Adieu Gublak ! C’est la gorge serrée que nous remercions les prêtres Comboniens, les séminaristes ainsi que quelques catéchistes. Nous quittons donc Gublak et ses tribus Goumouz, encore marquées du sceau de l’esclavagisme, et peu acceptées par les autres éthiopiens avec lesquels les violences restent fréquentes. L’Eglise tente d’apaiser les tensions régnant entre les tribus et essaie de rassurer tant bien que mal ces filles d’à peine 14 ans, mariées trop jeune contre une rançon alimentaire ou une ascension sociale leur permettant une plus grande sécurité…
Petite escale à Bahar Dar pour visiter quelques monastères Orthodoxes datant du 18ème et admirer les chutes du Nil !

Le Father Isaïe nous accompagne car il doit lui aussi aller à Addis. Nous avons l’immense joie de diner avec l’évêque de Bahar Dar.
Le lendemain, nous apprenons que notre chauffeur pour Addis Abeba a eu un accident et que nous ne pouvons pas partir avant le début d’après-midi. Nous avions prévu de passer devant les chutes du Nil puis de rentrer directement. Pas de problème ! Nous prenons un bus touristique, peu confiant dans ces bus locaux trop bondés et souvent trop bruyants par leur musique assourdissante. Mais pas de chance, 15 km plus loin le bus s’embourbe … c’est alors clopin-clopant que nous envisageons de marcher, sans anticiper les 12km restant… par chance un 4×4 nous avance jusqu’au lieu tant attendu. C’est alors avec émerveillement que nous admirons le fleuve tant disputé par les pays qu’il traverse et si connu du monde entier. Car comme nous cite si bien Panoramix « Nil, Nil, fleuve impétueux… ».

Nous décidons de rentrer cette fois ci en prenant un bus local, celui-ci ayant désormais gagné notre confiance à tout jamais !

Finalement vers 16h nous commençons le long voyage pour Addis Abeba dans notre chère voiture que nous commençons par bien connaitre. Si bien que quelques heures plus tard nous décelons un bruit plutôt inhabituel au niveau d’une roue… ! Arrêt à 21h30 en pleine cambrousse, il fait nuit noire et nous nous apercevons en effet que la roue commence à se déboiter. Que fait-on ? Nous ne nous démotivons pas et arrêtons un camion qui passe. Celui-ci accepte de nous déposer dans une ville, 60km plus loin. C’est alors qu’installé à trois mètres de haut, dans une immense benne, nous entamons le voyage installé tant bien que mal sur des sacs et des sacs de cacahuètes.
Mais nous ne savions alors pas encore que cette odeur d’arachides, ces secousses tenaces et ce bruit de bâche claquant contre le vent telle une voile de bateau, allaient nous accompagner jusqu’à la capitale Ethiopienne. Effectivement, arrivé à Debré Marcos aux alentours de minuit, nous doutons de trouver un hôtel et de rentrer à temps le lendemain. Nous installons donc notre « logement », certes sommaire mais pas si désagréable !

C’est donc les yeux un peu bouffis et la tête comme un « gros char » que nous descendons de notre carrosse et terminons les trois derniers km en bus. Ce périple ubuesque, voir dantesque se termine dans un éclat de rire général et nous arrivons enfin à bon port !
Nous avons la joie d’être accueillis par Caroline, notre responsable du projet AED mission qui vient nous voir quelques jours. Elle est aussi fatiguée que nous par son voyage, et nous passons donc une journée calme à raconter notre début de séjours, ces péripéties, la non-anticipation à laquelle il faut s’habituer dans le pays…

Nous sommes accueillis à l’archidiocèse d’Addis Abeba, où nous logerons le reste du séjour, par le Father Petros Berga. Grâce à celui-ci nous avons eu la chance de rencontrer le Cardinal, archevêque d’Addis.