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19 juillet: Pour le meilleur et pour le pire …

Depuis quelques jours nous commençons notre journée par un petit temps de louange vers 8h30.

Puis à 9h nous rejoignons les sœurs pour les Laudes. Elles nous transmettent la spiritualité de leur fondatrice Jeanne Antide Thouret : « Quand Dieu appelle et qu’on l’entend, il donne tout ce qu’il faut ! ». Ensuite, nous lisons un passage de l’Évangile que nous expliquerons ensuite aux enfants. Aujourd’hui, c’était la guérison de l’aveugle de Jéricho, Bartimée.

Il est déjà 9h30 : les enfants nous attendent avec impatience ! Après quelques chants et danses, la catéchèse commence. Pour illustrer le passage,  les grands ont fait une course en chenille, les yeux bandés.

 

Les petits quant à eux ont répondu à la question : « Que veux-tu que Jésus fasse pour toi ? ». Ils ont alors répondu :
« Que les français voyagent en paix ! »
« Que je le voie dans mes rêves ! »…

Les plus jeunes ont découvert le jeu du mikado. La concentration et le calme étaient au rendez-vous ! Nous adaptons les activités pour les enfants qui ont entre 4 et 14 ans. Des chants tirés de notre expérience scoute sont mis à profit : « On pagaie ! On pagaie ! »

L’épreuve commence maintenant ! Dans le groupe, quelques personnes étaient un peu malades ; l’adaptation à la gastronomie libanaise ! Le programme a été modifié pour assurer le bon déroulement de la mission. L’équipe a réussi à prendre en compte les besoins du groupe plutôt que les désirs de chacun.

L’après-midi, une équipe resserrée est allée visiter les familles dont les enfants sont à la colonie. L’accueil a été très chaleureux ! Cependant, il existe de grandes disparités dans les conditions de vie et l’éducation entre les familles. 

En nous baladant dans le quartier, nous sommes surpris par les câbles électriques en contact avec de l’eau, « C’est normal, c’est le Liban » répondent les locaux !!

 

 

Marie & Pierre 

 

18 juillet: Petite escapade Zahliote

À partir d’aujourd’hui nous avons pris la bonne résolution de commencer la journée par une louange !
La journée débuta par l’animation de la colonie. Les plus petits ont fabriqué un lapin en carton et les plus grands ont appris à faire un bracelet brésilien.

Nous avons été à notre Dame de Zahlé et de la Bekaa. Nous avons été en haut d’une tour de 54 mètres de haut surplombée par une statue de la Sainte Vierge, où la vue d’en haut fût splendide !  

Nous sommes ensuite redescendus pour assister à la messe en français de rite byzantin cette fois ! Nous avons ensuite rejoint la communauté Foi et lumière pour la soirée. La soirée s’est déroulée au rythme de chants, danses, et jeux ! Nous nous souviendrons de Joseph, Maroun et Samir pour leur dynamisme. Lors de cette soirée, nous avons célébré la Saint Charbel et la Saint Élie le prophète autour d’un gâteau. La fête était tellement bien qu’on ne voulait plus partir, mais il commençait à se faire tard et nous avions de la route. Heureusement, nous avons continué la soirée dans le bus en chantant, jusqu’à épuiser les sœurs, et Jean !

Charlotte & Adrian

17 juillet: Yalla !

Remis de notre première journée, nous avons attaqué cette deuxième journée avec du Puck (fromage libanais, qui ressemble à du Kiri liquide) au petit-déjeuner. Nous avons retrouvé les enfants, plus dynamiques que la veille (et nous aussi !). Nous leur avons appris Resucito, hymne des JMJ de Madrid et nous avons dansé la macarena (hey macarena ha!). Elle a été choisie comme chorégraphie de la semaine. Après la lecture de l’évangile de la Samaritaine, les enfants ont décoré un puits et fait des coloriages. Nous avons joué au jeu du ninja, beaucoup apprécié par les enfants.

Deux d’entre nous sont restés aider sœur Manar en cuisine.

Nous avons déjeuné avec les sœurs. Fattouche (salade de mâche) et mjadra (plat à base de riz et de lentilles). Malgré son apparence, nous avons beaucoup apprécié le mjadra. Et en dessert, nous avons pu goûter aux fameuses pâtisseries libanaises,  aussi sucrées que délicieuses !

Mjadra

Fattouche et sa cuisinière

Cette journée s’est poursuivie par la visite des familles des enfants qui viennent à la colonie du matin. Nous avons été plongés dans l’intimité et le quotidien de ces familles, ce qui a permis de renforcer les liens avec ces enfants joyeux et souriants. Malgré des logements parfois petits et sales voire insalubres, nous avons été marqués par la joie de vivre et l’espoir communiqués par ces familles. Nous sommes chamboulés à chaque fois que nous entrons dans un foyer car chaque famille a son histoire et sa situation particulières. Nous avons été amenés à porter un autre regard sur le système politique et économique au Liban.

Fatigués par la chaleur et les grandes émotions de la journée, les bras de Morphée nous ont très vite bercés.

Charlotte & Adrian

16 juillet : Ahla ou sahla !

 

Après s’être faits réveiller par le soleil qui a montré le bout de son nez à 6h du matin, il était temps de descendre chez les sœurs pour prendre le petit déjeuner salé : pain pita au fromage ou au thym, concombre et tomate.

Pendant deux semaines, notre mission s’organisera selon l’emploi du temps suivant:

  • Matin : Animation auprès d’enfants dans une colonie
  • Après-midi : visites de familles du quartier de Bourj Hammoud (bidonville de Beyrouth)

Le matin, nous sommes donc partis rencontrer une trentaine d’enfants entre 4 et 12 ans. Nous avons été accueillis par un chant de bienvenue « ahla ou sahla » (traduction : bienvenue) des plus dynamiques. Pendant toute la matinée, nous avons joué, chanté et dansé avec les enfants. Les Libanais sont d’excellents danseurs ! Tia et Natali sont venues nous aider.

Nous sommes ensuite rentrés manger chez les sœurs. Nous n’avons pas été dépaysés puisque le menu du jour était hamburger frites. Nous avons fini par un bon gâteau pour le dessert accompagné du doux son de « Joyeux anniversaire Marie! » Notre vendéenne péchue se souviendra de ses 20 ans au Liban !

L’après-midi était consacré aux visites. Deux groupes ont été formés. Nous avons rencontré des personnes vivant dans des conditions très précaires, mais dont la foi est très riche. À la fin de la journée, les deux groupes se sont retrouvés chez une femme arménienne qui nous a récité le Notre Père dans sa langue maternelle. Nous avons partagé un moment émouvant, notamment lorsqu’elle nous a expliqué qu’elle avait pu profiter de travaux qui lui ont facilité la vie. Elle nous a en effet expliqué qu’elle devait descendre chercher de l’eau dans des seaux trois étages plus bas et les remonter, bien évidemment sans ascenseur. Aujourd’hui, grâce au patronage, elle a de l’eau chez elle et une machine à laver.

Chez l’arménienne Zovinar, Zovik de son petit nom

Le soir, nous avons découvert le rite maronite qui n’est pas si différent du rite latin. L’homélie du prêtre s’est résumée à nous faire venir dans le chœur pour nous entendre chanter le « Je vous salue Marie ». Nous avons goûté notre premier repas libanais, le chawarma. Nous sommes ensuite rentrés faire notre débriefing quotidien et organiser le programme du lendemain.

Église maronite de St Joseph

 

Tabeeh !

Blandine & Anne-Claire

En chemin vers Dassa

En chemin vers Dassa

Après un réveil très matinal, nous voilà tous au terminal 2E.
Pas simple d’enregistrer nos 20 valises.
Après les longues files d’attente à la police puis à la sécurité, nous arrivons juste à temps avant la fin de l’embarquement.

8h d’avion, un stop à Niamey : nous voilà enfin en territoire béninois où nous sommes rapidement plongés dans l’ambiance.
Marcellin nous attendait à la sortie de l’aéroport. Pour charger notre petite fourgonnette, c’est une autre histoire.

Marcellin qui essayant de faire rentrer nos 20 valises sur le toit de la voiture : toute une logistique !

Nous arrivons enfin à l’hôtel CODIAM (très local, sans extravagance) pour notre nuit à Cotonou.
Nous avons arpenté en voiture la folie des routes de la ville pour nous rendre au restaurant tenu par Fortuné. Au menu, spécialités béninoises avec brochettes et poulet avec accompagnements, accompagné par un jus de Baobab.
« Doucement » : maitre mot de ce premier jour.
Exténué par la journée et la chaleur, nous rejoignons avec plaisir notre lit bordé par la moustiquaire. Le doux bruit grinçant du ventilateur nous berce !

Et demain, une longue route nous attend pour rejoindre Dassa.
10 jeunes, Marcellin, sa femme et 3 autre enfants dans la camionnette avec valises sur le toit et différents stops sur le côté de la route dans différents marchés pour les provisions de fruits frais. Nous sommes réellement plongés dans le quotidien.

Après une pause à Bohicon pour le déjeuner nous avons repris la route pour Dassa où nous arrivons en fin d’après midi au centre diocésain, notre lieu de logement.
C’est ici que nous rencontrons le Père Ambroise. Nous avons eu la chance d’assister aux vêpres au sanctuaire marial, avant une visite rapide des lieux et le partage d’une délicieux diner cuisiné par la femme de Marcellin.

Edabo ! (= « au revoir » en Mahi)

 

Rose-anne et Mailys pour l’équipe

Aider les sœurs de la Charité de mère Teresa

C’est à Addis Abeba que va se poursuivre notre mission ! En effet nous avons passé presque 10 jours à aider les sœurs de la Charité de mère Teresa. Elles sont implantées un peu partout en Éthiopie puisqu’on trouve 17 maisons au total dans le pays.

Celle d’Addis est un hôpital où se trouve 1000 patients pour 300 membres du personnel médical et 15 sœurs. Nos missions étaient aussi riches que variées. Le groupe était séparé en 2 avec les filles d’un côté et les garçons de l’autre.

Pour les filles, la journée commençait avec une matinée jeu et école avec les enfants, mais aussi un moment de partage avec les mamans qui pour la plupart venait d’accoucher de petits nourrissons. Nous leur avons appris des comptines françaises et le célèbre « facteur n’est pas passé ». Ils se sont très vite pris au jeu et nous ont aussi appris des comptines locales. Nous ne comprenions pas tout mais chantions avec bonheur. Ensuite, généralement l’une de nous se met aux activités sportives avec ceux qui peuvent courir, l’une s’occupe de l’école et la dernière s’occupe des activités calmes dehors. Les enfants ont entre 2 et 14 ans ce qui ne facilite pas l’uniformité mais enrichit la diversité. L’après-midi nous la consacrons à faire des pansements pour les consultations. Une méthode artisanale qui consiste à prendre une planche de bois, enrouler de la gaze autour, couper à l’aide d’un scalpel et plier les chutes de tissu.

Les garçons commencent leur journée par une séance de kiné. Ils massent et dorlotent des patients. Ils font aussi un peu de pansement. Mais ce qu’ils préfèrent c’est la partie de ping-pong quotidienne avec les tuberculeux. L’occasion de partager un bon moment autour des valeurs du sport. Ils sont aussi toujours présents pour jouer avec les enfants.

On se rend compte du travail des sœurs qui quittent tout et donnent leurs vies pour aider ceux qui en ont besoin et que personne ne veut aider, portées par le message de paix et d’amour que Dieu leur fait. On observe aussi le pouvoir d’attraction que cette communauté possède, car pendant les 10 jours que nous avons passé là-bas nous avons rencontrés des gens de tous pays comme Espagne, Liban, Malte, Etats-Unis. Donner un peu de joie et de chaleur à ces malades nous ravie et donne un sens à notre mission.

Nous quittons l’Éthiopie des souvenirs pleins la tête. Ce fut une expérience incroyable sur le plan humain et spirituel qui, nous l’espérons, nous accompagnera tout au long de notre vie dans nos actions et décisions futures.

Nous tenons à remercier les donateurs de l’AED qui nous ont permis de porter le message du Pape François et du Christ et de partager des moments de foi avec ces peuples que nous avons rencontrés.

On ne se baigne jamais deux fois dans le même Prout ! (fin de mission à Ungheni)

Aujourd’hui Lundi, la pluie prend congé et nous rend le soleil. Cependant, les températures sont désormais plus tolérables. Depuis notre arrivée à Ungheni, le thermomètre montait très régulièrement au-dessus des 40 degrès. Les enfants, absents toute la journée, commencent à arriver en fin d’après-midi. La journée aura été tranquille. Les prêtres polonais repartent dans la journée, ils veulent aller visiter Chisinau avant de rentrer chez eux.

Nous sommes nous-mêmes sur la fin de notre séjour. Finir le clocher est pour nous une priorité. Nous y passons la mâtinée. Le travail le plus ardu est la remontée du cadre, qui s’effectue en deux fois (puisque nous l’avions séparé en deux), et nous pose un certain nombre de problèmes techniques, notamment au moment de le hisser sur le toit. Une fois remontés, nous les revissons au mur, au moyen d’acrobaties majestueuses et aériennes (il nous a quand même fallu 3 échelles!), mais le résultat est au rendez-vous ! Le père Christopher est aux anges. Nous aussi. L’après-midi, nous jouons une dernière fois avec les enfants. Ceux-ci nous préparent une surprise : ils s’enferment pendant deux heures dans une salle paroissiale pour nous dessiner des cartes de vœux pour chaque personne de l’équipe. Sur les cartes, un dessin de la personne, et un adjectif censé la caractériser. Armelle est « la plus intelligent », Isaure « la plus belle ». Amaury, quant à lui, écope d’un « Schh man » dont il n’a toujours pas compris la signification.

Pendant la journée, nous avons remarqué que le père Christopher distribuait des petits cartons aux enfants. Il a décidé d’organiser une sortie à Orhei Vecchi pour eux, le vendredi suivant. Nous trouvons l’attention particulièrement touchante !

Une dernière tomate, un dernier ninja, un dernier zombie (nous préserverons le mystère sur les règles de ce jeu mystérieux), un dernier combat de gladiateurs, et ce sont les adieux. Nous disons au revoir à Sando, Ahina, Paolina, Mihaïna, et tous les autres !

Dernière nuit à Ungheni !

Départ d’Ungheni et retour en France

Aujourd’hui mercredi, jour du départ. Une responsable de Caritas Moldova est censée nous récupérer à 11h. Le temps pour nous de participer une dernière fois à la messe avec le père Christopher, de nettoyer l’étage que nous avons occupé pendant ces dix derniers jours, et de signer le livre d’or de la paroisse. Nos yeux piquent, mais c’est bien évidemment à cause du soleil ! La responsable de Caritas, Andrea (le prénom a été modifié pour cause d’oubli de notre part) nous fait passer quelques cadeaux de la part de Daniela, parmi lesquels une carte de vœux rédigée en français dans laquelle elle dit : « Votre contribution a été considérable. » Nous sommes tous très touchés.

Nous embarquons. Pendant le trajet, Andrea nous propose un détour pour aller visiter le monastère d’Hincu (Manastirea Hincu). Le lieu est réellement magnifique. Du fait d’une grande fête-procession-quelquechosedugenre, l’endroit est bondé et nous ne parvenons pas à rentrer dans l’église principale. Nous y voyons plusieurs religieuses, habillées en noir. Nous ne restons pas longtemps et reprenons la route. Nous parvenons sous les coups de 15h à Chisinau. La ville nous apparaît comme une île au milieu de la trouée que faisait la route entre les arbres. Nous nous arrêtons à Fides, un hôtel tenu par le centre Caritas. Nous posons nos affaires et décidons de visiter la ville. Bus 22 direction le centre-ville (les bus coûtent horriblement cher : 2 lei, soit moins de 10 centimes). Nous nous arrêtons 30 min plus tard près d’une statue de Stefan cel Mare (encore lui!!!). Repas tardif au McDo (où nous avons eu la mauvaise surprise de nous rendre compte qu’ils faisaient payer les sachets de ketchup!), puis nous visitons un petit marché, qui avait la particularité de vendre entre autres des flasques et des toques floquées du marteau et de la faucille !!!

Nous tournons un peu dans la ville, passons devant le ministère de l’Intérieur, le théâtre national de Chisinau, prenons un verre dans un bar français, et finissons par atterrir par hasard devant la cathédrale catholique, consacrée à la divine miséricorde. L’église est fermée, mais le gardien nous ouvre. Nous souvenant, pour les deux d’entre nous qui avaient été à la fête de Ste Anne à Ungheni, qu’on y avait croisé le vicaire de Chisinau qui parlait Français, nous sommes pris de l’envie de le voir. Le gardien ne parle ni Anglais, ni Français, ni Espagnol, ni aucune langue avec laquelle nous aurions pu communiquer, cependant nous parvenons à le faire appeler le prêtre en question (qui a décidé de garder l’anonymat, nous tairons donc son nom. Si, si, c’est vrai ! Il ne s’agit absolument pas d’un oubli de notre part!) qui arrive quelques minutes plus tard. Nous avons au début l’impression de le déranger au vu de son visage fermé, mais il propose néanmoins de nous faire visiter l’église, puis les chapelles, puis la sacristie, puis nous invite à manger, etc.

Il nous raconte son histoire, particulièrement intéressante : il est l’un des seuls prêtres d’origine moldave du pays (ils ne sont que 3, les autres sont des missionnaires), et s’est converti au catholicisme grâce à la France ! Étudiant en Histoire, il s’est passionné pour l’histoire de France, notamment médiévale, ce qui l’a tout naturellement amené à découvrir l’histoire de l’Église catholique, qui l’a tout autant passionné. Ceci, parallèlement à une déception grandissante pour sa religion maternelle, a conduit à sa conversion, le jour de la mort de Jean-Paul II (dont il n’a prit connaissance que le lendemain). Ordonné prêtre depuis 3 ans, il voyage depuis régulièrement en France, dont il a le projet de visiter quasiment toutes les cathédrales !

Il nous parle de son église, l’une des plus vieilles de Moldavie (elle a près de 160 ans), rénovée il y a 10 ans. Il y a 500 paroissiens dans la capitale (soit la moitié des croyants du pays). La deuxième plus grande paroisse du pays est celle de Balti, puis il y en a aussi une dans une petite ville à 20 km de Chisinau dont nous avons oublié le nom et une autre en Transnistrie. Les autres ne comptent pas plus de 5 ou 6 paroissiens. Il y a en tout 20 paroisses en Moldavie.

Il y a chaque dimanche 4 messes à la cathédrale : une en Polonais, une en Russe (la plus populaire : 200 fidèles), une en Roumain, ainsi qu’une messe gréco-catholique en Grec (était-il besoin de le préciser?). Dans la sacristie, il nous montre ses reliques de St Antoine de Padoue et de St Jean-Paul II, ses missels (en 5 langues différentes!), et ses aubes (l’aube réservée au rite gréco-catholique est particulièrement belle!)

Le dîner se fait à la pizzéria du coin. Nous le questionnons sur son rapport à l’orthodoxie (les filles, s’étant faites insultées plus tôt dans la soirée par un prêtre orthodoxe pendant que nous visitions la cathédrale orthodoxe parce que nous étions catholiques, sont particulièrement remontées.)

Après le repas, au cours duquel une violente dispute (gentille) a éclaté entre Quentin et le père, chacun voulant payer l’addition (on n’a pas très bien compris, à un moment le premier a poursuivi le deuxième, qui courrait lui-même après la serveuse pour payer, sur toute la longueur du restaurant) ; nous faisons une pause sur un banc géant, où nous nous enregistrons en train de chanter le « Je vous salue Marie » (le père l’avait entendu en France et l’avait adoré, mais avait du mal à se souvenir de l’air, du coup on s’est dit que comme ça, il ne l’oublierait plus !)

Nous prenons un dernier verre puis rentrons à l’Hôtel en bus. C’est que le départ est prévu tôt le matin, pour prendre l’avion à 9h30 qui nous ramène en France pour 15h30, après une escale à Bucarest. Revenus en France, nous décidons, pour les natifs et/ou résidents de Paris, de faire visiter la capitale à ceux qui n’y sont ni natifs ni résidents. Repas en restaurant pour nous réhabituer à la gastronomie française, et nous nous séparons déchiramment (La tournure de phrase existe parfaitement ! De toute façon, dès lors qu’une chose a été inventée, elle existe. Cette expression existe donc, puisque nous venons de l’inventer. CQFD!), chacun de son côté.

L’aventure se termine. Pour le moment !

Le rayon d’eau et la goutte de soleil

Aujourd’hui vendredi, la journée est marquée par les travaux manuels. Réveil à 7h pour les garçons, qui passent deux heures à réparer et à consolider le panneau du clocher. L’après-midi, c’est le désherbage du parvis de l’église de Sculeni, la deuxième paroisse desservie par le père Christopher, qui nous attend. L’église est toute jeune, ayant été consacrée il y a deux ans. Le père Christopher nous dit avec une pointe de fierté qu’il en est la bâtisseur ; pas à proprement parler, mais tous les prêtres ne peuvent se prévaloir d’avoir lancé la construction de l’église dans laquelle ils célèbrent !

Notre travail est d’arracher les touffes d’herbes, parfois très hautes, qui ont poussé entre les dalles. Pendant que nous effectuons cette tâche, le père Christopher célèbre la messe pour trois paroissiens qu’il est lui-même allé chercher chez eux en voiture. Pour nous remercier de notre travail, il fait en nous ramenant un petit détour au supermarché pour nous ramener du Cvas, une boisson locale (sans alcool!) faite à partir de pain et de miel. Le goût est assez semblable à celui du cidre brut.

Le soir, il est prévu que des amis du père Christopher viennent de Pologne. Nous les apercevons rapidement le soir alors qu’ils viennent d’arriver. Malgré leur air de supporter de foot, ayant passé la journée en voiture, nous nous rendons compte le lendemain matin à la messe qu’ils sont tous les 3 (puisqu’ils étaient 3) prêtres, amis de séminaire de Christopher. Il y a presque autant de prêtres autour de l’autel que de fidèles dans l’assemblée !

La journée, nous allons à la rivière qui marque la séparation entre la Moldavie et la Roumanie et qui porte le doux nom de « Prout » (Alerte : ceci n’est pas une blague!) Nous faisons le trajet avec Benoni, un jeune orthodoxe mais qui fait régulièrement enfant de choeur pour Christopher. Nous y passons la journée et pic-niquons sur place. Anecdote intéressante : les gens ont le droit de se baigner dans le Prout, mais ils ont interdiction de le traverser, ce qui reviendrait à passer la frontière illégalement. Autant dire que là-bas, il est interdit de faire des longueurs ! Le maitre-nageur veille au grain. Animés d’un esprit de contradiction proprement national, nous parvenons néanmoins à toucher du doigt la terre roumaine en menant une expédition-éclair, sans trop nous faire tancer au retour. Mais le résultat vaut le risque : nous avons touché la Roumanie !!

Le samedi soir, nous mangeons tous ensemble. Le père Christopher a sorti le Barbecue. Ensemble, nous partageons nos souvenirs des JMJ, nous parlons de la Pologne, de l’Eglise en France (qui fait piètre figure face au dynamisme polonais, où 92% de la population est catholique !), et de l’orthodoxie. De manière générale, nous avons remarqué que les prêtres catholiques de Moldavie étaient très sceptiques vis-à-vis de l’orthodoxie, dont ils critiquent la foi mâtinée de superstition et d’esprit commercial (là-bas, tout se paye: les messes, les sacrements, il y a systématiquement une boutique d’articles religieux dans le nartex des églises orthodoxe).

Nous retournons au Prout le lendemain, mais la pluie raccourcit notre périple. Ladite pluie viendra visiter Ungheni jusqu’à Lundi après-midi, contrastant avec les chaleurs étouffantes des journées précédantes (c’est pas comme ça qu’on nous avait vendu les pays de l’Est !!!) nous forçant à une journée de repos.

Début de semaine à Ungheni

La journée du mardi est très chaude (ce ne sera pas la dernière), aussi la plupart des enfants préfèrent rester chez eux. C’est donc avec un effectif réduit que nous commençons la journée. Nous nous sommes rapidement mis d’accord sur un programme journalier bien défini : messe tous les matins à 9h avec le père Christopher (célébrée en latin mais sous la forme ordinaire du rite romain), puis petit-déjeuner, nous passons la mâtinée à lire (une émulation de groupe s’est formée autour des livres de Simone Weil que Quentin a ramené de France), jouer aux cartes, à faire les courses au marché ou au supermarché, à visiter la ville, à faire le ménage et à mener les affaires courantes de la vie en communauté ; nous déjeuner vers 13h avec le père Christopher, puis nous sortons pour nous occuper des enfants pendant toute l’après-midi, jusqu’à 19h ou 20h, en nous relayant pour les petites pauses de l’après-midi et la préparation du dîner, que nous prenons aussi avec le père Christopher. Nous passons la soirée ensemble, à visiter Ungheni ou à rester faire des activités entre nous.

Nous profitons des temps de repas pour questionner le père Chistopher sur la situation à Ungheni. Il y a 11 catholiques sur les deux paroisses d’Ungheni et de Sculeni, dont il a la charge. Lors de la construction de l’église d’Ungheni, il y a 10 ans, ils étaient 20, mais les vieux ont passé et les jeunes sont partis, comme dans toute la Moldavie (25 % d’expatriés). Il y a une carte de la Moldavie accrochée dans le salon, il en profite pour nous dresser l’état de la communauté catholique dans le pays : il y a 4 catholiques à Comrat, 3 à Goldeni, 2 familles à Rezina, etc. La plupart d’entre eux n’ont pas de prêtres à proximité et vivent leur foi dans un milieu exclusivement orthodoxe.

Nous lui demandons pourquoi il a voulu être missionnaire : il nous parle de son appétence initiale pour les sociétés tribales (il a été auparavant en Tanzanie et au Kenya) mais dont il s’était rendu compte que ce n’était pas fait pour lui, de son goût pour les langues (il parle Allemand, Polonais, Russe, Roumain, Espagnol, Italien et a de très bonnes notions en Ukrainien, en Slovaque et en Anglais), et de son désir pauvrement (il critique par exemple le fait que les prêtres polonais soient très bien rémunérés). Nous lui demandons quels sont ses activités et son emploi du temps à Ungheni : il nous répond avec une pointe de pessimisme qu’ il le passe à payer les factures, à nettoyer et à demander à son évêque pourquoi il est là. Comme beaucoup de missionnaires, il se pose la question de la pérennité de son action et de sa paroisse.

Côté travaux physiques, le service est de taille : le clocher de l’église est doté sur les quatres côtés de grands panneaux formés de baguettes de bois de forme rectangulaire positionnées de biais comme dans les stores d’intérieur et montées sur un cadre en bois à base rectangulaire surmonté d’un autre cadre triangulaire. Le problème, c’est que sur la partie la plus visible, le cadre s’est relâché et les baguettes sont tombés, laissant voir un trou béant qui heurte le regard. Aussi, le père nous a demandés (en particulier aux garçons) de l’aider à réparer le panneau. Nous commençons le travail mercredi, où nous passons l’après-midi à dévisser le panneau, puis (après moult réflexion et essais malencontreux)) à le laisser glisser le long du toit de l’église jusqu’au sol, attaché à une corde, pour pouvoir le retaper sans avoir les pieds dans le vide. Nous devons le repeindre et le réassembler, cependant pour ce faire, le père doit passer acheter le matériel, nous remettons donc la séance à plus tard. De plus, aujourd’hui, c’est la Saint Elie, et pour les orthodoxes, le travail manuel est prohibé pour la journée, aussi le père préfère ne pas trop attirer l’attention. Ce n’est que partie remise !

(Photo: Les panneaux de bois désolidarisés (ils étaient auparavant vissés entre eux) après avoir repositionné et recollé la plupart des baguettes de bois (le trou faisait auparavant l’équivalent de la moitié du panneaux rectangulaire)

(Photo: Le clocher de l’église, une fois le panneau de bois enlevé)

(Photo: l’intérieur du clocher)

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