19 juillet : Arrivés en Haïti

Enfin arrivés en Haïti – à Hinche – dans le centre – « le seul département où il n’y a pas la mer » nous prévient le père Jacques Volcius au moment du dîner.

Mais avant d’arriver cette table-là, il nous a fallu prendre notre mal en patience. Car si nous étions préparés aux 9 heures d’avion, nous l’étions un peu moins aux 3 heures de voiture. Prendre la voiture là bas c’est tout un art : on klaxonne pour prévenir que l’on va dépasser, pour remercier, se saluer… Le klaxon est un art en soi, aussi complexe et fascinant que le créole, que l’on pense pouvoir comprendre mais qui, pour le moment, reste pour nous un secret impénétrable. Ce périple au cœur d’Haïti nous a néanmoins permis de bien prendre conscience de la pauvreté et chacun de nous a pu voler, malgré les 100 km/h sur des routes douteuses, malgré les slaloms entre les passants, malgré les chèvres et malgré les scooters chargés de l’intégralité de la famille (plus les meubles de la maison), quelques instantanés de ces vies-là.

Arrivés à la paroisse nous avons été accueillis comme des rois par le Père Jacques : c’est-à-dire avec une bière haïtienne bien fraîche, « La Prestige » (dont, je cite, « les américains raffolent »), et le récit de sa paroisse, née de rien du tout, puisqu’il nous raconte qu’il a commencé à prêcher sous un manguier. La pluie commence à tomber, on entend l’orage gronder et l’on est comme des gamins à tendre les mains vers le ciel pour un peu plus de fraîcheur. Au moment de passer à table nous comprenons qu’ici ils ne font pas les choses à moitié pour accueillir les gens : d’innombrables plats sont posés devant nous et nous les dégustons alors que la nuit tombe et qu’il fait 31 degrés.

On nous emmène à Papaye pour que nous y passions la nuit. C’est là que nous allons dormir cette semaine. C’est une sorte d’Emmaüs au milieu des tropiques et à notre plus grande surprise chacun a droit à une chambre individuelle. C’est tout confort et décidément nous n’en revenons pas de cet accueil haïtien.

Comme on dit ici : « mwen pa konprann » –> « je ne comprends pas » (ce qui nous arrive). Reste que nous allons accueillir ces surprises et nous laisser guider !

 

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  1. flach

    Merci pour cette description vivante et éloquente de votre arrivée!
    Nous en attendons d’autres, ainsi que des photos!
    Bon séjour!
    Belle mission!
    Nous nous réjouissons de ce que vous vivez!
    Béatrix flach

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