Aujourd’hui vendredi, la journée est marquée par les travaux manuels. Réveil à 7h pour les garçons, qui passent deux heures à réparer et à consolider le panneau du clocher. L’après-midi, c’est le désherbage du parvis de l’église de Sculeni, la deuxième paroisse desservie par le père Christopher, qui nous attend. L’église est toute jeune, ayant été consacrée il y a deux ans. Le père Christopher nous dit avec une pointe de fierté qu’il en est la bâtisseur ; pas à proprement parler, mais tous les prêtres ne peuvent se prévaloir d’avoir lancé la construction de l’église dans laquelle ils célèbrent !

Notre travail est d’arracher les touffes d’herbes, parfois très hautes, qui ont poussé entre les dalles. Pendant que nous effectuons cette tâche, le père Christopher célèbre la messe pour trois paroissiens qu’il est lui-même allé chercher chez eux en voiture. Pour nous remercier de notre travail, il fait en nous ramenant un petit détour au supermarché pour nous ramener du Cvas, une boisson locale (sans alcool!) faite à partir de pain et de miel. Le goût est assez semblable à celui du cidre brut.

Le soir, il est prévu que des amis du père Christopher viennent de Pologne. Nous les apercevons rapidement le soir alors qu’ils viennent d’arriver. Malgré leur air de supporter de foot, ayant passé la journée en voiture, nous nous rendons compte le lendemain matin à la messe qu’ils sont tous les 3 (puisqu’ils étaient 3) prêtres, amis de séminaire de Christopher. Il y a presque autant de prêtres autour de l’autel que de fidèles dans l’assemblée !

La journée, nous allons à la rivière qui marque la séparation entre la Moldavie et la Roumanie et qui porte le doux nom de « Prout » (Alerte : ceci n’est pas une blague!) Nous faisons le trajet avec Benoni, un jeune orthodoxe mais qui fait régulièrement enfant de choeur pour Christopher. Nous y passons la journée et pic-niquons sur place. Anecdote intéressante : les gens ont le droit de se baigner dans le Prout, mais ils ont interdiction de le traverser, ce qui reviendrait à passer la frontière illégalement. Autant dire que là-bas, il est interdit de faire des longueurs ! Le maitre-nageur veille au grain. Animés d’un esprit de contradiction proprement national, nous parvenons néanmoins à toucher du doigt la terre roumaine en menant une expédition-éclair, sans trop nous faire tancer au retour. Mais le résultat vaut le risque : nous avons touché la Roumanie !!

Le samedi soir, nous mangeons tous ensemble. Le père Christopher a sorti le Barbecue. Ensemble, nous partageons nos souvenirs des JMJ, nous parlons de la Pologne, de l’Eglise en France (qui fait piètre figure face au dynamisme polonais, où 92% de la population est catholique !), et de l’orthodoxie. De manière générale, nous avons remarqué que les prêtres catholiques de Moldavie étaient très sceptiques vis-à-vis de l’orthodoxie, dont ils critiquent la foi mâtinée de superstition et d’esprit commercial (là-bas, tout se paye: les messes, les sacrements, il y a systématiquement une boutique d’articles religieux dans le nartex des églises orthodoxe).

Nous retournons au Prout le lendemain, mais la pluie raccourcit notre périple. Ladite pluie viendra visiter Ungheni jusqu’à Lundi après-midi, contrastant avec les chaleurs étouffantes des journées précédantes (c’est pas comme ça qu’on nous avait vendu les pays de l’Est !!!) nous forçant à une journée de repos.