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Chapitre XI (Final) – Les indestructibles

5 août 2018

Il est deux heures du matin et des poussières. A peine le temps d’ouvrir les paupières, que nous nous enfonçons dans la nuit noire pour rejoindre l’aéroport d’Ufa. La fin est proche. Alors que l’avion s’envole, nous jetons un dernier regard sur la ville endormie et les premières lumières de la Russie. Dans nos cœurs, une foule de sentiments s’entremêlent : mélancolie, joie, tristesse, espérance… Nous avons tant appris au cours de ces trois semaines, nous avons chanté et prié ensemble, nous avons partagé nos joies, nos peines, nous avons rencontré tant de gens, nous avons découvert tant de belles choses qu’il est difficile de ne pas se retourner sans une pointe de nostalgie. Mais nous allons de l’avant : « Le Seigneur nous appelle à le servir à chaque instant, là où il nous est donné de vivre », nous a rappelé le Père Nicklas. Puissions-nous toujours nous en souvenir !

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Toute l’équipe de la mission AED Russie 2018 vous remercie de nous avoir suivis au cours de ces extraordinaires aventures. Nous espérons avoir pu vous transmettre une petite partie de la joie et de la chance que nous avons eues de découvrir ce magnifique pays, ces familles et ces communautés au cours de ces trois semaines.

Nous nous sommes quittés le cœur lourd, grandis par une expérience formidable.

« Dépêchez-vous de faire le bien ! » 

Alexandre Men

Chapitre X – Les Russes aux Jeux Olympiques

3 août 2018

Une fois le petit-déjeuner avalé, la vaisselle essuyée, et les dents brossées, un événement de la plus haute importance est attendu : un match décisif pour la coupe du monde de football d’Aleksejevka. La France et la Russie s’affrontent dans une partie enragée. L’entrain et le talent de nos jeunes adversaires étaient tels que, malgré notre stratégie et notre enthousiasme, la victoire revint à la Russie, avec un score néanmoins honorable de 4 à 3. Un tel effort mérite une récompense ; nous nous retrouvons autour d’un déjeuner copieux où les enfants vantent le succès de leur stratégie.

 

Tandis que deux d’entre nous s’éclipsent pour préparer les récompenses des olympiades, les autres animateurs s’attellent à l’activité manuelle de l’après-midi : création de dizainiers en perles. Après ce moment plutôt reposant, il est temps de se remettre en compétition ; les olympiades commencent ! Deux équipes s’affrontent vaillamment autour de plusieurs épreuves préparées par nos soins : jeux d’eau, balle au prisonnier, chifumi géant… Les enfants ont un bon esprit d’équipe, le tout se déroule dans une ambiance décontractée et chaleureuse.

Puis il est l’heure d’assister à la messe de clôture du camp des servants d’autel, à laquelle nous contribuons en animant quelques chants. L’atmosphère paisible et le recueillement des enfants sont pour nous révélateurs de la réelle ferveur de ces jeunes. Enfin, arrive le moment tant attendu par les enfants, la remise des prix où chaque jeune reçoit un paquet rempli de surprises. Nous prolongeons ce moment joyeux autour d’un banquet et d’un feu de camp animé de musiques et de rires. Cette soirée laissera dans le cœur de chacun comme un collier où chaque souvenir est une perle plus brillante que l’autre.

4 août 2018

Dernier repas avec les enfants, le petit-déjeuner a un arrière-goût de nostalgie. Les adieux se déroulent assez rapidement car la plupart des enfants ont plusieurs heures de route pour rentrer chez eux (certains ont plus de 800 km de trajet !). Le cœur un peu serré, nous les regardons partir. Cinq jours avec eux ont suffi pour que nous nous attachions à ces enfants toujours souriants et gentils, malgré leur conditions de vie souvent difficiles !

Enfin, nous nous consacrons au ménage des maisons, dans lesquelles le camp avait lieu, et commençons également à ranger nos affaires : le départ approche. L’équipe se retrouve ensuite au grand complet pour un temps d’adoration. Nous avions en effet choisi de placer notre mission sous le regard du Christ, et c’était essentiel pour nous de prendre ce temps de prière en équipe, pour rendre grâce pour tous ces beaux moments.

Après le déjeuner, les sœurs nous emmènent faire une petite balade autour d’un lac, perdu au milieu d’un écrin de verdure et des araignées. Une nouvelle fois, nous pouvons admirer ces vastes étendues sauvages de la Russie et en apprécier la pureté et la douceur. A notre retour, le père célèbre pour nous la messe anticipée, notre voyage demain ne nous permettant pas de trouver facilement une messe en France.

Le dîner qui suit, avec le père et les sœurs, est une nouvelle occasion pour nous de les remercier pour ces merveilleux moments qu’ils nous ont permis de vivre ! Ce soir, nous nous endormirons avec des souvenirs et des images désormais gravés dans nos mémoires, des visages et des sourires que jamais nous ne saurons nous résoudre à oublier…

Chapitre IX – Into the wild

1er Août 2018

La matinée se déroule tranquillement entre la prière, le petit déjeuner et le bricolage : les enfants décorent des casquettes blanches qu’ils pourront ensuite rapporter chez eux en souvenir. Après le déjeuner, notre équipe est séparée en deux : les filles partent avec les religieuses, et les garçons avec les enfants et les hommes de la communauté pour le camping.

Côté filles

Commence alors pour nous une longue expédition à travers la steppe. Dans la camionnette des sœurs, sont entassés bananes, bonbons, filles, instruments. Le plus important est conservé sur le cœur de Sœur Laura : la Sainte Communion. En effet, nous allons, au cours de l’après-midi, passer dans la maison de plusieurs personnes âgées, pour leur apporter l’Eucharistie. Nous avons été très touchées par ces rencontres avec ces personnes animées d’une foi exemplaire, malgré les conditions difficiles de leur vie. Chacune de ces visites étaient très conviviales et nous ont permis de rencontrer le cœur de la Russie, à coup de bortsch dès 4 h de l’après-midi !

Le Père Niklas nous a rejointes pour célébrer la messe dans une maison familiale. Nous sommes alors recrutées pour chanter et jouer de la musique pendant l’offertoire. La musique était la seule chose que nous pouvions leur offrir, en échange de leur accueil et de leurs confidences. C’est également cette petite joie de la musique que nous avons pu apporter aux habitants d’un village voisin. Nous repartons pour Aleksejevka. Deux heures de route sur un chemin de terre battue. Nous voyons alors défiler sous nos yeux les plaines immenses de Russie, sous un coucher de soleil rouge, à travers les sapins.

Cette vadrouille au milieu des steppes nous a permis de découvrir la vraie détresse bien cachée de la Russie. Derrière la façade brillante de Moscou, se trouve une vraie pauvreté aussi morale que matérielle, comme nous avons pu le voir dans ces petits villages inconnus de tous. Tel ce petit garçon, aux yeux océaniques et à la peau noir de crasse, qui nous observait à la fois curieux et effrayé. Il avait travaillé toute la journée à garder les animaux, tandis que sa maman allait chercher des baies pour les vendre et pouvoir survivre.

Côté garçons

Le matin, nous profitons de cette matinée de libre pour nous reposer un peu, sans omettre la messe, car nous savions ce qui nous attendait l’après-midi. En effet, après un déjeuner consistant, nous embarquons dans le bolide du Père Nicklas, en direction des steppes bachkires, près d’un village nommé Ourtatao. L’un des nôtres, trop fatigué, se sentit malade au cours du trajet, ce qui nous a forcés à faire demi-tour, et à rattraper le retard sur le bus, peu performant mais non moins endurant, transportant les enfants.

Voguant dans un paysage russo-farwestien, nous arrivons sur les bords d’un lac, au pied d’un massif qui nous rappelle le fond d’écran par défaut de Windows 7. Décidément, les Américains importent toutes leurs idées ! La rencontre avec un éleveur et sa harde de chevaux finit de poser le décor.

Nous installons le bivouac, en commençant par le plus important : le barbecue et le coin prière. Nous apprenons à certains enfants comment monter une tente. Une fois le bivouac installé, tous foncent au lac, avec les bateaux gonflables, vérifiés auparavant par nos soins.

Baignades, jeux de balle, courses effrénées s’enchaînent au cours de cette fin d’après-midi. Le repas au feu de bois conclut ces premiers moments passés au milieu de cet endroit unique. Et tandis que nous apprenons des chants français aux jeunes russes, un confrère de la communauté ayant des qualités allant de trappeur à artificier grimpe dans les hauteurs pour préparer une surprise : FEUX D’ARTIFICES, NOUS VOICI ! Après la prière au coin du feu, nous regagnons nos tentes !

2 Août 2018

Côté filles

Tous les jeudis, les sœurs proposent une animation aux enfants du village : ils partent se baigner dans le lac voisin ! Après la prière, certaines rejoignent la camionnette Volkswagen des sœurs et d’autres leurs vélos. Nous suivons le sillage de rires et de chants qui s’échappent de la camionnette. Durant toute l’après-midi, nous pataugeons allègrement, chantons, goûtons ou jouons à la corde à sauter, dans une simplicité et une joie surprenante. En rentrant, nous nous réjouissons de retrouver toute la troupe du camping, afin de partager nos expériences.

Côté garçons

Réveil à 7 h 30 au son de la trompette, il doit faire à peu près 40°C sous la tente : ici aussi, le réchauffement climatique se fait sentir, comme en témoigne le puits de pétrole non loin du lac.

Les jeunes se rassemblent ensuite pour un petit dérouillage suivi de la messe en plein air.

S’ensuit un petit-déjeuner à l’allemande, signe des restes des précédentes migrations des populations germanophones. Celui-ci achevé, nous entamons le démontage des tentes. Enfin, les activités commencent.

Pour les uns, ça sera natation, pour les autres, pêche supervisée par 4 professionnels. Après une visite au puits de pétrole, nous lançons nos lignes dans l’eau. Ça sera l’unique essai, car des nœuds se forment, les moulinets n’en font qu’à leur tête, et les hameçons fricotent plus avec les algues qu’avec le poisson. Nos appâts de pain à la fourmi (spécialité locale) ne sont pas du goût des hôtes de ces lacs. Découragés par notre professionnalisme, les enfants s’intéressent à une autre proie : les bigorneaux ! Nous ramenons fièrement ce trophée au camp, fatigués mais heureux, avant de les remettre dans l’eau.

La vuvuzelaskaya appelle les estomacs au déjeuner. Nous mangeons encore une fois ces fameuses grillades russes. L’après-midi, la bataille navale s’engage, digne de celle de Salamine, sur des frégates gonflées à bloc. Les grands, costauds mais peu nombreux, sont assaillis par les plus jeunes, dont l’union fait la force. En fin d’après-midi, nous jouons à des jeux de société en baragouinant le russe, jeux de shérifs et de gangsters, se mariant parfaitement avec le cadre naturel. Mais déjà, il faut partir et rentrer au village.

Nous quittons ces paysages homériques, et faisons vrombir les moteurs. À peine arrivés, nous rangeons le matériel pendant que les jeunes jouent encore un peu avant le dîner. Aujourd’hui, c’est soirée film ! C’est l’occasion pour notre groupe de se retrouver à l’écart, et de partager nos expériences sur cette mission. Nous allons ensuite nous coucher, brûlés par le soleil ; le sommeil toque à nos yeux, et nous nous nous jetons dans les bras du Morphée russe.

Chapitre VIII – La petite paroisse dans la prairie

NB : Nous nous excusons pour le délai entre cet article et le précédent, cela est dû à la difficulté d’accès à internet. Par ailleurs, nous ne pourrons publier que peu (ou pas) de photos du lieu où nous nous trouvons.

30 Juillet 2018

Moscou, 5 h 30 : les réveils sonnent, les portes claquent, des mines fatiguées se rassemblent pour la prière, avant de ranger leurs dernières affaires dans le sac à dos. Sur le pas de la porte, nous jetons un dernier regard sur cet appartement où nous avons vécu tant de bons moments. Le temps d’essuyer nos larmes et nous voilà déjà partis pour de nouvelles aventures ! Une fois les formalités de l’aéroport achevées, nous partons pour Ufa, où nous arrivons sans encombres.

Le Père Nicklas, qui vient nous chercher à l’aéroport, est un prêtre américain qui, depuis six ans, gère la communauté Family of Mary à Alexeyevska ! Il nous prend dans son van et commence à nous raconter toute l’histoire de sa communauté. C’est ainsi que nous réalisons la véritable détresse de la région : le Père Nicklas s’occupe d’une paroisse de la taille de la Suisse, et le prêtre catholique le plus proche est à 800 km de distance ! Après une petite heure de route à travers la campagne, nous nous arrêtons dans un tout petit village qui se résume à une seule rue : ce sera le lieu de notre mission pour la semaine qui arrive !

Nous sommes accueillis par un plantureux déjeuner… à 16 h (merci le décalage horaire !), puis nous visitons les différentes installations de la paroisse catholique. C’est l’occasion pour nous d’en apprendre plus sur la détresse à la fois matérielle et psychologique des personnes qui vivent ici. Leur situation n’a pour ainsi dire pas évolué depuis l’époque soviétique ; ici, les gens survivent avec le peu de moyens qu’ils ont. La principale mission du Père Nicklas est de lutter contre le désespoir de ces villages, exploités par un riche citadin qui détient les terres avoisinantes. Nous rencontrons ensuite quelques enfants du village, qui sont tous intrigués par notre venue, et nous commençons déjà à jouer avec eux. La fin de la journée nous permet de nous recentrer sur l’essentiel, avec un temps d’adoration. Nous confions alors au Seigneur toute notre mission de cette semaine. Épuisés, nous nous couchons, des étoiles plein les yeux.

31 Juillet 2018

Pour bien commencer la journée, nous récitons le chapelet dans la petite chapelle devant le Saint Sacrement. Après le petit-déjeuner, alors que les garçons réparent les vélos et vérifient le matériel pour le camp, les filles balaient, ratissent et nettoient les barrières autour de l’église. Les petites filles du village sont très heureuses de venir apporter leur aide. L’une d’elles nous surprend même : elle arrive à soulever un énorme sac bien plus lourd qu’elle ! Nous développons donc un langage pour nous comprendre. Nous nous rendons ensuite à la chapelle pour un deuxième chapelet.

A peine le temps de se rassasier, nous allons chercher les vélos redevenus comme neufs, suite à la restauration efficace de nos 5 hommes. En effet, nous profitons des temps libre de l’après-midi, pour une petite balade jusqu’au lac qui se situe à 3 km du village. Quelques enfants nous suivent, les plus courageux se baignent et c’est l’occasion pour l’équipe d’organiser les jeux prévus pour vendredi.

17 h : nous rentrons sous un soleil ardent. Nous avons juste le temps de nous changer et c’est l’heure de la messe avec les 14 servants d’autel venus pour le camp d’été. Pendant le dîner, nous avons l’occasion d’échanger avec quelques-uns des enfants. Nous sommes impressionnés par leurs motivations ; certains d’entre eux ont parcouru jusqu’à 800 km ! Beaucoup attendaient avec impatience ce camp ; pour certains, ce sont leurs uniques vacances.

Nous prenons ensuite un temps de jeux pour les présentations ; rires et sourires sont au rendez-vous ! Nous finissons la journée par une belle prière en russe, où nous nous émerveillons devant la ferveur des enfants, bien conscients de la chance de pouvoir venir adorer le Christ, au cœur de cette petite paroisse dans la prairie…

Chapitre VII – Good Bye Poutine !

 

28 Juillet 2018

Nous avons profité de cette matinée libre pour, soit assister à la messe, soit nous reposer plus concrètement dans nos lits. Après nous être retrouvés à la cathédrale de Moscou, nous avons décidé d’aller faire quelques courses, et pour ce faire, un centre commercial est un lieu idéal, où nous nous sommes retrouvés les seuls clients !

Après un déjeuner dans le premier McDonald’s historique de Russie, nous avons rejoint Irina et Dimitri, avec qui nous avons visité la cathédrale du Christ-Sauveur, bâtiment très imposant construit au XIXème siècle et détruit dans les années 1930, suite aux affres du communisme stalinien. Elle honore particulièrement les soldats morts au champ de bataille, que ce soit contre Napoléon ou contre l’armée allemande. Durant la reconstruction de l’église, une crypte a remplacé l’ancienne piscine créée sous l’ère soviétique : il s’agit de l’église de la Transfiguration, afin de marquer le renouveau d’une nation, d’un peuple et de sa foi, après l’URSS.

Le couvent de Novodievitchi est notre prochain objectif, un des lieux les plus emblématiques de Moscou. Il est en effet inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Il s’agit d’un des rares couvents qui ait évité la destruction durant l’ère soviétique. Lieu de prière et de retraite pour les croyants, c’est également l’endroit où les tsarines et les princesses, en exil ou en veuvage, finissaient leurs jours. Par exemple, Pierre le Grand logeait gratuitement sa chère sœur Sofia, suite à son coup d’État manqué et dont vous avez pu voir le portrait dans l’un de nos rapports (à vous de chercher). A 5 minutes du couvent, se trouve le cimetière éponyme où reposent de nombreuses personnalités russes, tels que Tchekov, Eltsine, Khrouctchev, Chostakovitch et également l’arrière grand-père et le grand-père de Dimitri. Presque chaque tombe est ornée d’une statue ou d’une sculpture à la mémoire du défunt.

Nous quittons ce lieu reposant et paisible, et rentrons sous un orage battant.

29 Juillet 2018

Nous sommes de retour à l’église Saint Louis des Français pour la messe de 10 h 30, célébrée par un prêtre italien très convivial. A la sortie de la messe, nous avons sympathisé avec Grégoire, un étudiant français en stage à proximité de Moscou. Ce fut l’occasion de faire plus ample connaissance autour d’un repas.

Nous nous élançons ensuite dans les rues moscovites, en direction de la grande forteresse du Kremlin, où nous avons rendez-vous avec Irina et Dimitri, ainsi qu’une charmante guide, Marina ! Le jeune groupe de Français découvre ainsi un lieu historique du pouvoir russe, s’étalant de Ivan le Terrible à Pierre le Grand, puis de Lénine à Vladimir Vladimirovitch Poutine, l’actuel résident de la Tsena (bâtiment du Kremlin où travaille ordinairement le président de la Russie). L’entrée s’effectue par la Porte de la Trinité : c’est l’heure de la relève de la garde, toujours aussi impressionnante. Les canons de Napoléon décorent fièrement les nombreuses places du Kremlin, en signe de la bravoure russe. A leurs côtés, se trouve le plus gros canon du monde, « le roi des canons », ainsi que la plus grosse cloche du monde, « la reine des cloches », deux éléments de l’apparat russe n’ayant jamais servi.

Les visites des cathédrales du Kremlin s’enchaînent à grande vitesse, du fait d’un nombre important de touristes chinois. Cette visite a été l’occasion de porter fièrement les t-shirts de la mission, sous l’œil vigilant des policiers. Nous quittons le Kremlin, et faisons nos adieux à notre ami Dimitri, qui fut un guide compétent, cultivé et d’une grande disponibilité (sans oublier la patience qu’il faut pour gérer un tel groupe).

Nous admirons pour la dernière fois la capitale russe, que nous allons quitter le lendemain en direction d’Oufa, si tout se passe bien. Inch’Allah !

Chapitre VI – Au revoir là-haut !

26 Juillet 2018

L’équipe commence sa journée autour d’un petit déjeuner royal. Au menu, thé, café, crêpe, pain et beurre, porridge, cookie à la noix de coco, omelette et saucisses ! De quoi prendre des forces pour terminer nos travaux. Côté fille, nous achevons de désherber un chemin qui deviendra par la suite le musée des routes. Ce projet a pour but de montrer aux enfants l’évolution des chemins au cours du temps. Sous le regard attentif d’Oleg, jeune Ouzbek employé du Père Victor, nous enchaînons les allers-retours de brouette et les coups de râteau.

Côté garçon, le travail n’en est pas moins rude, il s’agit de transporter de très grandes bûches de bois à la cour de l’église. Celles-ci serviront notamment à couvrir le chemin.

Après le déjeuner, nous accueillons deux journalistes locaux venus nous interviewer à propos de notre mission en Russie.

Puis, nous avons la joie de retrouver notre très estimé traducteur, Jean-François, avec qui nous visitons la maison d’Alexandre Men. Nous profitons de la présence de notre ami belge pour nous rendre dans la commune voisine, Saint Serge, où nous explorons le domicile quelque peu obscur d’un « saint » local, connu pour avoir découvert l’extraction d’iode.

Enfin, nous rentrons dîner sous un ciel dégagé et terminons la journée par dire les complies dans l’église de Semchoz. Dernière nuit paisible dans cette petite paroisse, loin du tumulte moscovite.

27 Juillet 2018

Réveil, petit déjeuner, laudes et adieux ! Ce matin, les nuages cachent le soleil, une brise lourde et humide fait trembler les branches. Voilà un petit air de nostalgie dans nos cœurs, il est temps de quitter nos hôtes ; le Père Victor nous remercie pour notre aide et Daria, sa fille, nous prend un par un dans ses bras. Dernière photo et c’est parti pour l’expédition de la visite du monastère Saint Serge.

Il s’agit du plus grand monastère de Russie, fondé au XIVème. Guidés par plusieurs séminaristes, nous écoutons attentivement les explications des différentes églises et des icônes. Les commentaires du séminariste orthodoxe qui nous sert de guide ont permis de renforcer notre humilité catholique…

Après un déjeuner copieux, nous digérons dans la chaleur humide du train, retour à Moscou !

Enfin, il est l’heure de commander quelques pizzas et de nous retrouver dans le salon, pour une petite soirée conviviale. C’est alors l’occasion de passer nos derniers instants avec Jean-François ; adieux émouvants, notre cher interprète va beaucoup nous manquer ! Notre séjour à Moscou a été rendu plus captivant grâce à sa présence. Encore merci !

Chapitre V – Fast and Furious

24 Juillet 2018 

Après une bonne nuit de sommeil, nous nous retrouvons tous à la cathédrale catholique pour une rencontre avec l’évêque de Moscou, Mgr Paolo Pezzi. Ce fut une belle occasion d’en apprendre plus sur la condition des hommes d’Église sous le régime soviétique. Alors qu’il était jeune prêtre, il a été invité par l’un des trois Franciscains qui travaillaient clandestinement en Russie, à les rejoindre. C’est ainsi que pendant 5 ans, le futur évêque de Moscou a œuvré pour le maintien d’une présence catholique dans les régions les plus reculées de Russie. Il est ensuite rappelé à Rome avant d’être renvoyé à St Petersbourg en tant que Recteur du séminaire, une fois le régime soviétique aboli. Il est maintenant évêque de Moscou depuis 2007. Selon lui, le plus important est d’agir dans la gratuité, ce qui permettra alors un rapprochement entre catholiques et orthodoxes.

Une fois cette rencontre achevée, notre correspondante Irina nous rejoint pour nous accompagner à la gare. Nous nous rendons alors à Semchoz, dans un train dont l’allure vétuste nous rappelle les années soviétiques. Après une grosse heure de voyage, nous débarquons dans une station ferroviaire, perdue dans une forêt que nous traversons pour rejoindre notre destination. L’accueil du Père Viktor fut très chaleureux : après un solide déjeuner, nous avons la chance d’en apprendre plus sur la vie du martyr russe Alexander Men qui a vécu à Semchoz. Ce prêtre a contribué au maintien de la religion orthodoxe, en s’opposant au régime en place. Lorsque ce même régime commençait à décliner, son influence était telle qu’il fut le premier homme d’Église à pouvoir enseigner dans un lycée soviétique. Il fut ensuite assassiné à 10 mètres de notre logement ici.

Prêtre orthodoxe

Le soir nous assistons à un petit concert local, avant de rejoindre nos lits.

25 Juillet 2018

Avec un solide petit déjeuner dans le ventre, nous attaquons la journée avec entrain. Au programme : corvée de bois pour les hommes, aménagement d’un chemin dans les bois pour les femmes, et sieste pour les non binaires. Le prêtre et sa fille, qui encadrent notre travail, font preuve de beaucoup d’attention envers nous. Voici quelques photos pour vous illustrer notre travail acharné de la journée !

avant  après

La journée s’est poursuivie dans la joie et les moustiques, que nous avons eu la joie de (re)découvrir en Russie. Si le soleil n’est pas au rendez-vous, l’ambiance reste elle au beau fixe malgré la fatigue. Nous sommes tous heureux d’avoir quitté les immenses monuments moscovites, pour la forêt plus tranquille de Semchoz.

Chapitre IV – La vie est belle


22 Juillet 2018

Ce matin, nous sommes allés à la messe, à l’église Saint Louis des Français. Une église du même nom est présente dans la plupart des capitales étrangères, toutefois celle de Moscou a une particularité : en effet, elle est presque collée aux bâtiments du FSB, l’actuel nom du KGB.

Jean-François nous a expliqué toute l’histoire de l’Église, dont le projet a commencé en 1789, commandé par le Consulat de France et autorisé par Catherine II. En effet, la Russie a historiquement vocation à accueillir les réfugiés d’Europe (nous les avons par la suite accueillis après 1917).

Jouxtant l’église, siège le collège français de Moscou, ouvert notamment grâce à l’intervention de Jacques Chirac, dans les années 80.

Nous avons ensuite visité deux églises orthodoxes, dont une consacrée aux nouveaux martyrs (en clair, ceux de la période soviétique). Cette église est située dans l’enceinte du séminaire le plus connu de l’Église russe orthodoxe.

Durant l’après-midi, nous avons batifolé dans un parc historique où le tsar et sa cour vivaient durant leurs sorties champêtres. Un joli château en bois, très conte de fées, trône au milieu de ce domaine. En ce dimanche 22 juillet, quelle ne fut pas notre surprise de voir si peu de monde au parc ! Pourtant il y fait bon vivre, entre les chariotes électriques et la police montée moscovite, se délectant des très célèbres pommes, offertes par Loïc Raison lui-même, à la gouvernante Shampomonova, dont voici la photo.

Nous y avons également vu des crocodiles et des serpents en liberté !

Après une petite balade dans un paysage bucolique, parsemé de petites églises typiques, nous arrivâmes à la demeure champêtre royale, où nous avons pu apercevoir une dame de haute stature, qui nous a autorisés à nous prendre en photo sous son porche.

 

23 Juillet 2018

Ce matin, messe comme d’habitude ! Le prêtre est encore différent, cela nous permet de découvrir une bonne partie des 300 prêtres catholiques présents dans le pays.

Ensuite, visite sur la tombe du docteur Haas (fin 18ème – milieu 19ème), un grand homme qui a réuni catholiques et orthodoxes dans la Russie impériale, et dont le procès de béatification a été ouvert. Il a notamment œuvré pour de meilleures conditions de détention des prisonniers. Nous avons également entendu l’histoire du « Père au lard », prêtre hollandais fondateur de l’AED, qui, malgré les plaies de la seconde Guerre Mondiale, a appelé le peuple belge et hollandais à soutenir les Allemands, qui ont souvent été retenus prisonniers à l’étranger.

        «Dépêchez-vous de faire le bien !»

 

Après un repas régénérant, nous retournons au centre culturel, pour nettoyer toute la bibliothèque, les escaliers ainsi que les murs et les portes vitrées. Le travail, peu décrit ici, n’en est pas moins conséquent, et nous étions fourbus, en arrivant au dernier paragraphe.

Le soir, Jean-François nous invite à dîner chez lui. Il vit avec d’autres confrères de sa communauté, le mouvement Communion et Libération. Des amis russes sont présents, avec qui nous avons discuté et chanté. Nous avons pu échanger avec eux, notamment avec une invitée originaire de Belgorod, où habite également le très célèbre Fedor.

Chapitre III – Les bronzés font la poussière

   

20 juillet 2018

Au petit matin, nous participons à la messe à la cathédrale catholique de Moscou. Le prêtre qui la célébrait était ravi de nous compter parmi ses paroissiens ! Jean-François nous a raconté l’histoire de cette cathédrale, transformée en usine durant la période soviétique, et récupérée de force par les paroissiens ! Lui-même y a assisté et nous a raconté cela avec moult détails croustillants : une religieuse voulant échapper à un barrage de la police s’était retrouvée coincée dans la grille de clôture !

Le reste de la matinée s’est déroulé dans la joie et la poussière !! Nous sommes retournés au centre culturel de la librairie de l’Esprit pour y nettoyer de fond en comble la grande salle de conférence, ornée d’une poussière vieille de plus de quinze ans !! Les six cents chaises étaient toutes aussi sales et le dépoussiérage était nécessaire. Il nous a bien fallu la journée entière pour parvenir à la fin de notre mission !!

Au milieu de toute cette poussière, la pause syndicale du déjeuner s’avéra être un excellent moment. Victor, l’un des collaborateur de Jean-François, a témoigné sur sa jeunesse, dans la Russie soviétique des années 80, et sur son passage dans un camp de travail. Cela était dû à sa participation à des séminaires de réflexion sur la foi et le sens de la vie. Quel témoignage puissant !! Il nous était difficile d’imaginer la situation dans laquelle ils se trouvaient alors, moins de quarante ans auparavant ! Pas de livres religieux, pas de romans, l’interdiction de se réunir, de discuter foi ou philosophie !

Le soir, nous avons eu la chance de partager notre dîner avec Marc Fromager, le directeur de l’AED,  ainsi que le responsable de l’association, pour l’Allemagne, et le Père Martin, aumônier international de l’AED. Ils s’intéressent à notre mission et nous encouragent : « Le Christ nous appelle à construire des ponts entre les peuples et vous en êtes les pierres vivantes ! »

21 juillet 2018

Cette journée s’avère être plus tranquille et consacrée à la découverte de Moscou, pour essayer de comprendre toujours plus profondément l’âme russe.

À nouveau, nous avons eu la joie d’aller à la cathédrale. Le prêtre qui célébrait, cette fois-ci, a tenu à venir nous saluer à la fin. C’est l’un des rares prêtres russes, car il y en a moins de trente (trois cent prêtres catholiques en tout) dans tout le pays. Il nous a bien demandé de prier pour la Russie, ce que nous ajoutons avec joie à notre mission !!

La matinée fut ensuite consacrée à la visite des plus belles stations de métro de Moscou (ceci n’est pas une blague, le métro est vraiment considéré comme une cathédrale populaire, parée de vitraux, de mosaïques, de statues et de marbre !!). Parfois même, l’art s’invite dans le wagon du métro lui-même, comme cette rame dans laquelle les œuvres de jeunes artistes russes étaient mises en scène !

 

La visite de Moscou continua par un tour au Grand Marché, sorte de décor type Disneyland où se côtoient matriochka, balalaïka, châles, échiquiers, œufs peints, icônes, etc. Notre tour culturel s’achève par la visite de la Galerie Tietrakov, où les tableaux et les icônes (dont certaines parmi les premières dataient du XIIe siècle) traduisent la sensibilité russe sous un autre rapport. Nous avons été accompagnés dans cette visite par Dimitri et Irina, nos guides des premiers jours, ravis de nous faire admirer leurs chefs-d’œuvre ! 

Ce sont ces amis russes, ces relations toujours retissées, qui donnent tout son sens à notre mission !

Chapitre II – Il était une fois dans l’Est

18 juillet 2018

Découvrir la Russie, c’est découvrir l’Église orthodoxe ! Nous partons donc  aujourd’hui dans la paroisse du Sauveur-Tout-Miséricordieux. A neuf heures, commence la liturgie de la fête de Saint-Serge. C’est parti pour deux heures et demie de célébration. Debout. Dans la tribune, nous y assistons avec émerveillement et – reconnaissons-le – un peu de fatigue ! Puis, pendant un repas plantureux, nous rencontrons les membres de la communauté paroissiale et le Père Gregorij. Malgré la barrière de la langue, des liens se tissent peu à peu.

Nous retroussons ensuite nos manches pour nous attaquer aux services de la paroisse. Armés de nos pinceaux, de nos gants et de notre bonne humeur, nous nous lançons dans la peinture des classes de la maison paroissiale, ainsi que dans l’arrosage des fleurs, entre deux averses ! Ensuite, le Père Genady nous propose un débat sur une question essentielle : qu’est-ce que l’amour ? ou plutôt Qui est l’amour ? Grâce à notre interprète hors-pair, les questions et les réponses fusent et s’enchaînent ! Nous avons été très touchés de réaliser combien orthodoxes et catholiques ont la même vision de l’Amour, dans une recherche de liberté et de don total.

On ne peut s’arrêter sur la lancée d’une journée si bien commencée. Une délégation d’orthodoxes du Patriacat d’Antioche nous rejoint pour les vêpres. Nous partageons ensuite tous ensemble un dîner hors du commun, où Syriens, Russes et Français partagent un même pain à défaut d’une même langue ! Ces instants partagés nous laissent émerveillés devant ce qui nous unit ! La soirée s’achève – tard – dans les chants et la joie !

19 juillet 2018

Après une courte nuit de sommeil, l’équipe a rendez-vous à la fondation Marthe et Marie où nous sommes reçus par le Père Grégorij et une guide. Nous avons le privilège de visiter les appartements de Sainte Elizabeth Feodorovna, grande duchesse et princesse engagée dans les œuvres de bienfaisance, et, par la suite, exécutée sous la révolution bolchévique.

Lors de la visite, nous sommes accompagnés par les jeunes de la paroisse du Sauveur-Tout-Miséricordieux, avec qui nous déjeunons et participons aux travaux manuels de l’après-midi. C’est alors l’occasion pour nous d’échanger avec ces jeunes bien engagés dans leur paroisse ; entre quelques leçons de russe et des airs de piano, nous terminons dans la joie la restauration des salles de classe. Enfin, nous passons un dernier moment avec les paroissiens qui nous ont préparé (encore une fois) un délicieux dîner.

Ce repas, riche en émotions, fut l’occasion de sentir la convivialité russe ; plusieurs paroissiens nous font part de leur amitié et de leur attention à notre égard. Le Père va jusqu’à nous offrir des icônes et des cierges ! S’ensuit alors un petit temps festif et musical. Après les dernières photos et bénédictions, il est temps de quitter ce lieu qui nous est déjà familier et de rentrer nous reposer !

En priant ensemble ce soir, nous avons lu un passage du livre du Deutéronome: « Écoute Israël, le Seigneur notre Dieu est l’Unique » (Dt, VI, 4). Alors que ces deux jours de découverte de l’Église orthodoxe s’achèvent, cette phrase prend pour nous tout son sens.

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