C’est dimanche, le jour de la messe dominicale et, pour l’occasion, les paroissiens ont sorti leurs plus beaux habits. Les chants que l’on a répétés la veille ressortent, cette fois avec plus de vigueur encore, puisque la petite église est remplie et que nos amis ont ce qu’on appelle : du coffre ! (d’ailleurs, le soir à 21 heures nous sommes encore en train de les chanter. Ça reste en tête et ça s’accroche au cœur, de si beaux chants). Au terme de la messe, le père appelle tous ceux dont c’est l’anniversaire dans la semaine et les bénit. Il nous explique plus tard qu’il a vu ça aux États-Unis et que cela procurait une grande joie aux paroissiens.

Nous répétons ensuite une petite pièce de théâtre que nous allons présenter dans l’après-midi à nos amis haïtiens lors « d’un évènement socio-culturel » (je cite) qui se déroule dans cette même église. Les représentations sont prévues pour 17 heures mais il se met à pleuvoir et cela empêche certaines personnes de se rendre à la paroisse. Ici, le retard ne semble pas avoir d’importance et les contraintes horaires encore moins – de fait tout le monde attend, pas même en trépignant.

(Patienter : un sport national qui se fait dans la bonne humeur)

Une heure et demie plus tard, la pluie s’étant calmée, le spectacle peut commencer.

(Un chant de bienvenu par la doyenne du public)

 

Passés les chants, les danses et les piécettes en créole, nous leur présentons notre petit spectacle spécial AED : une explication – que nous tentons de rendre claire – agrémentée de mimes. Ça dérape un peu, il règne parfois une incompréhension mais au bout du compte nous remplissions notre mission : celle de partager un moment avec eux, de leur offrir un petit quelque chose. Ce chamboulement nous sert de leçon sur les gens et le pays qui nous accueillent : si les choses ne se passent pas comme prévues, elles se passent finalement autrement et c’est peut être mieux ainsi ; et il est d’autant plus intéressant de voir comment ce que l’on a à donner est accueilli. Nous terminons en beauté avec un rock et une macarena, au terme de laquelle le public nous rejoint sur scène. C’est un plaisir régressif, une joie simple que de se défouler tous ensemble et l’on compte bien en profiter – car il ne nous reste que peu de jours avec nos amis.