Après une belle journée bien remplie de jeux, leçons et peinture, le père Bimal nous improvise un petit apéritif autour d’une bonne bière qui nous permet d’échanger avec lui sur notre expérience quotidienne dans l’école.
Nous sommes ensuite invités à souper chez lui. C’est avec une présentation de toute sa famille que nous sommes dignement accueillis. Ils sont une dizaine à vivre sous le même toit. Une seule manque à l’appel: la belle-sœur du père Bimal et maman d’Ankita (une de nos élèves) qui vient d’accoucher d’une petite fille.
Puis place au traditionnel dîner indien : chapati, poulet au curry, riz,… bref, de quoi prendre des forces pour la grosse journée qui nous attend le lendemain.

         

Réveil matin 4h, on se réveille comme des fleurs ! On se divise en deux groupes pour rentrer dans les jeeps, et c’est parti direction Khandamal, pour visiter ce district d’Orissa ayant le plus souffert des massacres chrétiens en 2007 et 2008. Après 30 minutes de voiture (et une bonne sieste) nous arrivons dans la St Joseph school à Surada, première école chrétienne construite en Orissa par des missionnaires francais dans les années 20. En descendant de la voiture, les enfants accourent vers nous et nous sommes accueillis par les soeurs du couvent. Après un bon café accompagné de biscuits (#repas N°1) nous repartons direction Dantoling.

C’est là que se trouve un sanctuaire marial dédié à Notre Dame de Lourdes. Il est  très populaire pour ses miracles notamment le 11 février, seul jour de l’année où de l’eau jaillit de la montagne. C’est sur une petite colline avec un paysage magnifique que nous assistons à la messe célébrée par les pères Bimal et Prasant. Une famille du village ainsi que le père Faustin, recteur du lieu, nous ont rejoint.

Les pères Prasant, Bimal, Faustin célébrant l’Eucharistie au sanctuaire de Dantoling

Après s’être ressourcés spirituellement, il est temps de nous rassasier  pour le petit déjeuner au presbytère de Faustin. Au menu : spaghetti, mangues, noix de coco, pois chiches… (#repas N°2)

9h30 : Avant la prochaine étape : nous faisons une courte halte chez la famille du père Prasant. Nous avons droit aux chips masala, Pepsi et biscuits à la poudre de riz cuisinés par sa sœur. (#repas N°3)

On commence à réaliser le marathon culinaire qui nous attend : nous en sommes à la troisième visite, il est 10h et il nous reste encore 8 paroisses à découvrir…
Heureusement les trajets en voiture, même si turbulents, nous permettent de nous reposer un peu et de discuter de nos diverses rencontres.

4e étape : nous nous rendons à l’église de Baliguda, la première ayant subi les attaques anti-chrétiens. Cette église a été brûlée et vandalisée pendant la nuit de Noël 2007.
Grâce aux explications du père, nous comprenons petit à petit l’histoire de ces événements. Les hindouistes et les chrétiens cohabitaient depuis des années à Khandamal, mais des tensions existaient déjà, notamment à cause de la rapide expansion des institutions catholiques. L’assassinat d’un puissant hindou par des extrémistes est l’élément déclencheur des massacres. Les chrétiens, minoritaires, sont accusés à tort de cet attentat.
Sur place il y a une sœur qui a vécu l’attaque. Elle a été prévenue 10 minutes avant que les hindous arrivaient, juste le temps pour elle de s’enfermer dans une petite sacristie à l’étage en tenant la porte qui n’avait pas de verrou… Grâce à Dieu ils ne l’ont pas trouvée et elle est encore en vie. Mais, traumatisée, elle ne peut plus continuer à témoigner. Nous demandons au père de la saluer et de lui dire que nous prions pour elle.

Ensuite nous allons dans le séminaire St Paul situé juste derrière. Encore une fois nous recevons un hearty welcome de la part des 36 séminaristes : fleurs, chant, discours…nous les remercions pour leur accueil et leur témoignons notre admiration : il est beau de voir que leur foi persiste malgré les persécutions.

C’est autour d’un café, bananes et noix de cajou (#repas N°4) que le supérieur du séminaire nous raconte la nuit de l’incendie. Il nous témoigne de l’incompréhension et la panique : il s’est réfugié dans la jungle, comme la majorité des femmes, enfants, prêtres et sœurs, qui y sont restés cachés plusieurs jours sans nouvelles de leurs proches. Certains y ont perdu la vie à cause de maladies.

Nous repartons pour Kanjamendi  vers le centre pastoral Divya Jyoty, qui a été entièrement brûlé. C’est aussi là qu’un  prêtre et une sœur ont été humiliés.
Nous passons ensuite par Jana Vikas, un centre social qui aide les personnes issues des plus basses castes, délaissées par le gouvernement. D’autres violences ont eu lieu à cet endroit.

Nous continuons notre périple par l’école de Daraingi des frères capucins où nous déjeunons (#repas N°5). En visitant l’internat de garcons, nous sommes contents de retrouver les mêmes sourires que ceux que nous avons laissés à Mohana. Avant de repartir, nous admirons l’église construite à la manière des temples hindous.

On s’accorde une pause touristique dans le parc Mountain View Hill d’où la vue est superbe. Blaise et Antoine se précipitent sur les balançoires, mais le jardinier les rattrape pour nous proposer une petite visite du musée dédié aux anciennes tribus d’Orissa.

Mais la journée n’est pas finie !!! Nous avons encore une longue route au milieu des montagnes pour arriver jusqu’au petit village de Kottama, l’ancienne paroisse des pères Prasant et Bimal. Nous saluons la communauté qui sort de l’église après le rosaire.

C’est au coucher du soleil que nous arrivons à notre dernière étape ( Alleluia !) : la grande école d’Aligonda nous ouvre ses portes malgré l’heure tardive.

Ce dernier accueil n’est pas des moindres : les 350 filles de l’internat nous font une haie d’honneur. Nous partageons un cake avec les neuf sœurs, dont une espagnole ravie de discuter avec Leyre dans sa langue maternelle (#repas N°6). Enfin nous sommes invités à souper dans l’internat des garcons situé juste en face (#repas N°7)

Nous remercions les pères pour cette super  journée enrichissante, par quelques chants français, avant de rentrer à la saint Peter School (Mohana) pour un repos bien mérité.
Ce samedi nous totalisons environ 400km en jeep, une centaine de poignées de mains et de ”namaskar ”, des dizaines de fleurs, quelques petites siestes, de gros fous rires, et de quoi remplir 3 fois notre petit estomac …

 

Le lendemain matin, le père Bimal nous amène à Kunkuni, petit village à trente minutes de Mohana . Ici les chrétiens n’ont pas d’église, pour assister à la messe dominicale, ils doivent marcher de nombreux kilomètres.Le père leur apporte l’eucharistie un dimanche par mois,  « They are really poor but they have a strong faith » nous confie-t-il . Cette belle célébration nous fait ressentir l’intensité de leur  foi, véritable source d’espérance pour les chrétiens  indiens.