1er Août 2018

La matinée se déroule tranquillement entre la prière, le petit déjeuner et le bricolage : les enfants décorent des casquettes blanches qu’ils pourront ensuite rapporter chez eux en souvenir. Après le déjeuner, notre équipe est séparée en deux : les filles partent avec les religieuses, et les garçons avec les enfants et les hommes de la communauté pour le camping.

Côté filles

Commence alors pour nous une longue expédition à travers la steppe. Dans la camionnette des sœurs, sont entassés bananes, bonbons, filles, instruments. Le plus important est conservé sur le cœur de Sœur Laura : la Sainte Communion. En effet, nous allons, au cours de l’après-midi, passer dans la maison de plusieurs personnes âgées, pour leur apporter l’Eucharistie. Nous avons été très touchées par ces rencontres avec ces personnes animées d’une foi exemplaire, malgré les conditions difficiles de leur vie. Chacune de ces visites étaient très conviviales et nous ont permis de rencontrer le cœur de la Russie, à coup de bortsch dès 4 h de l’après-midi !

Le Père Niklas nous a rejointes pour célébrer la messe dans une maison familiale. Nous sommes alors recrutées pour chanter et jouer de la musique pendant l’offertoire. La musique était la seule chose que nous pouvions leur offrir, en échange de leur accueil et de leurs confidences. C’est également cette petite joie de la musique que nous avons pu apporter aux habitants d’un village voisin. Nous repartons pour Aleksejevka. Deux heures de route sur un chemin de terre battue. Nous voyons alors défiler sous nos yeux les plaines immenses de Russie, sous un coucher de soleil rouge, à travers les sapins.

Cette vadrouille au milieu des steppes nous a permis de découvrir la vraie détresse bien cachée de la Russie. Derrière la façade brillante de Moscou, se trouve une vraie pauvreté aussi morale que matérielle, comme nous avons pu le voir dans ces petits villages inconnus de tous. Tel ce petit garçon, aux yeux océaniques et à la peau noir de crasse, qui nous observait à la fois curieux et effrayé. Il avait travaillé toute la journée à garder les animaux, tandis que sa maman allait chercher des baies pour les vendre et pouvoir survivre.

Côté garçons

Le matin, nous profitons de cette matinée de libre pour nous reposer un peu, sans omettre la messe, car nous savions ce qui nous attendait l’après-midi. En effet, après un déjeuner consistant, nous embarquons dans le bolide du Père Nicklas, en direction des steppes bachkires, près d’un village nommé Ourtatao. L’un des nôtres, trop fatigué, se sentit malade au cours du trajet, ce qui nous a forcés à faire demi-tour, et à rattraper le retard sur le bus, peu performant mais non moins endurant, transportant les enfants.

Voguant dans un paysage russo-farwestien, nous arrivons sur les bords d’un lac, au pied d’un massif qui nous rappelle le fond d’écran par défaut de Windows 7. Décidément, les Américains importent toutes leurs idées ! La rencontre avec un éleveur et sa harde de chevaux finit de poser le décor.

Nous installons le bivouac, en commençant par le plus important : le barbecue et le coin prière. Nous apprenons à certains enfants comment monter une tente. Une fois le bivouac installé, tous foncent au lac, avec les bateaux gonflables, vérifiés auparavant par nos soins.

Baignades, jeux de balle, courses effrénées s’enchaînent au cours de cette fin d’après-midi. Le repas au feu de bois conclut ces premiers moments passés au milieu de cet endroit unique. Et tandis que nous apprenons des chants français aux jeunes russes, un confrère de la communauté ayant des qualités allant de trappeur à artificier grimpe dans les hauteurs pour préparer une surprise : FEUX D’ARTIFICES, NOUS VOICI ! Après la prière au coin du feu, nous regagnons nos tentes !

2 Août 2018

Côté filles

Tous les jeudis, les sœurs proposent une animation aux enfants du village : ils partent se baigner dans le lac voisin ! Après la prière, certaines rejoignent la camionnette Volkswagen des sœurs et d’autres leurs vélos. Nous suivons le sillage de rires et de chants qui s’échappent de la camionnette. Durant toute l’après-midi, nous pataugeons allègrement, chantons, goûtons ou jouons à la corde à sauter, dans une simplicité et une joie surprenante. En rentrant, nous nous réjouissons de retrouver toute la troupe du camping, afin de partager nos expériences.

Côté garçons

Réveil à 7 h 30 au son de la trompette, il doit faire à peu près 40°C sous la tente : ici aussi, le réchauffement climatique se fait sentir, comme en témoigne le puits de pétrole non loin du lac.

Les jeunes se rassemblent ensuite pour un petit dérouillage suivi de la messe en plein air.

S’ensuit un petit-déjeuner à l’allemande, signe des restes des précédentes migrations des populations germanophones. Celui-ci achevé, nous entamons le démontage des tentes. Enfin, les activités commencent.

Pour les uns, ça sera natation, pour les autres, pêche supervisée par 4 professionnels. Après une visite au puits de pétrole, nous lançons nos lignes dans l’eau. Ça sera l’unique essai, car des nœuds se forment, les moulinets n’en font qu’à leur tête, et les hameçons fricotent plus avec les algues qu’avec le poisson. Nos appâts de pain à la fourmi (spécialité locale) ne sont pas du goût des hôtes de ces lacs. Découragés par notre professionnalisme, les enfants s’intéressent à une autre proie : les bigorneaux ! Nous ramenons fièrement ce trophée au camp, fatigués mais heureux, avant de les remettre dans l’eau.

La vuvuzelaskaya appelle les estomacs au déjeuner. Nous mangeons encore une fois ces fameuses grillades russes. L’après-midi, la bataille navale s’engage, digne de celle de Salamine, sur des frégates gonflées à bloc. Les grands, costauds mais peu nombreux, sont assaillis par les plus jeunes, dont l’union fait la force. En fin d’après-midi, nous jouons à des jeux de société en baragouinant le russe, jeux de shérifs et de gangsters, se mariant parfaitement avec le cadre naturel. Mais déjà, il faut partir et rentrer au village.

Nous quittons ces paysages homériques, et faisons vrombir les moteurs. À peine arrivés, nous rangeons le matériel pendant que les jeunes jouent encore un peu avant le dîner. Aujourd’hui, c’est soirée film ! C’est l’occasion pour notre groupe de se retrouver à l’écart, et de partager nos expériences sur cette mission. Nous allons ensuite nous coucher, brûlés par le soleil ; le sommeil toque à nos yeux, et nous nous nous jetons dans les bras du Morphée russe.