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Le rayon d’eau et la goutte de soleil

Aujourd’hui vendredi, la journée est marquée par les travaux manuels. Réveil à 7h pour les garçons, qui passent deux heures à réparer et à consolider le panneau du clocher. L’après-midi, c’est le désherbage du parvis de l’église de Sculeni, la deuxième paroisse desservie par le père Christopher, qui nous attend. L’église est toute jeune, ayant été consacrée il y a deux ans. Le père Christopher nous dit avec une pointe de fierté qu’il en est la bâtisseur ; pas à proprement parler, mais tous les prêtres ne peuvent se prévaloir d’avoir lancé la construction de l’église dans laquelle ils célèbrent !

Notre travail est d’arracher les touffes d’herbes, parfois très hautes, qui ont poussé entre les dalles. Pendant que nous effectuons cette tâche, le père Christopher célèbre la messe pour trois paroissiens qu’il est lui-même allé chercher chez eux en voiture. Pour nous remercier de notre travail, il fait en nous ramenant un petit détour au supermarché pour nous ramener du Cvas, une boisson locale (sans alcool!) faite à partir de pain et de miel. Le goût est assez semblable à celui du cidre brut.

Le soir, il est prévu que des amis du père Christopher viennent de Pologne. Nous les apercevons rapidement le soir alors qu’ils viennent d’arriver. Malgré leur air de supporter de foot, ayant passé la journée en voiture, nous nous rendons compte le lendemain matin à la messe qu’ils sont tous les 3 (puisqu’ils étaient 3) prêtres, amis de séminaire de Christopher. Il y a presque autant de prêtres autour de l’autel que de fidèles dans l’assemblée !

La journée, nous allons à la rivière qui marque la séparation entre la Moldavie et la Roumanie et qui porte le doux nom de « Prout » (Alerte : ceci n’est pas une blague!) Nous faisons le trajet avec Benoni, un jeune orthodoxe mais qui fait régulièrement enfant de choeur pour Christopher. Nous y passons la journée et pic-niquons sur place. Anecdote intéressante : les gens ont le droit de se baigner dans le Prout, mais ils ont interdiction de le traverser, ce qui reviendrait à passer la frontière illégalement. Autant dire que là-bas, il est interdit de faire des longueurs ! Le maitre-nageur veille au grain. Animés d’un esprit de contradiction proprement national, nous parvenons néanmoins à toucher du doigt la terre roumaine en menant une expédition-éclair, sans trop nous faire tancer au retour. Mais le résultat vaut le risque : nous avons touché la Roumanie !!

Le samedi soir, nous mangeons tous ensemble. Le père Christopher a sorti le Barbecue. Ensemble, nous partageons nos souvenirs des JMJ, nous parlons de la Pologne, de l’Eglise en France (qui fait piètre figure face au dynamisme polonais, où 92% de la population est catholique !), et de l’orthodoxie. De manière générale, nous avons remarqué que les prêtres catholiques de Moldavie étaient très sceptiques vis-à-vis de l’orthodoxie, dont ils critiquent la foi mâtinée de superstition et d’esprit commercial (là-bas, tout se paye: les messes, les sacrements, il y a systématiquement une boutique d’articles religieux dans le nartex des églises orthodoxe).

Nous retournons au Prout le lendemain, mais la pluie raccourcit notre périple. Ladite pluie viendra visiter Ungheni jusqu’à Lundi après-midi, contrastant avec les chaleurs étouffantes des journées précédantes (c’est pas comme ça qu’on nous avait vendu les pays de l’Est !!!) nous forçant à une journée de repos.

Début de semaine à Ungheni

La journée du mardi est très chaude (ce ne sera pas la dernière), aussi la plupart des enfants préfèrent rester chez eux. C’est donc avec un effectif réduit que nous commençons la journée. Nous nous sommes rapidement mis d’accord sur un programme journalier bien défini : messe tous les matins à 9h avec le père Christopher (célébrée en latin mais sous la forme ordinaire du rite romain), puis petit-déjeuner, nous passons la mâtinée à lire (une émulation de groupe s’est formée autour des livres de Simone Weil que Quentin a ramené de France), jouer aux cartes, à faire les courses au marché ou au supermarché, à visiter la ville, à faire le ménage et à mener les affaires courantes de la vie en communauté ; nous déjeuner vers 13h avec le père Christopher, puis nous sortons pour nous occuper des enfants pendant toute l’après-midi, jusqu’à 19h ou 20h, en nous relayant pour les petites pauses de l’après-midi et la préparation du dîner, que nous prenons aussi avec le père Christopher. Nous passons la soirée ensemble, à visiter Ungheni ou à rester faire des activités entre nous.

Nous profitons des temps de repas pour questionner le père Chistopher sur la situation à Ungheni. Il y a 11 catholiques sur les deux paroisses d’Ungheni et de Sculeni, dont il a la charge. Lors de la construction de l’église d’Ungheni, il y a 10 ans, ils étaient 20, mais les vieux ont passé et les jeunes sont partis, comme dans toute la Moldavie (25 % d’expatriés). Il y a une carte de la Moldavie accrochée dans le salon, il en profite pour nous dresser l’état de la communauté catholique dans le pays : il y a 4 catholiques à Comrat, 3 à Goldeni, 2 familles à Rezina, etc. La plupart d’entre eux n’ont pas de prêtres à proximité et vivent leur foi dans un milieu exclusivement orthodoxe.

Nous lui demandons pourquoi il a voulu être missionnaire : il nous parle de son appétence initiale pour les sociétés tribales (il a été auparavant en Tanzanie et au Kenya) mais dont il s’était rendu compte que ce n’était pas fait pour lui, de son goût pour les langues (il parle Allemand, Polonais, Russe, Roumain, Espagnol, Italien et a de très bonnes notions en Ukrainien, en Slovaque et en Anglais), et de son désir pauvrement (il critique par exemple le fait que les prêtres polonais soient très bien rémunérés). Nous lui demandons quels sont ses activités et son emploi du temps à Ungheni : il nous répond avec une pointe de pessimisme qu’ il le passe à payer les factures, à nettoyer et à demander à son évêque pourquoi il est là. Comme beaucoup de missionnaires, il se pose la question de la pérennité de son action et de sa paroisse.

Côté travaux physiques, le service est de taille : le clocher de l’église est doté sur les quatres côtés de grands panneaux formés de baguettes de bois de forme rectangulaire positionnées de biais comme dans les stores d’intérieur et montées sur un cadre en bois à base rectangulaire surmonté d’un autre cadre triangulaire. Le problème, c’est que sur la partie la plus visible, le cadre s’est relâché et les baguettes sont tombés, laissant voir un trou béant qui heurte le regard. Aussi, le père nous a demandés (en particulier aux garçons) de l’aider à réparer le panneau. Nous commençons le travail mercredi, où nous passons l’après-midi à dévisser le panneau, puis (après moult réflexion et essais malencontreux)) à le laisser glisser le long du toit de l’église jusqu’au sol, attaché à une corde, pour pouvoir le retaper sans avoir les pieds dans le vide. Nous devons le repeindre et le réassembler, cependant pour ce faire, le père doit passer acheter le matériel, nous remettons donc la séance à plus tard. De plus, aujourd’hui, c’est la Saint Elie, et pour les orthodoxes, le travail manuel est prohibé pour la journée, aussi le père préfère ne pas trop attirer l’attention. Ce n’est que partie remise !

(Photo: Les panneaux de bois désolidarisés (ils étaient auparavant vissés entre eux) après avoir repositionné et recollé la plupart des baguettes de bois (le trou faisait auparavant l’équivalent de la moitié du panneaux rectangulaire)

(Photo: Le clocher de l’église, une fois le panneau de bois enlevé)

(Photo: l’intérieur du clocher)

Comme un coeur qui se déchire… (de Balti à Ungheni)

Aujourd’hui samedi, c’est ménage ! Nous voyons les Moldaves en fin d’après-midi pour dire au revoir à ceux d’entre eux qui doivent partir dans la journée, puis de nouveau le soir. C’est le moment cadeau : nous leur offrons une carte de vœux, chanson d’adieu sur l’air des Champs Élysée, ils nous donnent un bracelet aux couleurs de la Moldavie.

Entre les deux, nous nettoyons, balayons, astiquons, rangeons les sacs, arrosons les plantes (en priant pour qu’elles ne crèvent pas parce que nous les avons oubliées pendant 10 jours….).

Le lendemain matin, nous retrouvons Victoria, Elena et Crisitina à 8h. Dernier coup de balai, on leur remet les clés et on règle les repas au centre Caritas, puis c’est le grand départ ! Nous traversons la ville sac au dos, il nous faut une heure pour atteindre la gare routière, où nous récupérons les billets. Adieux déchirants.

Nous montons dans le bus, où nous sommes très étonnés de voir des gens faire le trajet debout dans l’allée. « C’est la Moldavie » nous répond Elena avec un petit sourire quand nous lui posons la question, juste avant la fermeture des portes.

Le trajet dure près de deux heures. Nous le passons à dormir. A intervalle régulier, le chauffeur s’arrête pour déposer quelqu’un, parfois en rase campagne. Nous arrivons à Ungheni pour l’heure du déjeuner. Les scouts de France nous attendent à l’arrivée avec le père Christopher (Krzysztof de son vrai nom), originaire de Silésie, en Pologne. Les scouts doivent partir le lendemain matin. Nous mangeons dans une pizzeria, à qui il a fallu le temps du trajet vers Ungheni pour nous servir, puis direction l’église. Nous rencontrons quelques uns des enfants dont nous devrons nous occuper. Après visite des lieux et des environs, conseils pratiques des scouts et installation sommaire dans le grenier pour la première nuit, messe dominicale avec le père, nous dînons tous ensemble dans la salle à manger. Première nuit à Ungheni.

(Photo: L’équipe avec les jeunes et le père Christopher, au centre et avec un chapeau de paille. Comme les parents travaillent et que les centres de vacances n’existent pas, la paroisse a accueilli cette « garderie spontanée » afin de permettre aux jeunes de se sociabiliser et d’occuper leurs journées pendant les vacances et après les cours)

Les scouts nous quittent le lundi matin à 11h, ils ont un bus pour Chisinau où ils doivent passer encore une semaine. Le reste de la journée est tranquille, nous passons l’après-midi à jouer avec les enfants qui viennent passer la journée à jouer dehors, à côté du presbytère.

(Photo: l’église orthodoxe d’Ungheni, dans le centre-ville)

Journée-découverte à Orhei

Notre mission à Balti touche à sa fin. Après la fête du centre de jeudi qui marquait la fin des animations estivales, le centre Caritas est vide. Ils ont même coupé Internet ! Le départ vers Ungheni est prévu pour Dimanche, le samedi est bloqué pour le ménage, remise en condition et derniers préparatifs. Autrement dit, Vendredi est la journée où l’on profite ! Avec les lycéens moldaves, on a monté une expédition pour aller visiter Orhei Vechi, un sanctuaire orthodoxe entre Chisinau et Balti. Le bus que nous avons réservé vient nous prendre à 8h30. Il ressemble à une fourgonnette et il a les vitres teintées. Nous montons sans aucune appréhension (enfin, presque…) ; les Moldaves nous attendent à l’intérieur. Le trajet dure approximativement une heure et demi, sous une pluie battante, cependant il fait beau quand nous descendons, une fois arrivés à destination.

Le sanctuaire est niché sur les pans d’un cirque naturel qui enserre un morceau de campagne. En bas chante une rivière.

Nous empruntons un chemin rocailleux qui suit la crète. Manque de chance, un mariage nous interdit l’accès à l’église. De plus, le monastère, taillé dans le roc, uniquement visible depuis l’extérieur de par une porte cadenassée en plein champ, est inaccessible pour le moment. Nous descendons donc sur l’autre versant où niche un village.

Nous suivons la rue centrale puis le chemin qui la remplace, jusqu’à parvenir au pied d’une haute colline qui attire notre attention du fait de la grotte qui lui ouvre le flanc. Nous gravissons la première et explorons la deuxième.

(Photos: La grotte de la colline)

(Photos: La colline de la grotte)

(Photos: Vue depuis le haut de la colline)

(Photo: L’Ascension)

Puis, redescente et déjeuner dans un petit restaurant du village précédemment mentionné, à la décoration intérieure très marquée par la couleur locale.

L’après-midi, nous revenons sur nos pas. Le mariage est terminé et le monastère ouvert. L’église a été construite sur un à-pic duquel elle domine tout le paysage. Comme dans toutes les églises orthodoxes que nous avons visitées jusqu’à présent, l’intérieur est exiguë et dépourvu de bancs. De grands panneaux de bois peints séparent le sanctuaire, réservé aux prêtres, où se trouve l’autel, et le choeur, où se massent les fidèles. Il y a quelques petites chapelles sur le côté et presque toujours un nartex, même si extrêmement réduit en terme de dimensions.

Le monastère est quant à lui creusé dans la roche. De petite taille, il comporte deux salles : la salle de prière, avec autel et cierges, et une salle complètement vide de ce qui devait autrefois être un dortoir collectif.

Le plus impressionnant est la corniche à laquelle nous accédons via la salle de prière, longue d’une demi-douzaine de mètres et large comme un homme allongé, qui donne directement sur le vide. Dans les entailles de la roche qui nous surplombe ont été insérées des pièces de monnaie : lei moldaves ou roumains, zlotis polonais ; en guise de porte-bonheurs.

Nous effectuons la redescente en plusieurs fois, car certains contemplatifs n’ont pas vu le groupe amorcer le départ vers le bus. Le trajet du retour est très animé. Nous nous souviendrons de cette excursion !

La journée des artistes

Aujourd’hui jeudi, nous allons au théâtre. Rodica et ses élèves nous ont donné rendez-vous devant le théâtre national « Vasile Alecsandri », dans le centre-ville de Balti, pour 10h45. Nous arrivons à 11h, ayant pris un peu de retard. Il est d’ailleurs à ce sujet important de mentionner le militantisme de l’équipe AED Moldavie, qui a décidé d’œuvrer pour la disparition des préjugés sous toutes leurs formes, en particulier ceux touchant à la condition féminine, comme la vision selon laquelle les filles sont tout le temps en retard, surtout le matin, le temps de se préparer : chez nous, ce sont les garçons qui sont à la bourre !

(Photo: Le théâtre national Vasile Alecsandri)

La pièce, dont le titre ne nous était pas parvenu avant la présentation, se révèle être d’origine française : La nuit de Valognes, d’Eric-Emmanuel Schmitt. Les dialogues sont en Roumain, mais la bande-son présente des chansons en Français. Si nous ne comprenons pas tous les détails, nous apprécions néanmoins la représentation, de grande qualité artistique.

L’après-midi, c’est la kermesse de fin de la session été du centre Caritas. Les enfants ont travaillé ces derniers jours sur plusieurs partitions musicales, soit en chant, soit en danse chorégraphiée. On nous demande de contribuer à la fête : ce sera bâton du diable (numéro effectué par Amaury) et Madison, mené par Manon, Armelle, Camille et Isaure, qui l’avaient appris aux enfants en début de semaine. A la fin, les responsables distribuent cadeaux et friandises aux enfants. A notre surprise, nous ne sommes pas oubliés. Pour nous, c’est tablette de chocolat et magnet pour frigo aux couleurs de la Moldavie.

(Photo: Interprétation de « Tusi » (une chanson russe) par Victoria)

(Photo: Chorégraphie de « La danse des canards »)

(Photo et vidéo: Démonstration de bâton du diable)

(Photo: Quentin, Armelle et Isaure)

(Photo: Remise des cadeaux)

Les lycéens, qui ont été conviés, sont venus assister en nombre à la présentation. Après le départ des enfants, nous leur proposons de passer un temps convivial avec nous dans la cuisine de l’étage où nous logeons. Les restes copieux du barbecue de la dernière fois font office de pitance, les Moldaves ont aussi ramené à manger.

C’est une journée marquée par l’art qui s’achève !

Mission-éclair à Ungheni

Pour mercredi, les pères Jatek (le Suisse-Allemand) et Vassile ont préparé une surprise à Amaury et Manon : nous sommes la Sainte Anne, et pour les catholiques de Moldavie, c’est la fête. Des prêtres de tout le pays se retrouvent à Ungheni pour une messe commune, et nous avons été conviés pour l’animation. On nous demande une fois encore de chanter le psaume en Français. C’est aussi l’occasion de découvrir les lieux où nous allons passer la deuxième partie de notre mission.

Nous y allons ensemble en voiture. Comme pour le trajet reliant Chisinau et Balti, le voyage est plein d’enseignements, sauf que cette fois-ci, nous avons les commentaires des prêtres pour nous expliquer ce que nous avons sous les yeux.

La route est en bien meilleur état, mais le paysage reste sensiblement semblable. Nous croisons un immeuble en construction qui a été abandonné avant son achèvement (passé sans transition de l’état de construction à celui de ruine), un lac asséché, 3 usines abandonnées. Nous voyons même un ancien kolkhoze !

L’église d’Ungheni et le presbytère ne sont qu’un seul bâtiment. Neuf. Nous sommes accueillis par des scouts de France qui font leur expériment à Ungheni. Ils sont censés partir quand nous arrivons. Nous visitons avec eux le lieu et nous prenons la température : logement, courses, activités, etc. (mais nous gardons la description pour plus tard, sinon il n’y aura pas de suspens !).

La paroisse n’est pas bien grande, mais les fidèles sont venus en nombre (c’est-à-dire une petite trentaine) pour la Sainte-Anne. 4 prêtres concélèbrent avec le curé de Chisinau, qui préside la célébration (soit un total de 5). Scène banale en France, mais il faut se dire que cela représente près du tiers du clergé du pays !

Repas convivial avec tout le monde, puis retour à Balti. Sur le trajet, on parle avec les pères. On leur demande s’il y a des séminaristes en Moldavie. Aucun. On leur dit qu’on va prier pour les vocations. Réponse du père Jatek : Jamais ! Il faut prier pour les familles, pas pour les vocations. S’il y a des familles, il y aura des prêtres. Nous ne sommes pas habitués à ce discours.

Le reste de la journée (ainsi que la mâtinée pour ceux qui sont restés à Balti) est calqué sur celles qui ont précédé, et suivant un schéma qui s’est affiné au fil des jours pour parvenir à un certain aboutissement, et dont voici la trame : le matin, activité, souvent culturelle, avec les lycéens, retour au centre avant 13h30, repas de 13h30 à 14h avec les enfants, puis animation ou travaux manuels pendant l’après-midi jusqu’à 17h ou 18h jusqu’à la fermeture, puis temps fraternel, soit entre nous, soit de nouveau avec les lycéens moldaves.

(Photo: matin footing autour du lac de Balti)

(Photo: Quentin avec Masha, au centre Caritas)

(Photo: Préparation du repas)

(Photo: Mission remplissage d’eau)

Comme un mardi

Aujourd’hui, nous sommes Mardi. Et, comme tous les mardis depuis que nous sommes ici (c’est le premier), nous allons au musée. Au programme : peuplement de la région de Balti, histoire de la Moldavie, exposition sur les vêtements traditionnels et outils d’agriculture et de tissage moldaves.

(Photo: Il y en a une qui n’écoute pas !)

(Photo: Alex et Quentin dans la salle des vêtements traditionnels )

(Photo: Drapeau de la Moldavie, différent du drapeau roumain de par l’aigle au blason au centre )

(Photo de groupe devant le drapeau de la Moldavie)

(Photo de groupe devant le drapeau de Balti)

 

(Photo: Armes)

(Photo: Isaure et Manon)

(Photo: Elena devant la pancarte correspondant à la ville de Vitebsk (Biélorussie) où elle habite, ville jumelée avec Balti)

 

(Photo: Confrontation)

Niveau culture, il y a des choses à apprendre. Par exemple, la Moldavie n’est pas homogène ethniquement, comme la plupart des pays de l’ex-URSS, d’où la coexistence au sein d’un même territoire de plusieurs langues. Impensable, en France (parce que bon, les langues régionales, c’est bien joli, mais là c’est du sérieux ! On parle de la vie quotidienne, pas de TéléOccitan.)

En Moldavie, Russe et Roumain coexistent, de par l’héritage d’une histoire commune tout à la fois avec la Roumanie et avec la Russie. Historiquement, les Moldaves peuplaient les campagnes tandis que les Russes (présents sur tout le territoire de l’ex-URSS) étaient plus présents dans les villes. Cependant, l’exode rurale a brassé ces populations. Aussi, si tous les Moldaves ne parlent pas le Russe, ils sont une majorité à le comprendre : l’ordinaire de la messe (qu’elle soit catholique ou orthodoxe) se fait en Russe, c’est aussi cette langue qui est favorisée au centre Caritas, où tous ne parlent pas Roumain.

Cette situation nous pose un problème plutôt incongru : quand nous arrivons à saisir un mot quelconque, on n’est jamais sûr de la langue à laquelle il appartient. Avec l’entrainement, nous arrivons à peu près à les distinguer  à l’oreille. A l’écrit, c’est plus facile : si on arrive à lire l’alphabet utilisé, c’est du Roumain, si c’est écrit en cyrillique, bah c’est du Russe ! (Quand ils ne s’amusent pas à écrire le Russe en langue latine…). C’est impressionnant de les voir passer d’une langue à l’autre sans effort, ou de nous apprendre un mot sous les deux versions à la fois sans hésitation, comme s’il s’agissait de synonymes. Nous avons par exemple appris que « cure-dents » se dit « Zoubotchiska » en Russe et « Scobitoare » en Roumain.

L’après-midi, nous reprenons les travaux de réfection du terrain de foot : cette fois-ci, ce sont les bancs, déjà poncés, que l’on verni. On poursuit aussi la peinture des piquets et des cages.

(Photos: Vernissage)

(Photo: Peinturluration)

Le soir, le démon du jeu (de cartes, en l’occurrence, du Président) nous tient jusqu’à tard le soir, mais le cri de Morphée se fait suffisamment fort pour que nous finissions par y renoncer, et nous regagnons nos pénates.

Nouvelles aventures du club des 7 !

Aujourd’hui Dimanche. Nous rencontrons pour la première fois la communauté catholique de Balti au complet pour la messe. La célébration se fait habituellement en Polonais, en Moldave et en Russe (le curé comprend le Moldave mais ne le parle pas). De par notre présence, on y adjoint aussi l’Anglais, le Français et le Latin (l’Anglais pour le sermon, prononcé par le prêtre Suisse-allemand et retraduit en direct en Moldave pour l’assemblée ; le Français pour le psaume, chanté à deux voix par Manon et Amaury ; et le Latin pour le chant de post-communion, avec l’Anima Christi, chanté en polyphonie par toute l’équipe à la demande du père Vassile qui voulait apprendre le chant à la paroisse).

(Photo: Nettoyage de l’église avec un balai de 40cm 100% paille !)

A la sortie, nous retrouvons Rodica, Eléna, Cristina (que vous commencez déjà à connaître si vous suivez assidûment nos aventures) et d’autres de la communauté. Les élèves de Rodica, qui sont pour la plupart orthodoxes, nous rejoignent au compte-goutte. Nous leur avions donné rendez-vous pour 11 heures. Dimanche, jour du seigneur et de repos, sera consacré à la recherche d’un musée (qui finalement se trouve être fermé), à faire les courses, et à jouer en compagnie de nos amis moldaves.

(Photo: Steak ou pas steak ?)

(Photo: Un étal au marché)

Nous avons rendez-vous le lendemain au lycée Eminescu pour une présentation du lycée (qui comporte plusieurs classes bilingues Français/ Moldave), de l’enseignement du Français en Moldavie, des dispositifs éducatifs de Balti et des nouveaux anciens élèves, dont certains partent en France à la rentrée prochaine. Les responsables de l’établissement semblent très contents de nous rencontrer. Nous passons un bon moment à discuter avec les élèves, beaucoup appréhendent leur départ, et nous posent beaucoup de questions. La majorité d’entre eux étant orthodoxes, nous leur demandons d’assister au culte orthodoxe. Ceux que nous avions déjà rencontrés nous avouent avoir lu nos articles sur le blog de l’AED (ils ont trouvé le lien sur notre Facebook !), gros coup de stress pour les rédacteurs ! Mais apparemment, ils ont plutôt accroché. Ils nous avouent que c’est en les lisant qu’ils ont compris comment s’écrivaient nos prénoms !

(Photo: Char d’assaut soviétique, monument aux morts de Balti. Oui je sais, ça n’a aucun rapport avec l’article, mais il est trop beau et je ne savais pas où le mettre !)

Puis nous retournons au centre Caritas pour manger avec les enfants. Au passage, nous aidons les responsables pour le service. Puis, après une démonstration extraordinaire de bâton du diable effectué par le non moins extraordinaire Amaury (je vous laisse deviner qui écrit ces lignes), temps de présentation et de partage. Nous apprenons que le centre Caritas, ouvert pendant l’année après la classe, permet aux jeunes, souvent issus de milieux défavorisés, de faire leur devoir dans un cadre propice au travail personnel, de profiter d’un soutien scolaire efficace et personnalisé, et de manger le soir gratuitement pour soulager financièrement les parents. Après cette parenthèse, go back to work avec la peinture des installations qui avaient été poncées ultérieurement. Tâche inachevée du fait de l’intervention inopinée de la pluie, mais bien avancée tout de même.

(Photo: Pause babyfoot !!)

(Photo: Pause coiffure !!)

Les enfants rentrent chez eux à 17h, mais nous les gardons encore 45min jusqu’au départ des retardataires. Puis, nous rejoignons les élèves du lycée Eminescu qui nous ont invité à un barbecue sur les bords du lac. Le coin est super sympa, la viande est délicieuse. Les Moldaves nous font découvrir chansons et danses locales ; en contrepartie nous les initions aux joies du rock à 4 temps. La journée se termine très bien !

(Photo: Vue du lac de Balti depuis la zone du barbecue) 

(The same)

(Photo: Finale européenne de volley-ball féminin, France vs Moldavie)

(Photo: Manon pousse la chansonnette)

Les choses sérieuses commencent !

Aujourd’hui vendredi, nous faisons, pour ceux d’entre nous qui n’étaient pas allés en Transnistrie, la connaissance des enfants accueillis par le centre Caritas pendant les vacances. Après un moment convivial passé avec Rodica, professeur de Français au lycée « Mihai Eminescu », du nom d’un poète roumain du 19ème siècle, et certains de ses élèves, dont font partie Cristina, Alexander et anciennement Eléna (nous apprenons qu’elle a déménagé il y a quelques années en Biélorussie avec ses parents et qu’elle revient en vacances chez sa grand-mère) ; nous déjeunons avec les petits.

(Photo: Eva et Masha (elles sont soeurs) avec Amaury, en tenue de travail)

L’après-midi est dédié à des travaux d’extérieur. Le centre Caritas dispose d’une arrière-cour pour les enfants, avec parc de jeu et petit terrain de football, mais ceux-ci sont en mauvais état. Armés d’un morceau de papier de verre et d’un masque anti-poussière, les garçons passent leur après-midi à poncer le bois des bancs et les barres de métal du grillage du terrain de foot, dans le but de les peindre ultérieurement. Fait notable : la pause foot au milieu, avec les jeunes du centre. Pendant ce temps, les filles participent à un atelier couture.

(Photo: Le terrain de foot du centre Caritas)

(Photo: Arrière du centre Caritas)

(Photo: Atelier couture)

Comme à l’école des fans, les enfants sont formidables ( petite antisèche pour ceux qui ne comprennent pas la référence : https://www.youtube.com/watch?v=YOU1wNYcHYM ) : Vadim, Masha, Vanessa, etc. nous assistent dans notre tâche et s’offrent spontanément pour participer activement à notre réhydratation. Les travaux manuels se poursuivent le lendemain, avec cette fois le désherbage de la cour, du bout de prairie et du parc de jeux. Matériel à disposition en début d’opération : 1 gant par personne. On nous fournira par la suite une hachette, une paire de cisailles, et même une débroussailleuse à fils !

Après deux heures de chantier, le terrain a complètement changé de visage. Les chardons qui le parsemaient ont disparu, les hautes herbes ont été déblayées, et le bac à sable a été libéré de la colonisation fourragère (aucun rapport avec l’Armée n’est à relever dans cette expression).

(Photo: Terrain non désherbé)

(Photo: Terrain désherbé. Oui, je sais, ce n’est pas le même, mais on n’a pas pensé à faire une photo avant/après, on se rattrape comme on peut…)

Après-midi sieste (on a eu de petites nuits), avant de retrouver à 17h les jeunes du lycée de Rodica à l’église catholique de Balti, avec le père Vassile pour un temps de partage. Au programme : présentation de l’AED, de la mission, temps de questions. Nous en apprenons un peu plus sur la présence de l’Église en Moldavie. Elle trouve ses racines dans les mouvements de population de l’Europe de l’Est, notamment depuis la Pologne ; et dans le missionariat. Elle est extrêmement minoritaire : il y a 1 000 catholiques dans tout le pays, quasi inexistante dans les campagnes, et 17 prêtres (y compris réguliers) sur le tout territoire, dont 3 seulement sont Moldaves. Sur Balti, le curé est polonais, il y a aussi un missionnaire Suisse-Allemand ; seul Vassile, d’origine polonaise, est natif du pays.

(Photo: De gauche à droite: Manon, Cristina, Isaure, Amaury, Armelle, Quentin, Rodica, Alexandre, Camille et Hélie, devant le parvis de l’église catholique de Balti)

Celui-ci est allé pour la première fois aux JMJ cet été à Cracovie, accompagné d’une trentaine de jeunes (ils sont 150 Moldaves à avoir fait le trajet). On lui demande ce qu’il en retient. Réponse : l’espérance. Lorsque l’on est issu d’une minorité écrasante sur un territoire donné, voir et rencontrer des croyants venus du monde entier est un extraordinaire moteur spirituel. Nous sentons que si nous sommes ici, c’est aussi pour ça.

(Photo: Jeu du cowboy, que nous ont appris les jeunes du centre Caritas (Camille a envie de gagner)

D’un pays à l’autre (deuxième jour)

Deuxième jour. Victoria est venue toquer à notre porte pour nous réveiller. Elle nous attend dans la cuisine avec Cristina et Alexander, un de ses camarades de classe. La veille, le père nous avait proposé d’aller faire une balade en bateau avec les enfants de la paroisse qui viennent à la paroisse l’été pour des cours complémentaires et des activités de loisir. Les infrastructures d’accueil se trouvent au rendez-de-chaussée du presbytère : salle de classe, cuisine, réfectoire, parc de jeu et terrain de football dans l’arrière-cour. Seul problème : la balade se situe à la frontière avec la Transnistrie. Passeport obligatoire. Sur les 7, seuls 3 l’ont (Camille, Hélie et Manon). Ceux-ci étaient partis sans nous réveiller à 7h avec Héléna. Activité alternative pour les autres avec Victoria, Cristina et Alex : visite du centre-ville de Balti, de la cathédrale orthodoxe (interdit aux filles non voilées et sans jupe longue), achat d’un dictionnaire français-roumain, courses pour l’alimentaire (notables par la découverte par Quentin d’un sac de pâtes de 5kg pour moins de 90 lei, soit à peine plus de 4€), et restaurant pour découvrir les spécialités du pays.

(Photo: L’avenue principale du centre-ville de Balti)

Restaurants et bars sont dans un état impeccable, en particulier dans le centre-ville ; on n’est dépaysés que par les plats qu’ils servent, des galettes à la viande ou au fromage, entre autres. Puis retour au centre Caritas, et parties de cartes jusqu’au retour du second groupe.

(Photo: Statue de Stéphane le Grand, roi de Moldavie au 15ème siècle, place de la mairie)

(Photo: de gauche à droite: Hélie, Manon, Héléna, Camille, le père Vassile)

Côté Transnistrie, la journée s’est déroulée de la façon suivante : trajet en car pendant 2h jusqu’à la frontière, passage à la douane qui a duré une bonne quarantaine de minute avec tentative des militaires d’imposer une autorité artificielle, car non armés et d’effectif réduit, embarquement à bord d’un petit bateau de croisière de deux étages arborant fièrement le drapeau transnistrien blanc et bleu floqué de la faucille et du marteau communistes, animations pour les enfants, suivi du cours d’eau qui marque la frontière entre la Transnistrie et le reste de la Moldavie, accostage du côté moldave (sans contrôle) pour aller visiter le monastère orthodoxe de Saharna, fondé au 15ème siècle par un ermite (on peut encore visiter la grotte dans laquelle il a vécu), puis retour à Balti. Retrouvailles, repas, jeux de cartes, prière et dodo.

(Photo: Le monastère de Saharna comporte des bassins dans lesquels les fidèles viennent se laver, un peu comme à Lourdes, mais sans les infrastructures)

(Photo du monastère de Saharna)

(Photo: Drapeau de la Transnistrie)

 

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