LA FOI AU BÉNIN

Le Bénin est un pays laïc, le plus tolérant qu’il soit. Nous l’avons constaté lors de nos déplacements. Dans pratiquement tous les villages, nous avons été marqués par la proximité des églises catholiques et évangéliques avec les mosquées et le profond respect des habitants entre eux. Le nom des petits commerces de la ville sont aussi imprégnés de cet esprit religieux comme « Dieu sauve », « Dieu béni », « Cafétéria don de dieu », « Hosanna Phone ».

le « Hosanna Phone »

Au Bénin, l’Église est en construction, il y a énormément de fidèles ce qui justifie le nombre astronomique d’Églises dans la même ville, nous avons eu la sensation qu’il y a une quête à posséder la plus belle église. Grâce au père Ambroise, nous avons pu aller à la rencontre de plusieurs communautés telles que Saint-Augustin, la cathédrale de Dassa, le Sacré Cœur et Saint Jean Paul II. Même si les travaux sont rarement terminés, l’autel est toujours immense et très mis en valeur, la décoration est simple mais soignée. La Vierge Marie est toujours présente soit dans l’église soit dans un lieu aménagé à l’extérieur.

Sanctuaire marial de Dassa

Au Bénin, les vocations à la vie religieuse sont toujours un peu timides, elles naissent souvent de la foi de la mère. La vocation au mariage est très réfléchie car elle contient un engagement profond. Les enfants hors mariage ne sont pas à blâmer puisque s’il est lié à un choix définitif, le mariage pourra se faire des mois ou des années après.

Visite du Monastère des Bénédictines, implantées il y a 6 ans dans la région.

Comme nous l’avons dit plusieurs croyances sont présentes, et à ce titre nous ne pouvons pas faire l’impasse du vaudou et des fétiches, pratiques très répandues au Bénin. C’est une grande tentation pour les Béninois qui cherchent dans cette croyance la guérison espérée. Ils se sentent habités, le prêtre y croit également puisqu’il nous a raconté que notre âme pouvait se retrouver dans un objet ou un animal sans que l’on puisse y faire quelque chose. Cependant il reste attaché aux croyances de l’Église.

Tous les catholiques du village assistent à la messe, l’ensemble des enfants y sont présents, ils sont calmes et respectueux placés devant au début des rangs de l’église. La prière est spontanée au Bénin, on peut l’effectuer à n’importe quelle occasion de la journée que ce soit dans la classe, dans la cour ou en haut d’une colline.

Par ailleurs, une grande place est réservée aux offrandes. En effet plusieurs quêtes ont lieu pendant la messe : il y a les offrandes de messes qui vont directement au prêtre et la quête qui sert à l’entretien de la paroisse. De plus pour inciter les habitants à arriver à l’heure, des tickets sont distribués avant le début de la messe de 10h qui sont remis par la suite lors de la communion.

Le profond respect au sacré, aux adultes et aux représentants de l’Église rythme la vie des catholiques au Bénin. Quand le Père rentre dans l’école, tous les enfants obéissent et sont dociles à ses paroles. De même les habitants s’inclinent devant lui pour le saluer. Nous avons assisté à deux messes dans le village de Soclogbo, ils avaient préparé l’ensemble des chants interprétés d’une ferveur et d’une joie grandiose. On a pu apporter notre pierre à l’édifice en leur apprenant deux chants français : « Je te salue Marie » et « Que vive mon âme à te louer ». Ils ont une très bonne mémorisation, en à peine quelques minutes, ils avaient retenu l’ensemble des paroles ainsi que le rythme.

Participation à la chorale le dimanche 14 juillet

 

rédactrices : Solenn et Lucy