Aujourd’hui mercredi, jour du départ. Une responsable de Caritas Moldova est censée nous récupérer à 11h. Le temps pour nous de participer une dernière fois à la messe avec le père Christopher, de nettoyer l’étage que nous avons occupé pendant ces dix derniers jours, et de signer le livre d’or de la paroisse. Nos yeux piquent, mais c’est bien évidemment à cause du soleil ! La responsable de Caritas, Andrea (le prénom a été modifié pour cause d’oubli de notre part) nous fait passer quelques cadeaux de la part de Daniela, parmi lesquels une carte de vœux rédigée en français dans laquelle elle dit : « Votre contribution a été considérable. » Nous sommes tous très touchés.

Nous embarquons. Pendant le trajet, Andrea nous propose un détour pour aller visiter le monastère d’Hincu (Manastirea Hincu). Le lieu est réellement magnifique. Du fait d’une grande fête-procession-quelquechosedugenre, l’endroit est bondé et nous ne parvenons pas à rentrer dans l’église principale. Nous y voyons plusieurs religieuses, habillées en noir. Nous ne restons pas longtemps et reprenons la route. Nous parvenons sous les coups de 15h à Chisinau. La ville nous apparaît comme une île au milieu de la trouée que faisait la route entre les arbres. Nous nous arrêtons à Fides, un hôtel tenu par le centre Caritas. Nous posons nos affaires et décidons de visiter la ville. Bus 22 direction le centre-ville (les bus coûtent horriblement cher : 2 lei, soit moins de 10 centimes). Nous nous arrêtons 30 min plus tard près d’une statue de Stefan cel Mare (encore lui!!!). Repas tardif au McDo (où nous avons eu la mauvaise surprise de nous rendre compte qu’ils faisaient payer les sachets de ketchup!), puis nous visitons un petit marché, qui avait la particularité de vendre entre autres des flasques et des toques floquées du marteau et de la faucille !!!

Nous tournons un peu dans la ville, passons devant le ministère de l’Intérieur, le théâtre national de Chisinau, prenons un verre dans un bar français, et finissons par atterrir par hasard devant la cathédrale catholique, consacrée à la divine miséricorde. L’église est fermée, mais le gardien nous ouvre. Nous souvenant, pour les deux d’entre nous qui avaient été à la fête de Ste Anne à Ungheni, qu’on y avait croisé le vicaire de Chisinau qui parlait Français, nous sommes pris de l’envie de le voir. Le gardien ne parle ni Anglais, ni Français, ni Espagnol, ni aucune langue avec laquelle nous aurions pu communiquer, cependant nous parvenons à le faire appeler le prêtre en question (qui a décidé de garder l’anonymat, nous tairons donc son nom. Si, si, c’est vrai ! Il ne s’agit absolument pas d’un oubli de notre part!) qui arrive quelques minutes plus tard. Nous avons au début l’impression de le déranger au vu de son visage fermé, mais il propose néanmoins de nous faire visiter l’église, puis les chapelles, puis la sacristie, puis nous invite à manger, etc.

Il nous raconte son histoire, particulièrement intéressante : il est l’un des seuls prêtres d’origine moldave du pays (ils ne sont que 3, les autres sont des missionnaires), et s’est converti au catholicisme grâce à la France ! Étudiant en Histoire, il s’est passionné pour l’histoire de France, notamment médiévale, ce qui l’a tout naturellement amené à découvrir l’histoire de l’Église catholique, qui l’a tout autant passionné. Ceci, parallèlement à une déception grandissante pour sa religion maternelle, a conduit à sa conversion, le jour de la mort de Jean-Paul II (dont il n’a prit connaissance que le lendemain). Ordonné prêtre depuis 3 ans, il voyage depuis régulièrement en France, dont il a le projet de visiter quasiment toutes les cathédrales !

Il nous parle de son église, l’une des plus vieilles de Moldavie (elle a près de 160 ans), rénovée il y a 10 ans. Il y a 500 paroissiens dans la capitale (soit la moitié des croyants du pays). La deuxième plus grande paroisse du pays est celle de Balti, puis il y en a aussi une dans une petite ville à 20 km de Chisinau dont nous avons oublié le nom et une autre en Transnistrie. Les autres ne comptent pas plus de 5 ou 6 paroissiens. Il y a en tout 20 paroisses en Moldavie.

Il y a chaque dimanche 4 messes à la cathédrale : une en Polonais, une en Russe (la plus populaire : 200 fidèles), une en Roumain, ainsi qu’une messe gréco-catholique en Grec (était-il besoin de le préciser?). Dans la sacristie, il nous montre ses reliques de St Antoine de Padoue et de St Jean-Paul II, ses missels (en 5 langues différentes!), et ses aubes (l’aube réservée au rite gréco-catholique est particulièrement belle!)

Le dîner se fait à la pizzéria du coin. Nous le questionnons sur son rapport à l’orthodoxie (les filles, s’étant faites insultées plus tôt dans la soirée par un prêtre orthodoxe pendant que nous visitions la cathédrale orthodoxe parce que nous étions catholiques, sont particulièrement remontées.)

Après le repas, au cours duquel une violente dispute (gentille) a éclaté entre Quentin et le père, chacun voulant payer l’addition (on n’a pas très bien compris, à un moment le premier a poursuivi le deuxième, qui courrait lui-même après la serveuse pour payer, sur toute la longueur du restaurant) ; nous faisons une pause sur un banc géant, où nous nous enregistrons en train de chanter le « Je vous salue Marie » (le père l’avait entendu en France et l’avait adoré, mais avait du mal à se souvenir de l’air, du coup on s’est dit que comme ça, il ne l’oublierait plus !)

Nous prenons un dernier verre puis rentrons à l’Hôtel en bus. C’est que le départ est prévu tôt le matin, pour prendre l’avion à 9h30 qui nous ramène en France pour 15h30, après une escale à Bucarest. Revenus en France, nous décidons, pour les natifs et/ou résidents de Paris, de faire visiter la capitale à ceux qui n’y sont ni natifs ni résidents. Repas en restaurant pour nous réhabituer à la gastronomie française, et nous nous séparons déchiramment (La tournure de phrase existe parfaitement ! De toute façon, dès lors qu’une chose a été inventée, elle existe. Cette expression existe donc, puisque nous venons de l’inventer. CQFD!), chacun de son côté.

L’aventure se termine. Pour le moment !