Catégorie : Bénin 2019 (Page 1 sur 2)

Boucler la boucle

Pourquoi se bousculer ? D’ailleurs comme disent les Béninois « les Français ont l’heure, nous on a le temps ».

Il n’est jamais trop tard pour vous présenter les derniers membres de l’équipe.

ELISE : j’ai 27 ans et je vis à Genève avec mon mari, Quentin. Dans la vie j’aime beaucoup les sports de montagne et aussi chanter. Et mon métier me passionne ! Je suis pédiatre et aimerais me spécialiser dans les maladies tropicales et l’urgence humanitaire, un projet de métier et de vie qui me tient à cœur depuis plus de 20 ans maintenant. Pendant ce service j’aurai donc la casquette de pédiatre, et j’espère pouvoir participer à la prise en charge médicale des enfants de Soclogbo et Takon pendant ces 3 semaines. Je me réjouis des moments de partage que nous allons vivre là-bas !

 

QUENTIN : d’origine de Boulogne-sur-Mer, j’ai grandi en Suisse et en région parisienne. A 28 ans, je vis à Genève avec mon épouse, Elise, également présente dans la mission, et je travaille dans un cabinet de conseil en stratégie. C’est ma première expérience en terre africaine, je m’en réjouis donc beaucoup. Deux motivations nous ont poussées avec Elise à entreprendre ce voyage : aider et « avoir de nouveaux yeux », comme le soulignait Marcel en son temps. Cette expérience promet d’être bien différente de mes précédents voyages humains et humanitaires en Amérique du Sud et en Asie centrale ! Du coté des passions, tout ce qui tourne autour de la montagne me plait en général beaucoup : ski de fond, course à pied, vélo, alpinisme, randonnée, randonnée à ski…

 

STANISLAS : j’ai 20 ans et je fais des études en Génie Industriel. Je suis un grand passionné d’aventure et j’ai le goût du challenge ! C’est ma première sur le continent africain. C’est une joie de découvrir l’Afrique qui m’est familiale due à mes origines qui sont la Centrafrique et Madagascar. J’adore voyager, découvrir de nouvelles cultures et traditions ! L’humanitaire est une première pour moi. Ce nouvel engagement concorde avec mon envie de m’enrichir spirituellement. J’ai à cœur de m’investir avec l’AED auprès des communautés chrétiennes démunies et apporter ma modeste contribution dans ce projet.

 

LUCY : j’ai 28 ans et je vis à Montereau dans le 77. Je suis professeur des écoles. Dans la vie j’aime la musique, notamment le chant, la lecture et les voyages. J’ai toujours eu ce désir de me mettre au service des autres : j’ai été bénévole dans des associations de solidarité et j’ai effectué un volontariat de service civique à la fin de mes études. De plus, faire une mission humanitaire à l’étranger a toujours été l’un de mes plus grands rêves. L’appel du Pape François aux JMJ de Cracovie auxquelles j’ai participé a renforcé ce désir de prier, servir, rencontrer, partager. C’est pourquoi j’ai choisi de partir au Bénin.

 

Vous avez dorénavant une vision globale des 10 volontaires partis à l’aventure dans la brousse béninoise pendant 3 semaines !

 

 

Bilan d’une incroyable aventure

Mardi 31 juillet. C’est notre dernier jour en terre béninoise et il ne fut pas de tout repos. Après un réveil bien matinal à Takon, nous prenons la route vers Cotonou. Nous avons arpenté tous les dédales des marchés, chacun avec une liste bien précise de souvenirs à rapporter en France. Fruits, pagnes, bijoux, objets artisanaux…nos valises étaient bien pleines ! Nous avons bien sûr mis en avant nos talents de négociateurs car là-bas, il n’y a pas de prix affiché, c’est à la tête du client.

L’heure du départ vers l’aéroport a sonné rapidement. Les adieux, ou plutôt et on l’espère, les « au revoir » ont été très difficiles car en 3 semaines nous avons eu le temps de nous attacher à Marcelin et Alexandrine, nos « parents africains ». Quitter Espéra fut également très compliqué, les larmes sont montées rapidement. Nous nous souviendrons toujours de lui, comme un adorable garçon, très débrouillard et excellent danseur !

Dernière photo avant le départ pour l’aéroport

L’enregistrement des bagages fut étonnamment très, presque trop, facile. Petit conseil : méfiez-vous des pots de confiture à la mangue, cela peut être pris pour des explosifs. En revanche, la voie est libre pour voyager avec un coupe-coupe (machette de jardinage) dans la valise. 8h de vol plus tard, nous posons enfin les pieds en France.

Même si nous sommes heureux de retrouver nos proches, nous ne pouvons oublier cette expérience incroyable que nous venons de vivre tous ensemble. L’hospitalité et la joie des Béninois, leur simplicité et leur sens du partage, les multiples paysages (les collines, le fleuve, les villages, les rues et les maisons en terre…) et visages que nous avons côtoyés resteront pour toujours dans nos mémoires et dans nos cœurs.

 

Cette mission nous a tout d’abord permis d’ouvrir les yeux sur les réalités du monde. Le Bénin est un pays en développement, pas beaucoup de grandes multinationales mais des petits commerces flamboyants. Une population qui vit dans la pauvreté certes (le salaire d’un Béninois tourne autour de 500 000 CFA par jour) mais qui se bat pour s’en sortir. Pour preuve, nous n’avons croisé aucun mendiant dans les rues, tout ceux qui s’y trouvent travaillent dur comme fer pour vendre leurs produits et récoltes. Le travail est synonyme de vie ici et la persévérance prend tout son sens. Nous sommes également marqués par la force de la jeunesse béninoise, désireuse d’apprendre, de progresser, de se construire un avenir meilleur. Face à eux, nous n’avons qu’un seul désir : les aider. Nous prenons aussi conscience de notre chance en France, nous invitant à relativiser et moins nous plaindre.

 

« Mon retour en France a été plus compliqué que l’arrivée en Afrique. J’ai eu une sorte de remise en question et un sentiment de culpabilité de retrouver mon confort et mon mode de vie européen (douche chaude, lit douillet avec couette, bons petits plats…) tout en pensant à tous ceux que nous avons laissés dans leur village et la précarité de leur quotidien. »      Rose-Anne

La découverte de la vie de l’église béninoise a été aussi une vraie source d’enrichissement spirituel. La ferveur des chants qui imprègnent les messes, la  grande dévotion à la Vierge Marie et la foi vivante des Béninois, malgré des églises à peine construites, parfois nous a aidés à prier, comprendre la vérité de Parole de Dieu et vivre l’universalité. Le Bénin est pour nous, Français, un beau modèle de laïcité, de cohabitation et de vivre ensemble entre toutes les religions.

 

Cette mission nous a permis enfin de nous ouvrir aux autres, par l’accueil, le partage, le don de soi et la générosité. Nous n’oublierons jamais les sourires des enfants et leurs milliers de câlins, toutes ces petites mains qui se sont ouvertes pour nous accueillir ou simplement pour nous saluer lors de nos différents trajets. Cette chaleur humaine béninoise continue à nous suivre au-delà des frontières. En effet, lors de nos divers départs, nous ne pouvions échapper à la case « échange de contacts ». Petite appréhension quant au retour en France et nos notifications Facebook et WhatsApp. Cette dernière est justifiée car nombreux sont les « Bonjour », « coucou », « bonne arrivée ? » accompagnés de quelques photos parfois. Cela illustre bien le fait que notre présence n’a pas été transparente.

 

« Cette mission m’a permis de me déconnecter de mon confort, de ma petite personne, de mon téléphone portable… pour me reconnecter à l’essentiel : aimer Dieu et aimer le prochain. Et cela procure une joie inestimable. Se donner, donner et recevoir en retour, plus que ce qu’on aurait espéré. De retour du Bénin, je me sens grandie, humainement, spirituellement et aussi professionnellement. Je suis riche de nouvelles amitiés et de valeurs à fructifier. »        Lucy

 

Pour conclure, un seul mot nous vient à la bouche : MERCI.

MERCI à chacun de vous de nous avoir suivi tout au long de cette magnifique et riche aventure. Mais également remercier nos donateurs qui nous ont permis, grâce à leur générosité, à mener à bien, matériellement, les projets. MERCI à l’association AED et en particulier à Claire et Emmanuelle.

 

Priez pour le Bénin et particulièrement pour le diocèse de Dassa Zoumé, la paroisse du père Ambroise à Soclogbo et l’internat de Takon à Porto Novo qui nous ont accueillis !

L’équipe AED MISSION – Bénin 2019

 

Rédacteurs : Rose-Anne et Lucy

2ème temps de la mission : internat de Takon

Après les milles au revoir chaleureux à Dassa avec le Père Ambroise, nous avons pris la route vers Cotonou. Évidemment, la route fut longue et plus ou moins éprouvante, selon les places dans le mini-bus. A mi-chemin, nous nous sommes arrêtés pour récupérer le Père Romuald.

Arrivés chez Marcelin près de Cotonou, nous avons déposé quelques bric-à-brac et en retour, nous avons pris les 2 autres enfants de Marcelin. Dès lors, les secondes dans le mini-bus se sont faites ressentir, par des fourmis dans les jambes et la chaleur accablante. Finalement, nous sommes arrivés tard dans la soirée et avons été reçus par la directrice de l’orphelinat.

Cette nouvelle mission consiste à rénover l’école située au sein de l’orphelinat dans la matinée (tapissage, peinture et décoration).

Tous à l’œuvre !

L’ensemble de l’équipe, entourée des peintres, couturières et directrices

Puis, après le déjeuner et un temps de sieste, l’objectif est de donner aux internes des cours particuliers de français, mathématiques et informatique pendant 2 heures et de finir la journée avec des activités plus ludiques : foot, basket et cuisine. Les internes sont âgés de 7 à 20 ans. Notre premier ressenti a d’abord été de constater le calme des locaux. Ici, personne n’est pressé et tout se fait délicatement.

La tradition dit qu’à chaque arrivée dans un nouveau village, nous sommes présentés au Roi et à sa cour. Nous avons profité de cet échange pour en connaître un peu plus sur l’histoire du village. En effet, le Royaume de Takon compte 15000 habitants et existe depuis les années 1700. La présence de certains cultes traditionnels comme le vaudou est très présente. D’ailleurs, nous avons pu passer près d’un temple vaudou et échanger avec Olivier, le guérisseur du village. Le clergé, comme tous les Béninois, croit dur comme fer au vaudou. Par tradition, le père a même béni nos chambres afin de repousser les mauvais esprits.

Visite chez le Roi de Takon

Mercredi 24 juillet, nous avons effectué une visite dans une ferme d’arthémésia. Celle-ci est une plante qui prévient contre le paludisme. L’arthémésia se prend sous forme de tisane matin et soir. Au Bénin et dans d’autres pays en Afrique, ce traitement préventif se développe de plus en plus. Par ailleurs, cette ferme est tenue par un couple de Français, venus combattre le paludisme. A cette occasion, nous avons fait la rencontre de scouts de France, qui sont aussi venus effectuer une mission humanitaire.

Le samedi fut pour nous la journée de détente qui commença par une balade en pirogue sur le fleuve de l’Ouémé, non loin de Porto Novo. Une grande première pour la plupart d’entre nous ! Cette balade fut l’occasion de découvrir un village de pêcheurs, où nous débutons sa visite par son incroyable église, puis de son dispensaire. Avant de repartir, nous écoutons attentivement un sage venu nous conter l’histoire de l’endroit. Après le déjeuner nous prenons le temps de découvrir Porto Novo grâce à notre super chauffeur Marcelin.

Après une semaine passée aux côtés des enfants, il est temps de plier bagages, le retour en France est imminent. En guise d’adieu, les pensionnaires nous ont préparé des danses et des chants en français ainsi qu’en mahi. Puis nous nous joignions à eux et dansons au rythme des instruments traditionnels.

Quelle émotion au moment de se quitter, malgré la courte durée de notre séjour à Takon. En effet, nous avons appris à connaître des jeunes plutôt discrets au début qui se sont dévoilés petit à petit au fil des activités. Mais comme dit la chanson : « Ce n’est qu’un au revoir » !

 

Rédacteurs : Stanislas et Vincent

La chaleur du langage au Bénin

La chaleur du langage au Bénin

Au cours de notre séjour, nous avons souri à certaines expressions :

  • « Bonne assise » qui signifie soyez bien assis pendant le temps qui va suivre (voyage, cours, visites)
  • « Doucement » qui signifie attention – excusez moi
  • « Bonne arrivée » qui signifie bienvenue
  • « Fréquenter » qui signifie aller à l’école
  • « Evoluer » (à prononcer « évoluier ») qui signifie continuer
  • « On va les espérer » qui signifie on va les attendre
  • « J’ai le corps chaud » qui signifie j’ai de la fièvre

D’autres habitudes du langage ou comportements nous ont beaucoup touchés :

  • Si on vous appelle « tata », « maman », « frère » c’est que vous avez cassé la première barrière culturelle
  • Le vouvoiement de l’aîné est systématique
  • Lorsqu’on interroge les élèves, on entend comme un sifflement : « Ici ici ici »
  • Lorsqu’un blanc arrive dans un endroit inconnu, les enfants se précipitent en faisant des signes avec la main et en criant « Yovo, yovo, yovo » ce qui signifie « blanc, blanc, blanc », car les enfants ont peu d’occasion de voir des blancs !
  • Lorsqu’on prononce quelques mots en dialecte béninois, c’est le rire assuré de toutes les personnes présentes

Nous voila presque, tous les 10, bilingues en mahi (langue locale).

Au revoir Soclogbo

Au revoir Père Ambroise, au revoir Soclogbo

 

La journée du dimanche 21 juillet est la dernière de notre séjour au royaume de Soclogbo. C’est la journée des « au revoir » et des photos.

L’au revoir commence en réalité au début du séjour, puisqu’une couturière a pris nos mesures pour nous faire des chemises pour les garçons et des robes pour les filles. Ces habits, nous les portons pour cette dernière journée. A la fin de la messe, on nous remet une statuette en bois sculptée par un habitant du village et peinte aux couleurs du Bénin par un autre artisan. D’autres cadeaux individuels suivent durant la journée, parmi eux : le coq d’un enfant, des arachides, des dessins ou même des propositions d’adoption d’enfant très sérieuses.

Les photos, c’est une institution dans la vie béninoise. La photo, c’est ici un moyen de dire : tu es important pour moi, je souhaite me souvenir de toi. Ainsi, toute visite ou contact avec un aîné, un religieux, un ami ou une connaissance s’accompagne d’une ou plusieurs photos de tous les téléphones des personnes photographiées. Oublier la photo est un affront pour la personne rencontrée. Pour l’au revoir, de nombreuses séances et poses se sont donc succédées devant l’école dont nous avons participé à la construction avec une banderole AED préparée par la paroisse.

La journée d’au revoir est aussi l’occasion de faire le bilan de ce que nous avons vécu. La réalité est que nous avons reçu énormément durant ces deux semaines à Soclogbo en plus des cadeaux mentionnés plus haut :

  • De la nourriture spirituelle préparée par le Père Ambroise au travers des messes et des temps de prière.
  • De l’affection et de la confiance de la part de la bonne centaine d’enfants de Soclogbo que nous avons accompagnés, ce qui nous a remplis de joie.
  • Des moments de partage culturel sur la danse rythmés soit par les tam-tams ou soit par un bon vieux rock des années 80. En quelques mouvements, tout le monde tournait, les africains ont bien le rythme dans la peau !
  • Des cours de maçonnerie donnés sur le terrain avec les maçons : le mélange du ciment, le crépissage, la pose de portes ou de fenêtres n’ont plus de secret pour nous.
  • Des visites des personnalités religieuses de la région (abbaye, paroisses), des parents du Père Ambroise, des lieux importants de la région (voir articles précédents) qui montrent à quel point notre visite compte pour eux. Il est peu commun de voir s’aventurer des jeunes blancs dans cette contrée éloignée.
  • Des repas préparés par un cuisinier et une cuisinière, Alexandrine, ce qui impliquait notamment une gestion de l’approvisionnement des ingrédients parfois compliquée avec de nombreuses heures de route sur des chemins de terre rouge cabossés.
  • Des réponses à toutes nos préoccupations : cafards, termites, régimes alimentaires particuliers.
  • Une logistique parfaite assurée par notre chauffeur, Marcelin, qui, tout en étant garant de notre sécurité, était toujours prêt à nous emmener faire une course quelle que soit l’heure de la journée ou de la nuit. Le Père Ambroise était lui le stratège qui préparait avant chaque journée le programme.

En retour, notre humble contribution à la construction de l’école paroissiale et à l’animation des activités pour les jeunes semblera au premier regard faible. Mais, notre passage aura certainement inspiré les jeunes et promu un cadre moral compris par ces jeunes. Notre espérance est que cela puisse les guider pour leur futur. Nous espérons également pouvoir les aider matériellement à notre retour.

A Soclogbo, nous avons aussi vu et partagé les conditions de vie et sanitaires du village. Voici notre témoignage :

  • Les maladies graves sont fréquentes et font des ravages. Pour le paludisme seul, en période de pluies, on compte plus de 100 cas par mois diagnostiqués chez des enfants de moins de 15 ans sur une population de 3000 enfants (population de 6000 habitants au total dans le village). Au dispensaire, il n’était pas rare de voir 10 cas de paludisme en une journée. Un enfant fait donc en moyenne un paludisme tous les deux ans. La mortalité infantile est une statistique non disponible. D’autres maladies comme la drépanocytose, le VIH ou les anémies réduisent encore un peu plus l’espérance de vie. D’autres maux, comme les vers de Guinée (âmes sensibles, ne pas regarder sur google ce dont il s’agit) ou autres parasites, compliquent les activités quotidiennes. Et, enfin, les enfants ont de nombreuses plaies purulentes au pieds et aux jambes. Celles-ci s’infectent facilement car les soins de base ne sont pas faits et les enfants marchent pieds nus. Quelle chance nous avons en Europe…
  • L’accès aux soins et aux médicaments se limitent à un infirmier pour 6000 habitants. Celui-ci fait office de gynéco-obstétricien, pédiatre, médecin généraliste et sage-femme. Au moins, les traitements et vaccins contre les maladies les plus courantes sont présents dans le dispensaire. Dans le village d’à côté, le petit dispensaire compte juste des lits et une table d’accouchement (une table de salle à manger européenne), aucun matériel médical. La prise en charge d’un paludisme diffère entre le dispensaire de Soclogbo et un hôpital français. Ici, l’ordre des maladies est inversé : quand un enfant a de la fièvre, c’est, jusqu’à preuve du contraire, un paludisme et non une otite ou une angine. On réalise un test de diagnostic rapide, un examen clinique sommaire de l’enfant, on remet des comprimés d’artemether lumefantrine et on fait un contrôle clinique à J-3, à la fin du traitement. En France, c’est l’hospitalisation d’office pour un paludisme pédiatrique.
  • L’accès à l’eau potable se fait via des puits ou des forages financés par les Chinois ou les Japonais. L’eau courante est un luxe dont seul l’élite a le privilège. L’électricité n’est arrivée au village qu’il y a quelques mois.
  • Les déchets : c’est facile à résumer, la notion de poubelle n’existe pas.

Traitement pour guérir la petite Cynthia touchée par le paludisme

Certains avaient les yeux humides en partant, il faut dire que les enfants sont attachants. Et, nous, nous repartons, eux, ils restent vivre dans ces conditions. Mais ne sont-ils pas les plus heureux ?

 

Rédacteurs : Quentin et Elise

Des journées extra-ordinaires

Le père Ambroise, curé de la paroisse qui nous accueille, a mis en avant sa qualité d’adaptation et flexibilité pour nous permettre de saisir pleinement la culture béninoise.

Même si un programme type a été mis en place, de nombreuses activités ont été « extra – ordinaires ».

 

Colline Soclogbo :

Le village de Soclogbo jouxte cette colline qui abritait autrefois le village et faisait office de murailles. Celles-ci permettaient aux habitants de se défendre en faisant tomber d’en haut, des boulets de pierre, écrasant l’ennemi.

Aujourd’hui cette colline tient toujours une place importante. Les villageois font leur lessive dans les cuves naturelles sculptées par l’érosion.

Mais c’est également un lieu sacré car tous les 4 ans, la fête du village y a lieu en présence du Roi. Le village se réunit aussi pour célébrer les grandes messes telles que Pâques ou bien fêter le passage de la nouvelle année.

L’ascension a été un moment particulièrement apprécié par l’ensemble du groupe grâce à l’immersion totale dans la jungle béninoise à travers ses baobabs, arbres Flamboyants (arbre typique béninois)… Après une séance photo justifiée par le cadre dépaysant, avec une vue idyllique surplombant l’ensemble du village, la joie de la culture africaine nous a rattrapés par des chants et danses traditionnels.

Enfin au sommet !

 

Un après-midi à Dassa – Zoumé :

Dimanche, étant le jour du Seigneur, le père Ambroise nous a accordé une après-midi de repos bien méritée. L’équipe s’est scindée en 2 avec un groupe en balade dans la ville de Dassa tandis que les autres se sont détendus à la piscine de l’hôtel Jeco, hôtel très luxueux pour la région. Nous avons pu y déguster des « pâtisseries modernes » qui n’ont su convaincre nos fines papilles françaises, accompagnées de béninoises (bière) et de Yuki (sorte de Fanta).

Perplexes au départ par la qualité de l’eau de la piscine, nos nageurs sont revenus indemnes.

Monastère des Dominicaines :

« J’ai été particulièrement touché par l’accueil chaleureux des sœurs, reconnaissantes de notre passage. Nous avons eu l’occasion de discuter avec elles sur leurs activités quotidiennes telle que la culture aux champs, l’entretien de la basse-cour…  Après la visite du monastère, existant que depuis 6 ans et financé par les Français, nous avons évolué doucement vers la boutique dans laquelle nous pouvions trouver du miel, de la confiture à la mangue maison, des chapelets et des cartes faites main à partir d’écorce de bananier. J’en ai profité pour faire des cadeaux et aider l’économie du monastère ».

Benjamino

 

Sur les pas du Père Ambroise :

Le Père Ambroise tenait à nous présenter les lieux où il a grandi, au village de Savalou.

La visite a commencé par la rencontre de son père. Aussi blagueur que le Père Ambroise, l’ambiance était chaleureuse et détendue. Il a témoigné de son vécu de la colonisation et de ses bienfaits (école obligatoire et gratuite, fourniture scolaire donnée, infrastructures…).

Nous nous sommes ensuite arrêtés chez sa mère. Son père étant polygame, pratique très répandue au Bénin, les parents ne vivent pas sous le même toit. Cette visite fut tout autant chaleureuse mais bien différente : un « silence bavard ». Cette douceur et sérénité sont surement la source de la vocation du Père Ambroise, son père ayant été baptisé il n’y a que quelques mois.

Cette sortie sur Savalou confirme les liens que nous avons tissés tout au long du séjour avec le Père Ambroise, des liens vrais et forts.

 

Marathon d’Églises :

Notre passage dans le diocèse de Dassa fut rythmé par la visite des différentes paroisses.

Toute notre équipe a été sensible à la vraie joie qui émanait autant des paroissiens que des curés. Malgré le caractère improvisé de la plupart de nos visites, nous avons toujours été accueillis comme des rois : une bonne bière béninoise à 10h du matin ne se refuse pas ! ou plus local avec du jus de pastèque, jus d’orange, muffins.

Un détail nous a interpellés : le nombre d’églises inachevées. Nombreuses sont-elles à être en construction mais, faute de moyens financiers, elles demeurent un important chantier. Il y a comme une sorte de course sans fin au clocher.

Point positif, cela illustre l’Église grandissante.

 

Tous aux fourneaux !

Après notre marché dans le village de Soclogbo pour l’achat des ingrédients, nous voilà transformés un de réels petits commis prêts à exécuter les ordres des jeunes filles du village.

Au menu, la réalisation de « pâté » : il s’agit d’un beignet (farine, levain, eau, plongés dans l’huile chaude). Mais également de « Yovo Doko », la version sucrée des pâtés. Pour l’anecdote « yovo » signifie « blanc » et « Doko » les joues. Ce gâteau ressemblerait aux petites joues des blancs.

Notre cours de cuisine continue par la réalisation de « petits cailloux » aussi appelés « amuse-gueules ». Ce sont des petits morceaux de pâte frit dans lequel on peut mettre de l’arôme tel que noix de coco, ananas, …

Enfin, la dernière spécialité au programme fut l’« akpan », une sorte de yaourt à la citronnelle à base d’amidon.

Concernant les recettes, vous les transmettre serait bien compliqué car le système de mesure est loin d’être aussi précis qu’en France. Tout se fait à la poignée, à l’œil et au goût ! On oublie la chaleur tournante ou la température d’ébullition, le charbon reste le moyen de cuisson par excellence.

Expédition safari :

Une autre colline jouxte le village, celle du Lion Couché. En effet, celle-ci représente un lion prêt à bondir.

Malgré les nuages menaçants, nous enfourchons chacun la moto de notre chauffeur habituel pour nous enfoncer dans la jungle et atteindre cette fameuse et mythique montagne.

Après quelques embûches tels que de grosses « flaques » d’eau pour ne pas dire passage de rivière, un troupeau de bœufs et bien d’autres obstacles, nous n’avons pu escalader très haut les falaises de cette montagne. Nous nous sommes contentés d’une séance photo bien animée, en présence de nos chauffeurs de ZEM (moto taxi).

Nous sommes rentrés à sec, ou presque pour ceux qui ont oublié de lever les pieds au niveau des cours d’eau ! La météo béninoise n’est pas la plus fiable : alors qu’elle n’annonçait aucune gouttelette, un orage diluvien s’est abattu sur Soclogbo.

 

Rédacteurs : Maïlys, Benjamin et Rose-Anne

Une journée type à Soclogbo

6h30. Au centre diocésain de Dassa, le réveil sonne pour une nouvelle journée. Après un petit-déjeuner composé de café, de thé et de fruits frais servis dans nos chambres, nos taxis moto attitrés arrivent. Un des leurs qui se fait appeler « Baby Love » est toujours très heureux de retrouver Solène. Notre trajet quotidien commence alors pour rejoindre Soclogbo, le petit village où se déroule notre mission. Au cours de ce périple de 12 km, nombreux adultes et enfants nous saluent. Une chanson revient souvent : « Yovo Yovo bonsoir » disent-ils. (Yovo=blanc).

L’équipe et ses chauffeurs

8h. Les taxis nous déposent enfin chez le père Ambroise qui nous accueille avec beaucoup de chaleur. Les activités matinales peuvent enfin commencer. Les tâches effectuées sont en lien avec la construction de l’école du village : apporter de l’eau, tamiser la terre, porter le ciment et nettoyer les salles rythment notre matinée. Élise, quant à elle, passe du temps au dispensaire, soignant les petits et assistant les accouchements.

Selfie avec les maçons

 

Un travail d’équipe

12h30. L’heure du repas est enfin arrivée. Des plats composés de poissons et parfois de mets locaux nous attendent. Un moment de partage avec beaucoup de rires entre le père et le groupe. Le déjeuner terminé, il est temps de faire la sieste. Un peu calme avant la tempête…

15h. Les enfants du village sont déjà nombreux à attendre dehors pour aller à l’école. 45 le premier jour, ils sont près de 115 le second. Un vrai défi d’organisation commence pour nous. Après plusieurs jours d’adaptation, nous constituons des ateliers dessins pour les petits qui ne savent pas écrire. Les plus grands, quant à eux, apprennent la grammaire, le calcul et la géographie avec beaucoup de sérieux pour espérer être récompensé par une gommette sur leur cahier.

Une centaine d’élèves bien attentifs

Vers 17h, les activités extérieures prennent place. Nous faisons appel à nos souvenirs d’enfance pour organiser des jeux comme le facteur n’est pas passé, colin Maillard, jeux de la tomate, béret, football, etc. Des ateliers de danse sont aussi organisés par les Béninois. De riches échanges de culture naissent avec le mélange de leurs danses locales et les nôtres.

Des enfants infatigables, ne demandant qu’à jouer

Vers 19h30, le dîner sonne la fin de la journée avec les enfants qui retournent chez leurs parents avec des « Eisso » (= au revoir) toujours plus chaleureux chaque jour.

Notre appétit rassasié, nous prenons place dans le mini bus qui nous ramène à Dassa : 40 minutes de route plus tard, nous pouvons enfin nous reposer. Certains vont se coucher, d’autre vont à la piscine boire une bière.

La journée s’achève déjà.

 

rédacteur : Lucas

La foi au Bénin

LA FOI AU BÉNIN

Le Bénin est un pays laïc, le plus tolérant qu’il soit. Nous l’avons constaté lors de nos déplacements. Dans pratiquement tous les villages, nous avons été marqués par la proximité des églises catholiques et évangéliques avec les mosquées et le profond respect des habitants entre eux. Le nom des petits commerces de la ville sont aussi imprégnés de cet esprit religieux comme « Dieu sauve », « Dieu béni », « Cafétéria don de dieu », « Hosanna Phone ».

le « Hosanna Phone »

Au Bénin, l’Église est en construction, il y a énormément de fidèles ce qui justifie le nombre astronomique d’Églises dans la même ville, nous avons eu la sensation qu’il y a une quête à posséder la plus belle église. Grâce au père Ambroise, nous avons pu aller à la rencontre de plusieurs communautés telles que Saint-Augustin, la cathédrale de Dassa, le Sacré Cœur et Saint Jean Paul II. Même si les travaux sont rarement terminés, l’autel est toujours immense et très mis en valeur, la décoration est simple mais soignée. La Vierge Marie est toujours présente soit dans l’église soit dans un lieu aménagé à l’extérieur.

Sanctuaire marial de Dassa

Au Bénin, les vocations à la vie religieuse sont toujours un peu timides, elles naissent souvent de la foi de la mère. La vocation au mariage est très réfléchie car elle contient un engagement profond. Les enfants hors mariage ne sont pas à blâmer puisque s’il est lié à un choix définitif, le mariage pourra se faire des mois ou des années après.

Visite du Monastère des Bénédictines, implantées il y a 6 ans dans la région.

Comme nous l’avons dit plusieurs croyances sont présentes, et à ce titre nous ne pouvons pas faire l’impasse du vaudou et des fétiches, pratiques très répandues au Bénin. C’est une grande tentation pour les Béninois qui cherchent dans cette croyance la guérison espérée. Ils se sentent habités, le prêtre y croit également puisqu’il nous a raconté que notre âme pouvait se retrouver dans un objet ou un animal sans que l’on puisse y faire quelque chose. Cependant il reste attaché aux croyances de l’Église.

Tous les catholiques du village assistent à la messe, l’ensemble des enfants y sont présents, ils sont calmes et respectueux placés devant au début des rangs de l’église. La prière est spontanée au Bénin, on peut l’effectuer à n’importe quelle occasion de la journée que ce soit dans la classe, dans la cour ou en haut d’une colline.

Par ailleurs, une grande place est réservée aux offrandes. En effet plusieurs quêtes ont lieu pendant la messe : il y a les offrandes de messes qui vont directement au prêtre et la quête qui sert à l’entretien de la paroisse. De plus pour inciter les habitants à arriver à l’heure, des tickets sont distribués avant le début de la messe de 10h qui sont remis par la suite lors de la communion.

Le profond respect au sacré, aux adultes et aux représentants de l’Église rythme la vie des catholiques au Bénin. Quand le Père rentre dans l’école, tous les enfants obéissent et sont dociles à ses paroles. De même les habitants s’inclinent devant lui pour le saluer. Nous avons assisté à deux messes dans le village de Soclogbo, ils avaient préparé l’ensemble des chants interprétés d’une ferveur et d’une joie grandiose. On a pu apporter notre pierre à l’édifice en leur apprenant deux chants français : « Je te salue Marie » et « Que vive mon âme à te louer ». Ils ont une très bonne mémorisation, en à peine quelques minutes, ils avaient retenu l’ensemble des paroles ainsi que le rythme.

Participation à la chorale le dimanche 14 juillet

 

rédactrices : Solenn et Lucy

Les idées reçues sur le Bénin

Les idées reçues sur le Bénin ou l’arrivée au Royaume de Soklogbo

1. Il n’y a plus de rois au Bénin : c’est faux !
Le Bénin est probablement la démocratie la plus stable d’Afrique. Il y a un président et des élections libres. La liberté religieuse est respectée et, dans le village où nous sommes, les musulmans cohabitent pacifiquement avec les catholiques et les chrétiens célestes (chrétiens avec une dimension animiste forte). Pourtant, il y au Bénin des royaumes avec des rois qui règnent depuis des générations. Dans le village de la première partie de notre mission, le royaume est en place depuis 1672. C’est le royaume de Soklogbo. Et, lors de notre arrivée au village, après une messe d’accueil et la remise d’un plant de bananier en cadeau de bienvenue, la première visite de courtoisie est pour le roi qui nous reçoit avec toute sa cour dans son palais. Il a un spectre et un bâton égayé d’une queue de cheval qui témoignent de son pouvoir et avec laquelle il peut bénir ou jeter un mauvais sort selon le mouvement donné. L’éléphant représenté sur son spectre est le symbole démontrant qu’il est responsable de montrer le chemin à son village. Comme la majorité de son village, sa majesté, malgré son titre, est agriculteur et continue à exercer son métier. La fin de notre visite est marquée à 10h par un verre de Gin, acte de politesse obligeant, nous acceptons. Le village dans lequel nous allons aider à construire l’école et nous nous occupons des enfants compte près de 6000 villageois divisés en plusieurs districts. Le village compte un dispensaire avec un infirmier et un poste de police.

Rencontre avec Toffon Tozé II (en vert, au centre)

2. Les Béninois ne sont pas ponctuels : c’est faux !
Au Bénin, nous avons toujours été accueillis merveilleusement bien et toujours à l’heure ! Marcelin, notre chauffeur est toujours présent au bon moment. Les taxis motos sont présents avant l’heure du rendez-vous systématiquement. Le Père Ambroise a toujours un temps d’avance sur le programme de notre mission. C’est d’ailleurs le premier à nous avoir accueillis. Alexandrine, la femme de Marcelin, nous préparent des mets délicieux à heure fixe. Et, enfin, lors de notre première arrivée au village, de nombreux enfants et jeunes nous ont accueillis par des chants et des danses traditionnelles remplies de joie. Ce fut un moment très émouvant. Tous les enfants voulaient nous toucher et nous donner la main. Pour certains, nous sommes les premiers blancs qu’ils voient !

3. On ne parle pas français au Bénin : c’est faux !
Toutes les personnes ayant été à l’école ont appris le français, car l’enseignement se fait selon le programme français. La plupart des Béninois ayant été au moins quelques années à l’école, ils comprennent et parlent donc le français, enfin, beaucoup ont un fort accent pas toujours évident à comprendre. Avant de parler français, les Béninois parlent un dialecte. Il y a plus de 60 dialectes au Bénin, dont un parlé par plus de 50% des 12 millions de Béninois. Ce dialecte s’appelle le « Mahi ». Lors des messes, une grande partie des chants sont en Mahi et cela donne une sonorité très exotique à la messe, ce qui nous a tous touchés. Nous avons d’ailleurs eu la joie de nous mettre au Mahi pour l’animation de la chorale du village.

Cours de Mahi donné par des jeunes du village

4. Les Béninois n’aiment pas l’école : c’est faux !
Parmi les activités que nous organisons avec les enfants, il y a un temps scolaire où nous faisons des rappels de mathématiques, d’écriture, de lecture, de grammaire ou de chant. Le premier jour, c’est une quarantaine d’enfants qui sont venus, le deuxième c’est plus de 115 enfants qui ont assisté à la classe. Le troisième jour, ils étaient plus de 130 et nous avons séparé les plus jeunes des plus vieux pour plus d’efficacité. Animer une classe de plus 100 élèves de moins de 10 ans paraît inconcevable, et pourtant, nous avons réussi. Pourquoi ? Parce que tous les élèves essaient de suivre et d’apprendre ! Ils sont sages et disciplinés, parfois assis à cinq sur un banc pour deux. Les aînés n’hésitent pas à aider les plus jeunes ou à les calmer si ceux-ci ne respectent pas le silence. Le Père Ambroise dispose également d’une autorité naturelle très forte sur eux. Et, la prière au début ou à la fin de chaque activité permet d’instaurer le calme, car, tout le monde connaît les prières ! Quel enthousiasme et quelle soif d’apprendre ! Les petites, âgées de 3-4 ans, viennent en classe avec leurs petit frère ou sœur sur le dos, parfois âgé de seulement 6 mois, pour contribuer à leur éveil. Si vous souhaitez interroger un élève pour corriger, vous n’aurez aucun souci pour trouver un volontaire : les 100 petites mains se lèvent et les enfants s’exclament tous « ici ! ici ! » pour se faire interroger. Enfin, ils s’encouragent tous lorsqu’un élève donne la bonne réponse, tous les élèves s’exclament « 1-2-3 1-2-3 super ». Les plus petits sont captivés quand il s’agit de compter ou de réciter l’alphabet. Vous pouvez en interroger 20 d’affilée pour le même exercice, ils ne se lassent pas.

5. Il fait chaud et beau au Bénin : c’est partiellement faux !
Depuis notre arrivée, nous n’avons que très peu vu le soleil. Ce n’est que le cinquième jour que les coups de soleil sont apparus pour la première fois sur nos peaux si blanches. Car, en ce moment, c’est la petite saison des pluies, c’est-à-dire la saison des papayes, des ananas et des pastèques. Les nuages sont nombreux, les brumes fréquentes le matin, le taux d’humidité élevé et les averses assez fréquentes. Il y a au cours de l’année une petite saison sèche, une grosse saison sèche, une grosse saison des pluies et une petite saison des pluies. Ces saisons rythment l’agriculture et la vie des Béninois. Pour nous, un temps d’acclimatation est nécessaire, parce que dès les premiers pas de course, les gouttes de sueur apparaissent et notre organisme se fatigue pour évacuer la chaleur produite. Ainsi, l’heure de sieste est introduite.

 

6. Les Béninois meurent de faim : c’est partiellement faux !
En raison du climat humide, tout pousse facilement au Bénin : mais, millet, magnoc, riz, liam, ananas, bananes, cacahuètes, noix de cajou… Il suffit de planter et tout pousse. Cependant, dans le nord du Bénin, le climat est plus aride. Là-bas, l’accès à la nourriture peut être plus complexe. Et, avec l’exode rurale et la croissance des populations urbaines, les aliments traditionnels sont souvent délaissés pour de la nourriture de grande consommation moins riches en nutriments et entraînant une augmentation de la malnutrition dans les grandes villes.

7. Les Béninois sont timides et ne dansent pas : c’est faux !
En deux minutes, quelle que soit l’heure le matin ou l’après-midi, lorsque l’on sort les tams-tams, petits et grands se mettent à danser et nous entraînent au milieu de la ronde à tour de rôle de manière complètement décomplexée. Que l’on sache danser ou pas, aucune importance ! Ce qui est étonnant, c’est que ces danses sont réalisées sur des chants religieux ! Les petites de deux ans dansent déjà aussi bien que leur maman et de nombreux fous rire ont éclaté lorsque nous avons essayé de nous y mettre.

8. Les enfants béninois sont difficiles à tenir en place : c’est faux !
Au village de Soklogbo, ce sont avant tout les aînés qui s’occupent de leurs petits frères, sœurs ou cousins. Combien de petites filles de trois ans avons-nous vu porter leur frère d’un an sur leur dos pour venir dire bonjour ? Beaucoup ! Lorsqu’il y a un bobo ou un drame, ce qui est très rare car étonnamment les bébés béninois ne semblent pas pleurer, c’est le grand frère ou la grande sœur qui console ou prend en charge l’enfant. Et dire que nous avons peur de confier nos enfants à des nounous ! Ce qui nous a tous vraiment impressionné lors de la messe du dimanche, c’est le nombre d’enfants présents dans l’Église (plus de 200 de moins de 8 ans) et le silence qui y régnait. Les enfants sont donc très autonomes et se débrouillent tout seul la journée. Tous sont très recueillis et récitent les prières ou dansent sur les chants. C’est beau !

 

 

 

 

 

9. Au Bénin, il n’y a pas de goudron : c’est faux !
Les artères principales des villes et les nationales sont goudronnées. En revanche, dès que l’on s’enfonce un peu dans les villages, ce sont des pistes rouges, couleur de la Terre, que les motos empruntent et animent doucement à coup de klaxons. De même, les maisons sont généralement en brique, même dans les villages. Mais, l’alimentation en eau est souvent défaillante et le courant électrique n’est pas partout. Par ailleurs, des antennes, d’au moins trois opérateurs, sont disposées à proximité des villages. Il y a donc du réseau partout, même dans la brousse. Attention pour les portables français c’est 14 € / Mo, mieux vaut éviter de chercher du réseau !

10. Les Béninois ne respectent pas le code de la route : c’est faux !
De prime abord, pour notre œil européen non averti, se lancer sur une route béninoise pourrait s’apparenter à de la folie. Il y a jusqu’à 10 files de voitures ou motos en même temps avec en général 4 sens de circulation. Pourquoi ? Pour faciliter les changements de direction à droite ou à gauche car il n’y a pas de feux ou de ronds-points. Tout le monde klaxonne en permanence. Pourquoi ? Pour avertir de tout changement de direction ou d’un dépassement par la droite ou par la gauche. Et, les trous dans les pistes en terre font office de ralentisseur et permettent de limiter la vitesse des motos. Les règles s’appliquent aussi bien à notre minibus sur-chargé ou aux taxis motos qui nous conduisent chaque matin nous occuper des enfants à travers la brousse. Les Béninois suivent donc religieusement leur code de la route ! Les routes goudronnées sont des déterminants importants de la vie économique des villes. A chaque dos-d’âne, vous trouverez des vendeurs qui vous alpaguent avec des bouteilles d’arachides ou même des bouteilles de pastis remplies d’essence.

Rédacteurs : Quentin et Elise

 

PS : la brousse n’étant pas encore à la pointe de la technologie, nous sommes confus pour le faible nombre de publications.

 

 

En chemin vers Dassa

En chemin vers Dassa

Après un réveil très matinal, nous voilà tous au terminal 2E.
Pas simple d’enregistrer nos 20 valises.
Après les longues files d’attente à la police puis à la sécurité, nous arrivons juste à temps avant la fin de l’embarquement.

8h d’avion, un stop à Niamey : nous voilà enfin en territoire béninois où nous sommes rapidement plongés dans l’ambiance.
Marcelin nous attendait à la sortie de l’aéroport. Pour charger notre petite fourgonnette, c’est une autre histoire.

Marcellin qui essayant de faire rentrer nos 20 valises sur le toit de la voiture : toute une logistique !

Nous arrivons enfin à l’hôtel CODIAM (très local, sans extravagance) pour notre nuit à Cotonou.
Nous avons arpenté en voiture la folie des routes de la ville pour nous rendre au restaurant tenu par Fortuné. Au menu, spécialités béninoises avec brochettes et poulet avec accompagnements, accompagné par un jus de Baobab.
« Doucement » : maitre mot de ce premier jour.
Exténué par la journée et la chaleur, nous rejoignons avec plaisir notre lit bordé par la moustiquaire. Le doux bruit grinçant du ventilateur nous berce !

Et demain, une longue route nous attend pour rejoindre Dassa.
10 jeunes, Marcelin, sa femme et 3 autres enfants dans la camionnette avec valises sur le toit et différents stops sur le côté de la route dans différents marchés pour les provisions de fruits frais. Nous sommes réellement plongés dans le quotidien.

Après une pause à Bohicon pour le déjeuner nous avons repris la route pour Dassa où nous arrivons en fin d’après midi au centre diocésain, notre lieu de logement.
C’est ici que nous rencontrons le Père Ambroise. Nous avons eu la chance d’assister aux vêpres au sanctuaire marial, avant une visite rapide des lieux et le partage d’une délicieux diner cuisiné par la femme de Marcelin.

Edabo ! (= « au revoir » en Mahi)

 

Rose-anne et Mailys pour l’équipe

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