Mardi 31 juillet. C’est notre dernier jour en terre béninoise et il ne fut pas de tout repos. Après un réveil bien matinal à Takon, nous prenons la route vers Cotonou. Nous avons arpenté tous les dédales des marchés, chacun avec une liste bien précise de souvenirs à rapporter en France. Fruits, pagnes, bijoux, objets artisanaux…nos valises étaient bien pleines ! Nous avons bien sûr mis en avant nos talents de négociateurs car là-bas, il n’y a pas de prix affiché, c’est à la tête du client.

L’heure du départ vers l’aéroport a sonné rapidement. Les adieux, ou plutôt et on l’espère, les « au revoir » ont été très difficiles car en 3 semaines nous avons eu le temps de nous attacher à Marcelin et Alexandrine, nos « parents africains ». Quitter Espéra fut également très compliqué, les larmes sont montées rapidement. Nous nous souviendrons toujours de lui, comme un adorable garçon, très débrouillard et excellent danseur !

Dernière photo avant le départ pour l’aéroport

L’enregistrement des bagages fut étonnamment très, presque trop, facile. Petit conseil : méfiez-vous des pots de confiture à la mangue, cela peut être pris pour des explosifs. En revanche, la voie est libre pour voyager avec un coupe-coupe (machette de jardinage) dans la valise. 8h de vol plus tard, nous posons enfin les pieds en France.

Même si nous sommes heureux de retrouver nos proches, nous ne pouvons oublier cette expérience incroyable que nous venons de vivre tous ensemble. L’hospitalité et la joie des Béninois, leur simplicité et leur sens du partage, les multiples paysages (les collines, le fleuve, les villages, les rues et les maisons en terre…) et visages que nous avons côtoyés resteront pour toujours dans nos mémoires et dans nos cœurs.

 

Cette mission nous a tout d’abord permis d’ouvrir les yeux sur les réalités du monde. Le Bénin est un pays en développement, pas beaucoup de grandes multinationales mais des petits commerces flamboyants. Une population qui vit dans la pauvreté certes (le salaire d’un Béninois tourne autour de 500 000 CFA par jour) mais qui se bat pour s’en sortir. Pour preuve, nous n’avons croisé aucun mendiant dans les rues, tout ceux qui s’y trouvent travaillent dur comme fer pour vendre leurs produits et récoltes. Le travail est synonyme de vie ici et la persévérance prend tout son sens. Nous sommes également marqués par la force de la jeunesse béninoise, désireuse d’apprendre, de progresser, de se construire un avenir meilleur. Face à eux, nous n’avons qu’un seul désir : les aider. Nous prenons aussi conscience de notre chance en France, nous invitant à relativiser et moins nous plaindre.

 

« Mon retour en France a été plus compliqué que l’arrivée en Afrique. J’ai eu une sorte de remise en question et un sentiment de culpabilité de retrouver mon confort et mon mode de vie européen (douche chaude, lit douillet avec couette, bons petits plats…) tout en pensant à tous ceux que nous avons laissés dans leur village et la précarité de leur quotidien. »      Rose-Anne

La découverte de la vie de l’église béninoise a été aussi une vraie source d’enrichissement spirituel. La ferveur des chants qui imprègnent les messes, la  grande dévotion à la Vierge Marie et la foi vivante des Béninois, malgré des églises à peine construites, parfois nous a aidés à prier, comprendre la vérité de Parole de Dieu et vivre l’universalité. Le Bénin est pour nous, Français, un beau modèle de laïcité, de cohabitation et de vivre ensemble entre toutes les religions.

 

Cette mission nous a permis enfin de nous ouvrir aux autres, par l’accueil, le partage, le don de soi et la générosité. Nous n’oublierons jamais les sourires des enfants et leurs milliers de câlins, toutes ces petites mains qui se sont ouvertes pour nous accueillir ou simplement pour nous saluer lors de nos différents trajets. Cette chaleur humaine béninoise continue à nous suivre au-delà des frontières. En effet, lors de nos divers départs, nous ne pouvions échapper à la case « échange de contacts ». Petite appréhension quant au retour en France et nos notifications Facebook et WhatsApp. Cette dernière est justifiée car nombreux sont les « Bonjour », « coucou », « bonne arrivée ? » accompagnés de quelques photos parfois. Cela illustre bien le fait que notre présence n’a pas été transparente.

 

« Cette mission m’a permis de me déconnecter de mon confort, de ma petite personne, de mon téléphone portable… pour me reconnecter à l’essentiel : aimer Dieu et aimer le prochain. Et cela procure une joie inestimable. Se donner, donner et recevoir en retour, plus que ce qu’on aurait espéré. De retour du Bénin, je me sens grandie, humainement, spirituellement et aussi professionnellement. Je suis riche de nouvelles amitiés et de valeurs à fructifier. »        Lucy

 

Pour conclure, un seul mot nous vient à la bouche : MERCI.

MERCI à chacun de vous de nous avoir suivi tout au long de cette magnifique et riche aventure. Mais également remercier nos donateurs qui nous ont permis, grâce à leur générosité, à mener à bien, matériellement, les projets. MERCI à l’association AED et en particulier à Claire et Emmanuelle.

 

Priez pour le Bénin et particulièrement pour le diocèse de Dassa Zoumé, la paroisse du père Ambroise à Soclogbo et l’internat de Takon à Porto Novo qui nous ont accueillis !

L’équipe AED MISSION – Bénin 2019

 

Rédacteurs : Rose-Anne et Lucy