Catégorie : Inde

29-30 juillet : A la rencontre des chrétiens d’Orissa

Après une belle journée bien remplie de jeux, leçons et peinture, le père Bimal nous improvise un petit apéritif autour d’une bonne bière qui nous permet d’échanger avec lui sur notre expérience quotidienne dans l’école.
Nous sommes ensuite invités à souper chez lui. C’est avec une présentation de toute sa famille que nous sommes dignement accueillis. Ils sont une dizaine à vivre sous le même toit. Une seule manque à l’appel: la belle-sœur du père Bimal et maman d’Ankita (une de nos élèves) qui vient d’accoucher d’une petite fille.
Puis place au traditionnel dîner indien : chapati, poulet au curry, riz,… bref, de quoi prendre des forces pour la grosse journée qui nous attend le lendemain.

         

Réveil matin 4h, on se réveille comme des fleurs ! On se divise en deux groupes pour rentrer dans les jeeps, et c’est parti direction Khandamal, pour visiter ce district d’Orissa ayant le plus souffert des massacres chrétiens en 2007 et 2008. Après 30 minutes de voiture (et une bonne sieste) nous arrivons dans la St Joseph school à Surada, première école chrétienne construite en Orissa par des missionnaires francais dans les années 20. En descendant de la voiture, les enfants accourent vers nous et nous sommes accueillis par les soeurs du couvent. Après un bon café accompagné de biscuits (#repas N°1) nous repartons direction Dantoling.

C’est là que se trouve un sanctuaire marial dédié à Notre Dame de Lourdes. Il est  très populaire pour ses miracles notamment le 11 février, seul jour de l’année où de l’eau jaillit de la montagne. C’est sur une petite colline avec un paysage magnifique que nous assistons à la messe célébrée par les pères Bimal et Prasant. Une famille du village ainsi que le père Faustin, recteur du lieu, nous ont rejoint.

Les pères Prasant, Bimal, Faustin célébrant l’Eucharistie au sanctuaire de Dantoling

Après s’être ressourcés spirituellement, il est temps de nous rassasier  pour le petit déjeuner au presbytère de Faustin. Au menu : spaghetti, mangues, noix de coco, pois chiches… (#repas N°2)

9h30 : Avant la prochaine étape : nous faisons une courte halte chez la famille du père Prasant. Nous avons droit aux chips masala, Pepsi et biscuits à la poudre de riz cuisinés par sa sœur. (#repas N°3)

On commence à réaliser le marathon culinaire qui nous attend : nous en sommes à la troisième visite, il est 10h et il nous reste encore 8 paroisses à découvrir…
Heureusement les trajets en voiture, même si turbulents, nous permettent de nous reposer un peu et de discuter de nos diverses rencontres.

4e étape : nous nous rendons à l’église de Baliguda, la première ayant subi les attaques anti-chrétiens. Cette église a été brûlée et vandalisée pendant la nuit de Noël 2007.
Grâce aux explications du père, nous comprenons petit à petit l’histoire de ces événements. Les hindouistes et les chrétiens cohabitaient depuis des années à Khandamal, mais des tensions existaient déjà, notamment à cause de la rapide expansion des institutions catholiques. L’assassinat d’un puissant hindou par des extrémistes est l’élément déclencheur des massacres. Les chrétiens, minoritaires, sont accusés à tort de cet attentat.
Sur place il y a une sœur qui a vécu l’attaque. Elle a été prévenue 10 minutes avant que les hindous arrivaient, juste le temps pour elle de s’enfermer dans une petite sacristie à l’étage en tenant la porte qui n’avait pas de verrou… Grâce à Dieu ils ne l’ont pas trouvée et elle est encore en vie. Mais, traumatisée, elle ne peut plus continuer à témoigner. Nous demandons au père de la saluer et de lui dire que nous prions pour elle.

Ensuite nous allons dans le séminaire St Paul situé juste derrière. Encore une fois nous recevons un hearty welcome de la part des 36 séminaristes : fleurs, chant, discours…nous les remercions pour leur accueil et leur témoignons notre admiration : il est beau de voir que leur foi persiste malgré les persécutions.

C’est autour d’un café, bananes et noix de cajou (#repas N°4) que le supérieur du séminaire nous raconte la nuit de l’incendie. Il nous témoigne de l’incompréhension et la panique : il s’est réfugié dans la jungle, comme la majorité des femmes, enfants, prêtres et sœurs, qui y sont restés cachés plusieurs jours sans nouvelles de leurs proches. Certains y ont perdu la vie à cause de maladies.

Nous repartons pour Kanjamendi  vers le centre pastoral Divya Jyoty, qui a été entièrement brûlé. C’est aussi là qu’un  prêtre et une sœur ont été humiliés.
Nous passons ensuite par Jana Vikas, un centre social qui aide les personnes issues des plus basses castes, délaissées par le gouvernement. D’autres violences ont eu lieu à cet endroit.

Nous continuons notre périple par l’école de Daraingi des frères capucins où nous déjeunons (#repas N°5). En visitant l’internat de garcons, nous sommes contents de retrouver les mêmes sourires que ceux que nous avons laissés à Mohana. Avant de repartir, nous admirons l’église construite à la manière des temples hindous.

On s’accorde une pause touristique dans le parc Mountain View Hill d’où la vue est superbe. Blaise et Antoine se précipitent sur les balançoires, mais le jardinier les rattrape pour nous proposer une petite visite du musée dédié aux anciennes tribus d’Orissa.

Mais la journée n’est pas finie !!! Nous avons encore une longue route au milieu des montagnes pour arriver jusqu’au petit village de Kottama, l’ancienne paroisse des pères Prasant et Bimal. Nous saluons la communauté qui sort de l’église après le rosaire.

C’est au coucher du soleil que nous arrivons à notre dernière étape ( Alleluia !) : la grande école d’Aligonda nous ouvre ses portes malgré l’heure tardive.

Ce dernier accueil n’est pas des moindres : les 350 filles de l’internat nous font une haie d’honneur. Nous partageons un cake avec les neuf sœurs, dont une espagnole ravie de discuter avec Leyre dans sa langue maternelle (#repas N°6). Enfin nous sommes invités à souper dans l’internat des garcons situé juste en face (#repas N°7)

Nous remercions les pères pour cette super  journée enrichissante, par quelques chants français, avant de rentrer à la saint Peter School (Mohana) pour un repos bien mérité.
Ce samedi nous totalisons environ 400km en jeep, une centaine de poignées de mains et de ”namaskar ”, des dizaines de fleurs, quelques petites siestes, de gros fous rires, et de quoi remplir 3 fois notre petit estomac …

 

Le lendemain matin, le père Bimal nous amène à Kunkuni, petit village à trente minutes de Mohana . Ici les chrétiens n’ont pas d’église, pour assister à la messe dominicale, ils doivent marcher de nombreux kilomètres.Le père leur apporte l’eucharistie un dimanche par mois,  « They are really poor but they have a strong faith » nous confie-t-il . Cette belle célébration nous fait ressentir l’intensité de leur  foi, véritable source d’espérance pour les chrétiens  indiens.

 

22-23 juillet : Holiday, premier week-end en Inde

En Inde les enfants appellent le week-end « Holiday », en effet, les élèves de la Saint Peter School n’ont pas cours le samedi et le dimanche. On en profite donc pour faire une « grasse matinée », nos réveils sonnent à 8h.
Après un copieux petit déjeuner, nous retrouvons les 70 enfants de l’internat avec qui nous jouons pendant deux heures. Notre activité foot gagne en popularité et nous décelons déjà les futures recrues de la Ligue 1.

L’après midi est assez tranquille, nous nous rendons à la messe à 17h.
Après une heure de liturgie en Oriya, le dialecte de la région, nous sommes invités chez les prêtres de la paroisse, en compagnie des soeurs. C’est en arrivant chez nos hôtes que nous découvrons non pas un dîner mais un festin « european continental food ».
Un à un les plats, pour certains originaux, défilent et dans le noir dû aux fréquentes coupures d’électricité nous passons une excellente soirée assez peu « european » finalement.

C’est un peu fatigués que nous nous sommes rendus à la messe dominicale à 7h15. L’horaire nous paraissait un peu matinale jusqu’à ce que nous comprenions que la cérémonie durerait quatre heures.

Praise the Lord ! Alleluia !

La fête de sainte Anne et de saint Joachim, patrons des époux, est un événement important en Inde. C’est pourquoi l’église, pleine à craquer, accueillait orchestre, décorations, danses et offrandes! Lors de cette messe, les époux de la paroisse ont reçu une bénédiction spéciale. Après le chant final c’est devant toute l’assemblée que nous avons été introduits par le père Martin et ensuite chaleureusement accueillis par les paroissiens.

A la sortie de la messe nous constatons que les familles des internes présentes partagent leurs déjeuners et restent avec leur enfants pour une partie de l’après midi. C’est assez touchant de les voir réunis, sachant que les enfants ne rentreront chez eux qu’à l’occasion des prochaines vacances.

Après cela, nous partons en direction des temples bouddhistes accompagnés des soeurs et du père Prasant, qui nous suit depuis le début de notre mission. Nous découvrons la culture bouddhiste et l’architecture de leurs nombreux temples.

Nous nous rendons ensuite dans une fontaine naturelle

Rituel hindou dans les sources naturelles d’eau chaude

d’eau chaude, devenue lieu de culte hindou.

C’est l’occasion d’échanger avec les soeurs, nous passons les trajets à comparer nos styles musicaux.

 

Lundi 24 juillet

Aujourd’hui c’est encore une belle journée qui nous attend. Nous débutons par la traditionnelle assemblée puis on enchaîne avec les cours du matin. L’après-midi, au programme : football, balle aux prisonniers, épervier, pour changer 😉 Nous sommes toujours aussi ravis de voir leur énergie débordante !
Vers 18h, soeur Lima nous improvise une petite visite dans le village de Juba. Le trajet nous permet de découvrir les paysages tropicaux : montagnes, petits villages, jungle, rizières, bergers avec leurs troupeaux… Arrivés à Juba nous sommes accueillis par les soeurs et le prêtre de la paroisse puis nous partons pour une petite excursion dans les montagnes où nous contemplons cette belle vue qui surplombe le village. Avant de repartir à Mohana, le père nous fait visiter le village et rencontrer ses paroissiens.

Les volontaires de la mission Inde avec les jeunes du village de Juba !

Ces trois jours furent une occasion de plus de découvrir les différentes cultures, religions et autres spiritualités de cet immense pays dans lequel nous avons atterri il y a maintenant plus d’une semaine.

 

L’éducation au cœur de notre mission

Cela fait maintenant plusieurs jours que nous sommes à la Saint Peter School de Mohana et nous avons désormais pris nos marques ici.

Chaque soir, nous nous répartissons  les tâches pour le lendemain : deux volontaires par classe par tranche de 2 heures. Chaque jour, nous comprenons davantage la mesure de la mission qui nous a été confié par soeur Lima, la supérieure du collège.

 

Les élèves de la Saint Peter School confient leur journée au Seigneur avant d’aller en cours.

En Inde, la journée débute par une  »assembly » où les élèves en rang confient leur  journée au Seigneur et expriment leur attachement à leur pays. Les plus grands donnent le rythme et nous sommes impressionnés par leur sérieux et leur implication dans cette cérémonie quotidienne.
À 8h45, les élèves se répartissent dans leurs classes et les cours peuvent commencer.
Nous sommes en charge de trois classes de maternelle. Selon les différents niveaux, nous leurs enseignons les mathématiques et l’anglais jusqu’à la pause du matin. Pour leur jeune âge, ils intègrent rapidement les bases de ces deux matières malgré quelques moments de distraction.

 

Les deux heures suivantes sont consacrés à des activités ludiques : chants, danses, mimes… Nous en profitons pour leur apprendre des comptines françaises.
Pour eux l’école se termine à 13h mais pour nous c’est le moment de reprendre des forces pour les activités de l’après-midi.
Les sœurs sont au petit soin pour nous et nous régalent des diverses spécialités indiennes avec au menu riz traditionnel, poulet au curry, légumes au massala…

Reprise à 15h avec les 7-12 ans avec au programme jeux du béret, parties de football et de thèque.

Le jeu du béret a eu un grand succès auprès des jeunes élèves de Mohana.

Si les enfants se plaignent à soeur Lima c’est seulement parce qu’ils ne nous voient pas assez. On s’attache nous aussi très rapidement à eux.

L’éducation en Inde est assez différente de celle que nous connaissons en France. Les professeurs sont plus exigeants et l’apprentissage de l’anglais et des mathématiques commencent dès le plus jeune âge.

La Saint Peter School accueille aussi 70 internes dont les parents habitent trop loin pour les emmener chaque jour.
C’est avec eux que nous passons le plus de temps. En effet, le matin au petit déjeuner, nous avons tous le droit à notre  »good morning brother »  »good morning sister » et le soir après l’étude nous prions le chapelet avec eux.
Nos journées sont donc bien chargés mais nos efforts sont récompensés par la joie des enfants et la satisfaction des sœurs.

Nous avons aussi le droit à des surprises comme l’anniversaire du petit Robert, le chouchou de l’équipe, célébré par ses camarades de pension par des chants et des danses.

Charlotte fascinée par les danses traditionnelles des jeunes pensionnaires

Bref, les volontaires AED de la mission Inde n’ont pas le temps de s’ennuyer à Mohana !

Mardi 18 juillet : Arrivée à Mohana en Inde

Après de nombreuses heures d’avion et une escale à Doha, Capucine, Antoine et Quentin arrivent enfin à Calcutta à 2h du matin puis virée en taxi qui nous donne un premier aperçu nocturne de ce pays qui semble si différent. Dans l’immense gare de Horaw nous devons tous nous retrouver. En effet, Charlotte et Blaise sillonnent déjà le pays depuis deux semaines et Leyre, l’ambassadrice espagnole du groupe, est arrivée la veille.

Passé la difficulté de se retrouver dans la foule, l’équipe AED Mission embarque dans le train pour Brahmapur après une bénédiction de l’archevêque de Calcutta et c’est parti pour 3 semaines d’aventures !
Durant les 10 heures de trajet, nous en profitons pour tester la cuisine locale, échanger avec nos voisins et découvrir les paysages variés des campagnes indiennes.

À notre arrivée, nous retrouvons le père Bimal, le prêtre qui nous accompagnera pendant notre mission. On embarque alors dans des jeeps et on se rend chez l’évêque du diocèse de Berhampur, monseigneur Sarat Chandra Nayak, chez qui nous allons rester deux jours. Après avoir partagé un thé (appelé ici  »chai »), le père Bimal célèbre la messe dominicale pour nous

Nous faisons alors la connaissance des prêtres du diocèse avec qui nous passerons les jours entre parties de cartes, baignade dans l’océan indien, visite du séminaire et nombreux échanges sur nos différences culturelles. Leur joie permanente et leur sens de l’accueil nous marque profondément.
Nous sommes également surpris par la saison des pluies qui porte décidément bien son nom au vu des averses incessantes.

Les volontaires de la mission AED Inde avec les étudiants de l’école de philosophie et du séminaire de Brahmapur

Mardi 18 juillet, réveil très matinal vers 4h30, les sacs faits et c’est reparti en jeep vers le village de Mohana, dans la région de l’Odisha, où nous allons passé 3 semaines de mission. Sur place, nous sommes accueillis par soeur Lima, la responsable de la Saint Peter Covenant School.

L’équipe AED Mission avec soeur Lima, principale de l’école, le père Bimal et le père Martin

Cette école catholique de 400 enfants compte parmi ses élèves 10% d’hindous. Les enfants ont entre 3 et 12 ans et sont répartis dans les classe selon leur tranche d’âge.
Le père Bimal nous présente chacun notre tour et nous sommes accueillis par les applaudissements des enfants. Devant cet enthousiasme et tant de sourires, nous sommes déjà pressés de commencer notre mission auprès d’eux.

Antoine et Blaise avec les enfants de la Saint Peter School

 

C’est une journée certes pluvieuse mais heureuse qui peut commencer !

 

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