que notre « laïcité à la française » peine à trouver.

Stanislas, 18 ans, lycéen

J’ai été marqué par la solidarité des Béninois et leur sens de l’accueil. Le problème d’un seul devient l’affaire de tous et se résout toujours. Comme le disait souvent le père Romuald : « il n’y a pas de problèmes, il n’y a que des solutions« . Et en effet, nous voyons la Providence à l’œuvre au quotidien.

 

Merci en tous cas à nos amis et parents de leur soutien, et de leur lecture de ce blog. Nous avons hâte de vous raconter tout cela de vive voix !