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 31 juillet : l’heure du bilan

Après trois semaines au Bénin, nous ne revenons pas en France tels que nous en sommes partis. La culture africaine, sa joie de vivre, sa simplicité, sa débrouillardise, sa foi vivante au quotidien, les échanges avec les enfants et les jeunes, ainsi qu’avec tous les prêtres qui nous ont accompagnés… resteront gravés dans nos mémoires et changeront notre manière de vivre une fois de retour.

Le Bénin est un pays en pleine croissance, avec tout ce que cela comporte comme disparités. Les familles sont encore nombreuses, les gens débrouillards ; les nouvelles technologies arrivent très vite : la téléphonie mobile s’impose alors que les lignes fixes sont inexistantes, le paiement par mobile prime sur les CB. Cependant, cet essor est plutôt extérieur au pays, qui manque de dynamisme entrepreneurial et ne le soutient pas. Difficile dans ces conditions de parvenir à créer sa boite ou même une chaîne de magasins. Pas de grandes enseignes ici (ni H&M ni McDo), mais de petits commerces plus chaleureux, bien que peu florissants. Toutefois, les jeunes que nous avons rencontrés sont plein d’espoir : ils envisagent chacun des métiers ambitieux et sont prêts à y mettre les moyens. Par ailleurs, une réelle solidarité existe entre membres d’une même famille (au sens large), communauté ou de même quartier. Ces valeurs-là sont de réelles bouffées d’oxygène face à l’individualisme sur lequel se replie l’Europe.

Les prêtres osent aussi exhorter les fidèles à vivre réellement la charité, et sont très actifs auprès des jeunes. En soutane blanche ou en bumba coloré, ils sont proches de leurs paroissiens et les impliquent pour nettoyer les églises ou faire des créneaux d’adoration.

Nous avons eu une amusante discussion avec le responsable du séminaire, qui s’étonnait qu’aucun d’entre nous ne soit encore fiancé ou parent… à nous de remettre en question aussi la tendance française à minimiser et retarder l’accueil d’enfants, pour des raisons financières qui n’ont pas tout le temps lieu d’être. D’un autre côté, le Bénin nous a aussi faits réfléchir sur l’identité française ; quelques jeunes se demandaient avec ironie si la France fut elle-même une colonie… à nous de répondre que la tribu des Francs venait d’outre-Rhin et que nos routes viennent des Romains. Avec l’imminence de la fête nationale d’indépendance, le 1er août, les rues se pavoisent du drapeau vert, jaune et rouge béninois.

 

Victoire, 24 ans, consultante en industrie

Les Béninois qui travaillaient sur le chantier avec nous étaient impressionnants : de tout âge, garçons comme filles, chacun faisait sa part de travail dans une réelle harmonie. Bien sûr, on est loin de l’efficacité toute mécanique d’une ligne de production, mais la spontanéité et la liberté de chacun permettent aussi à la charité de réellement s’exercer.

 

Agathe, 22 ans, étudiante en dernière année d’orthophonie

Cette mission m’a fait avant tout découvrir l’universalité de notre Église. Les moments d’échange et de partage ont été très riches, humainement, spirituellement et même professionnellement. L’évêque m’a en effet chargée de voir un jeune séminariste afin de l’accompagner dans son bégaiement.
En tout cas, je rapporterai en France leur joie de vivre : ils ne se plaignent jamais ici et ça fait un bien fou au moral. Le Bénin, il faut le vivre pour le connaître : ce genre de mission ouvre les cœurs et permet de porter un regard nouveau sur le monde qui nous entoure !

 

Clément, 21 ans, étudiant en L2 de sciences politiques

J’étais heureux de découvrir un pays d’Afrique subsaharienne, et marqué par la gentillesse et le sourire de chaque personne rencontrée. Cela me permet de porter un regard différent sur des pays dont la culture peut sembler trop loin de nous. Au contact des enfants, on comprend l’universalité du besoin de jouer et d’apprendre.

 

Louis, 20 ans, 3ème année d’école d’ingénieur

Les Béninois sont chaleureux, toujours prêts à bavarder autour d’une bière : la béninoise « en bouteille, pas en pagne » étant un excellent accompagnement. J’ai la joie de rester 3 semaines supplémentaires au Bénin, en partenariat avec l’association ABED.

Flavie, 18 ans, étudiante en L2 de philosophie

Les Béninois sont héritiers de traditions et mœurs très divers, entre le vaudoun, le catholicisme, la prévalence de la famille. Certaines coutumes sont très belles, mais d’autres comme la polygamie sont difficiles à comprendre à nos yeux. Heureusement, l’esprit critique des jeunes (mais aussi l’influence de l’Occident et des USA) leur permet de porter un regard nouveau sur ces sujets.

 

Oriane, 18 ans, étudiante en L2 d’économie

Le Bénin est un pays en changement, et les jeunes ont un rôle particulier à y jouer. Les religions y cohabitent harmonieusement, un modèles que notre « laïcité à la française » peine à trouver.

Stanislas, 18 ans, lycéen

J’ai été marqué par la solidarité des Béninois et leur sens de l’accueil. Le problème d’un seul devient l’affaire de tous et se résout toujours. Comme le disait souvent le père Romuald : « il n’y a pas de problèmes, il n’y a que des solutions« . Et en effet, nous voyons la Providence à l’œuvre au quotidien.

 

Merci en tous cas à nos amis et parents de leur soutien, et de leur lecture de ce blog. Nous avons hâte de vous raconter tout cela de vive voix !

30 juillet : nos derniers jours

Dimanche soir repartaient les jeunes du diocèse de Parakou venus passer quelques jours à Ouidah. Nous avons fait la fête avec eux, à la mode béninoise, et découvert le concept de la « performance » : interpréter, en play-back, une chanson à plein volume pendant que d’autres vont chercher des cavaliers et dansent sur scène. C’est ainsi que les jeunes béninois se trémoussaient sur du Maître Gims ou Reseaunet deu niska. Nous avons ensuite interprété « J’irai où tu iras » puis « Quand la musique est bonne » en dansant le rock (et la macarena), histoire de faire bonne figure et de montrer que les Français ont aussi leur danses 😉

Après cette mémorable soirée, la journée de lundi fut tranquille, nous avons pu nous promener dans la ville de Ouidah. Alors que certains allaient au temple des pythons, d’autres visitaient la caserne des pompiers. L’occasion de découvrir encore d’autres facettes du pays.

Le temple des pythons consiste en une enceinte au cœur de la ville, en face de la Basilique, dans laquelle évoluent une cinquantaine de pythons. Animaux à sang froid, au métabolisme lent, ils sont lâchés en liberté tous les mois pour qu’ils aillent chasser en ville ; ils reviennent le lendemain, repus, pour digérer leurs proies.

Les visiteurs peuvent alors « jouer » avec eux, sans risque de strangulation.

Trois d’entre nous, peu convaincus par les reptiles, sommes allés nous promener dans la ville ; le chef de la caserne, que nous avions déjà croisé un peu plus tôt, nous a invités dans son bureau pour échanger ; l’occasion de découvrir que les pompiers sont tous militaires au Bénin, au nombre de 1200, malheureusement peu équipés. Toutefois ils ont un véritable esprit de corps et la même devise qu’en France : sauver ou périr.

Photo souvenir avec le Sergent-Chef Gildas Adanmado

Et nous voilà déjà en train de faire nos valises…

Samedi 28 juillet : retour à la plage

L’été au Bénin, les diocèses organisent des échanges inter-paroissiaux pour les jeunes. C’est à cette occasion que 37 jeunes de Parakou, du lycéen au jeune pro, sont aussi en visite à Ouidah. Nous avons donc pu passer la journée de samedi avec eux, sur la plage dite « du non-retour » ; c’est en effet d’ici que partaient les bateaux d’esclaves, et un mémorial a été construit en hommage aux disparus.

La porte du non-retour

Nous nous sommes abrités sous une paillotte en palmes tressées pour écouter le père Rodrigue nous faire une causerie (sic) sur le danger des sectes, notamment ésotériques. Le syncrétisme reste très prégnant au Bénin, il n’est pas rare de voir des communautés mélanger vaudoun et chrétienté ; mais par ailleurs, de nombreux groupements tels le Rotary ou les francs-maçons essayent aussi de recruter des ecclésiastiques par des dons généreux. Le sous-emploi étant fort, la tentation est d’autant plus grande d’adhérer à ces groupes pour bénéficier de leur réseau.

La conférence fut suivie d’une messe en plein air, avec vue sur la mer et les énormes rouleaux de vagues.

Enfin, nous nous sommes baignés avec joie, dans une mer toutefois sableuse et violente. Les béninois préféraient rester sur le bord et nous photographier que nager avec nous, car la plupart ne savent pas nager ni ne possèdent des maillots de bain. Pourtant, au fur et à mesure de la journée, de plus en plus venaient avec nous dans l’eau pour se familiariser avec les vagues.

Nous sommes revenus en moto, pour la plupart rouges de soleil mais heureux de cette journée de détente et de fraternité avec les jeunes de Parakou, avides de parler de France ou de leur pays avec nous !

La ZEM à 3 sans casque sur des routes de terre, toujours une aventure !

Vendredi 27 juillet : remontée du fleuve Mono

Aujourd’hui c’est détente : nous partons dans l’embouchure du fleuve Grand Popo pour découvrir la beauté du Bénin. Vivaldi, béninoise, n’en revenait pas du dépaysement : on se serait cru à Hawaï selon elle. Comme quoi, ce pays est plein de surprises !

Les explorateurs débarquent

L’embouchure du fleuve n’est pas qu’un lieu paradisiaque : c’est aussi un des berceaux du Vaudoun (ici on y met un ‘n’ final), qui a connu un renouveau depuis que l’ancien président, revenu d’Europe en 1992 sans avoir pu être guéri par les médecins, fut soigné par un féticheur.

Notre guide nous conte alors l’histoire du village où folklore et superstitions se mêlent à nos yeux, mais sont véridiques pour les habitants. Des divinités protègent le village, notamment des individus mal intentionnés.

Une des divinités du village

Elles peuvent aussi exaucer certaines demandes (sentimentales, d’enfant…) et le cas échéant sont remerciées de nourriture offerte ; sous les conseils du charlatan (mot non connoté négativement), les offrandes sont choisies pour former un festin auquel tous participent.

Nous avons même pu aller dans l’habitation du chef du village, puissant féticheur, boire de l’alcool de palme issu d’une bouteille un peu louche, suivi de lait de coco bu à même la noix.

De l’eau de coco pour faire passer le goût du Sodabi (alcool de palme)

L’embouchure du fleuve est des plus spectaculaires : d’un coté des eaux un peu grises, venues du Togo ; de l’autre une mer pleine de rouleaux et de crabes. La mince langue de sable qui sépare les deux s’amenuise d’ailleurs régulièrement, malgré les effort municipaux de consolidation.

Nous découvrons aussi la mangrove, où les racines plongent dans l’eau ; cela donne un bois très résistant, ensuite utilisé pour les constructions sur pilotis.

 

 

 

 

L’embouchure du fleuve : les vagues se croisent : le Mono à gauche, l’océan à droite.

Un faux désert

Devant l’océan

En bref, une belle journée, qui s’est finie par une animation de danses locales à la cathédrale. Des enfants et adultes, déguisés de terrifiants masques, dansaient sur scène et dans la foule, sous les regards terrifiés des enfants et moqueurs des plus grands.

22 juillet – entreprendre au Bénin

Le Bénin, pays démographiquement jeune, se caractérise par une statistique inquiétante : plus de 70 % des habitants sont sous-employés. C’est pour remédier à ce manque d’ambition que Max et Prosper, deux jeunes adultes du diocèse de Dassa, ont décidé d’inciter leur génération à l’entreprenariat, sous le regard de Dieu.

Dernière photo avec le père Romuald

Nous avons pu assister à une présentation dimanche après la messe. Elle commençait par un constat sans appel : les Béninois, et en particulier les catholiques, préfèrent l’inconfort (d’un maigre revenu) à l’incertitude (de créer leur entreprise).

La Bible ne regorge-t-elle pas d’exemples d’entrepreneurs ? Rien que Abram et Sarai, à qui le Seigneur demande de quitter leur terre ancestrale, de partir s’installer en Terre Promise sans rien et même de changer de nom ? Plus tard, ce sera Joseph, abandonné par ses frères, qui se fera un nom auprès de Pharaon et l’aidera à administrer sagement ses réserves de blé. Jacob aussi, quittant son père avec quelques rares têtes de bétail, parviendra à les faire fructifier. Un autre Joseph devra aussi assurer le gîte et le couvert à Marie et Jésus, alors même qu’il doit fuir en Égypte, loin de son atelier et de ses outils. N’oublions pas les apôtres, partant sans même une tunique de rechange pour évangéliser les 4 coins du monde. A chaque fois, c’est uniquement parce qu’ils ont cru, qu’ils ont pu se sortir de situations a priori impossibles… D’ailleurs, Dieu étant le premier entrepreneur, et nous ayant créés à son image, il a mis en chacun le désir de laisser une trace, de marquer le monde. Une idée d’entreprise mérite autant de confiance et de détermination, tant qu’elle ne nous empêche pas de vivre notre foi évidemment.

D’ailleurs, poursuit Max, écoutons Jésus lui-même nous parler : le trésor dans le champ, la perle de grande valeur, ne valent-ils pas qu’on leur sacrifie tout ? Quant à celui qui refuse de faire fructifier son talent, ne lui sera-t-il pas repris ?

C’est ensuite à la Genèse 1, 28 de nous fournir un business plan en 5 étapes, sur une judicieuse interprétation de Rustique :

Dieu les bénit, et Dieu leur dit: Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre, et l’assujettissez; et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tout animal qui se meut sur la terre

Pour un produit, c’est le même combat : avoir un prototype intéressant, facile à industrialiser, à diffuser partout, et dont la renommée s’étendra.

Le Bénin est un pays à fort potentiel, pas tant pour ses ressources naturelles que pour le dynamisme de sa population. Les jeunes que nous avons rencontrés ont chacun une vision claire de leur futur, que ce soit dans la médecine, les travaux manuels ou l’agronomie.

Nous avons passé beaucoup de temps avec Vivaldi, une Béninoise de 27 ans passionnée de loisirs créatifs. Elle crée ou customise sacs, chemisiers, sandales et bijoux et vend ses créations entre particuliers.

Pourquoi ne se lancerait-elle pas aussi dans la création d’une structure d’entreprise ? Et bien nous arrivons malheureusement aux limites économiques du sujet. D’une part, les Béninois sont assez réticents à acheter ‘local’ ; ils préfèrent les produits d’importation lointaine ou frontalière. En plus de cela, un entrepreneur est assujetti à une taxe proportionnelle à son chiffre d’affaire (son volume de ventes) et non à son résultat net (revenus – coûts) ; en cas de forts investissements, on peut se retrouver dans l’incapacité de régler cette taxe… Heureusement, les mentalités sont en train de changer et nous espérons que l’entrepreneuriat va se développer.

26 juillet – quelques jours à Ouidah

Nous sommes partis mardi pour ce qui va constituer le dernier tiers de notre mission : une semaine dans la ville de Ouidah, située au sud-ouest du Bénin, au bord de la mer.

La basilique

Nous logeons au grand séminaire Saint Gall. Grand, parce qu’il accueille les séminaristes qui sont en cycle théologique (4 ans), après avoir fait une année de discernement au petit séminaire et trois ans de philosophie (car ce cycle doit commencer 2 ans après le bac). C’est un des trois grands séminaires du Bénin.

Saint Gall est représenté par une statue où il s’adresse à un ours blanc.

Saint Gall

Matin et soir, nous prenons les repas dans la grande salle à manger du séminaire ; il est vaste mais désert car les séminaristes sont disséminés dans tout le pays pendant l’été, pour renforcer les paroisses. Nous retrouvons avec plaisir pain et beurre (salé !) le matin, et frites le soir 😊

Dans la ville, magasins et mobilier sont très souvent porteurs de messages religieux, ça change de chez nous !

Dieu existe

Miracle et grâce

 

En journée, diverses activités s’enchaînent : opération de salubrité sur la plage, tournoi de foot, visite auprès des personnes aveugles.

Le centre pour aveugles

Dans le centre pour jeunes aveugles, une soixantaine de jeunes, du primaire au lycée, sont pris en charge durant l’année scolaire. Si les cours de primaire sont adaptés, ils sont ensuite capables de se rendre au collège normal, aidés par des personnes qui transcrivent le français en braille et inversement. En parallèle, ils apprennent les travaux manuels : tissage de raphia ou de perles, petite menuiserie, et sont donc rapidement autonomes et indépendants.

La « salubrité » s’effectue en partenariat avec l’association ABED, Association Béninoise à l’Éveil et au Développement. Munis de sacs poubelles et de gants, les volontaires français et béninois (moitié-moitié) ratissent la plage de ses déchets : bouchons de bouteilles, plastiques, opercules de bière. Cela nous amène aussi à constater l’absence de poubelles ‘officielles’ sur la plage : difficile dans ces conditions de la maintenir propre…

Bien que les emballages soient biodégradables, ils sont laissés sur la plage

Le tournoi de foot oppose des équipes mixtes, sous arbitrage du père Robert Wanou. Les jeunes béninois sont à fond, que ce soit sur le terrain en tenue complète (maillots, protège-tibias, crampons) ou en-dehors, pour soutenir les joueurs et crier à la faute !

Avec les plus jeunes, nous retrouvons l’ambiance de Nadota : organiser des jeux faciles à expliquer ; même si les règles diffèrent parfois entre les pays. En particulier, le cache-cache se transforme le plus souvent en une chasse à l’homme !

Le soir, nous reprenons les motos pour aller assister à des concerts devant la grotte de style Lourdes : chants en français et en fon s’enchaînent, les enfants se trémoussent et nous finissons par tous monter danser sur l’estrade, sous les applaudissements bienveillants du public.

22 juillet : ce n’est qu’un au-revoir

Après près de deux semaines passées dans la paroisse de Nadota, après des heures de foot, balle au prisonnier, relais, une cinquantaine de m3 de remblai déplacée, une dizaine d’ampoules, quelques coups de soleil… il est temps de partir vers Ouidah.

Souvenirs de chantier : la Samaritaine

Les vaillantes porteuses de gravats : Agathe, Christine, Oriane, Flavie

 

Mais pas avant que les responsables du CPP, le Conseil Paroissial et Pastoral, ne nous aient remerciés en bonne et due forme ! C’est ainsi que nous avons eu droit, à 16h dimanche, à une cérémonie haute en couleurs : chants, danses, chorégraphies, et remise de cadeaux à chacun d’entre nous. Quel honneur, après seulement une douzaine de jours 🙂

 

 

Flavie ravie de son cadeau

Le lendemain lundi, nous sommes même graciés de chantier car les enfants viennent le matin ; à 11h, ils nous ont préparé un petit spectacle, entrecoupé de danses et d’un JT plus que réaliste retraçant les grandes étapes de notre semaine.

19 juillet : pèlerinage à Dassa, le Lourdes d’Afrique centrale

Nous sommes en février 1954 : le sanctuaire de Lourdes s’apprête à célébrer les 100 ans de la proclamation du dogme de l’Immaculée Conception.

En Afrique, le seul évêque du Bénin décide, puisque les fidèles n’ont pas les moyens de se rendre en France, de créer son propre sanctuaire marial, inspiré de Lourdes. Le curé cherche et trouve une grotte située aux abords d’une des voies de passage les plus fréquentées. C’est ici que naîtra le sanctuaire de Notre-Dame d’Arigbo, où se pressent depuis 70 ans des milliers de fidèles venus de toute la région.

Mais revenons à notre journée : à 7h, nous montons dans le minibus avec quelques enfants ; les autres sont dans le bus diocésain, et quelques organisateurs montent en voiture : le convoi se prépare à franchir les quelques 80 km qui le séparent du sanctuaire.

Soudain, notre minibus s’arrête : il faut attendre le car qui a eu un problème de moteur… un mécanicien est sur le coup.

Le coupable…

Nous faisons une pause sur une petite place, pour nous dégourdir les jambes. Tout d’un coup, une nuée d’enfants venus d’on ne sait où viennent jouer avec nous.

Contes, jeux, et nous repartons enfin, pour arriver avec trois heures de retard au sanctuaire ; il est 13h et nous mourrons de faim… mais la messe d’abord !

La croix à l’entrée du sanctuaire

Dans un recueillement remarquable, les enfants assistent à la messe. Tous ont mis leurs habits du dimanche : robes bariolées, chaussures fermées, bumbas aux motifs religieux…

Puis nous allons déjeuner de sandwiches et de bissap, boisson obtenue à partir de feuilles broyées. Quelques vendeurs ambulants nous proposent des épis de maïs à la vapeur, délicieux.

L’église, construite à côté de la grotte

Le recteur du lieu nous fait ensuite en rapide historique du sanctuaire, et nous cite quelques grâces reçues par les pèlerins : grossesse tardive, guérison physique ou morale, … Même à 4500 km de Lourdes, Notre-Dame veille sur ses enfants !

Aux pieds de la Vierge, un morceau du rocher de Massabielle offert par le diocèse de Lourdes

18 juillet : une journée-type, à la grâce de Dieu

On le répète souvent : en Afrique, le rythme de vie est différent, bien plus détendu… quel contraste avec notre vie de français pressés, stressés. Voici un aperçu d’une de nos journées-type, qui ne se déroulent pas souvent comme prévu, mais qui finissent toujours bien.

Le matin, nous nous levons vers 7h20, pour aller petit-déjeuner. Rituel du matin : la tisane d’Artemisia, une plante (très très) amère que l’on fait infuser 15mn et qui nous préserve du paludisme. Du pain, du beurre (doux !) et des omelettes pour prendre des forces.

A 8h, les ZEM arrivent pour nous emmener à la paroisse. En pratique, elles sont souvent plus en avance que nous mais il en manque toujours une… Nous finissons par nous installer et traversons de grandes avenues bordées de petites échoppes et magasins pour arriver au rond-point central de Bohicon et bifurquer vers la paroisse.

Les maçons professionnels sont déjà sur le chantier, qui avance sous nos yeux ébahis : les colonnes de soutènement, la charpente en bois, le toit en tôles.

Nous faisons une prière tous ensemble : français, béninois, autour du père Romuald. Elle se termine invariablement par des « Saint Joseph, nous comptons sur toi » et « Esprit-Saint, éclaire-nous ». Puis Prosper, chef de chantier, nous briefe sur le déroulé de la journée, avec des plannings toujours très optimistes : « 45 minutes de remblai puis une heure de pause foot, puis nous reprenons l’aménagement du chantier ».

Tout le monde se met au travail, les petits portant des seaux de remblai, les grands remplissant des brouettes. Tout le monde fait de son mieux. Depuis le début du chantier, nous avons été rejoints par de plus en plus de petites mains, car les enfants sont en vacances.

Les pauses sont animées : certains partent jouer au foot, d’autres écoutent des histoires. Les béninois sont friands de contes, qu’ils soient locaux ou internationaux. Nous avons apporté quelques livres, mais après les avoir tous lus 3 fois, nous commençons à raconter les Disneys dont nous nous souvenons. Choc culturel, il faut parfois préciser ce qu’est un loup ou une fée 😉

PHOTO CONTES

Nous déjeunons vers 12h30, après une douche bien méritée. C’est le grand luxe : nous sommes servis à table par Hubert, jeune cuisinier togolais orphelin qui fait à la fois office de cuisinier et de maître d’hôtel. Chaque repas est l’occasion de découvrir les spécialités locales : salade de papaye rapée, maïs broyé et concassé en pâte d’Akassa ou en Foufou, igniame pilé, hablo (galettes de riz), poisson grillé, poulet bicyclette, et mangues, pommes cannelle ou canne à sucre (à mâcher pour en extraire le délicieux jus) en dessert.

Une petite sieste, soit sur des nattes dehors soit dans la fraîcheur de la maison, et nous démarrons les activités de 3J : Jeux, joie, Jésus dans mon cœur. Une chanson regroupe tous les enfants, puis une prière ; ensuite, ils se séparent en trois groupes que Français et Béninois prennent en charge pendant deux heures, sur des thèmes variés : santé, sport, culture, géographie… divers thèmes servent de fil rouge aux activités ludiques. Suivant les tranches d’âges, nous sommes plus ou moins compris par les enfants ; heureusement que nous avons des binômes pour traduire en fon !

En parallèle, certains s’activent en « cuisine » pour préparer le goûter : parfois de simples biscuits à distribuer, mais parfois une préparation plus élaborée à base d’Akassa et de coulis tomates-oignons-poisson. Les enfants peuvent ainsi repartir le ventre plein, tandis que nous faisons la vaisselle.

Comme un petit air de camp d’été

Enfin, un débriefing nécessaire avec tous les organisateurs permet de faire un retour d’expérience et de planifier les activités du lendemain. Évidemment, rien ne sert de trop planifier : comme le dit si bien Élysée, « quand on improvise, c’est qu’on a des provisions » 😉 Nous retrouvons tous les jeux de notre éventuel passé scout : tomate, béret, balle au prisonnier, épervier, « le facteur n’est pas passé », tic-tac-boum, poisson-pêcheur… Les enfants sont de plus en plus affectueux avec nous, sautant dans nos bras ou se battant pour nous donner la main.

Nous dînons ensuite tôt, en compagnie du père, et rentrons en ZEM à la nuit tombante. L’occasion de quelques frissons lorsque nous frôlons d’autres motos ou que nous roulons à gauche.

Nous terminons la journée par quelques parties de Uno ou Président et nous allons nous coucher. Par chance, les moustiques se font rares et la chaleur tombe vite. Bref, des journées bien remplies, jamais comme prévu, mais toujours riches en découvertes et en joies.

17 juillet : aime-les, le Seigneur fera le reste

Quelques photos qui parviendront, nous l’espérons, à vous transmettre la joie de vivre que nous rencontrons tous les jours…

Clément en ZEM avec le petit Christer

 

Espéra, débrouillard et si affectueux ; avec Agathe

Vivaldi, Flavie et leur fan-club

Lucette a adopté Clément

Christer en tenue de foot, avec son coach Louis

l’heure du conte, avec Agathe

Victoire en goal de l’équipe béninoise, avec ses vaillants défenseurs, Miracle et Espéra

 

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