Si vous cherchez la localisation de Chonghkam, vous risquez d’être surpris. Effectivement, nous nous sommes pas dans le triangle, si je puis dire, de l’Inde.

Nous sommes à l’extrême nord-est du pays, dans une sorte de branche, juste au dessous de la Chine (donc tout près de l’Himalaya), entre le Bangladesh et la Birmanie.

De par sa localisation, cette région est bien différente de tout ce que nous pensions savoir de l’Inde. Tout d’abord, ici la mousson ne se fait pas toujours sentir. Il n’y a pas systématiquement de pluies diluviennes qui durent des heures. Nous n’avons d’ailleurs toujours pas eu de grosses pluies depuis que nous sommes arrivés. Au contraire, il fait très chaud, très humide et le soleil est au rendez-vous ! Ici la saison des pluies est assez aléatoire apparemment. Pour l’instant nous avons de la chance !

Ensuite, pas de grosses villes surpeuplées, pas de bruit permanent, pas de montagne de déchets… Nous sommes dans un coin de verdure, où tout est calme.

L’inconvénient est que les pannes d’électricité y sont courantes. Depuis que nous sommes à Chongkham, il n’y a jamais eu que quelques heures d’électricité d’affilées. Ce qui signifie pas d’eau courante, pas de ventilateur, pas de lumière… Et ce dans toute la région ! Mais bon, comme diraient certains d’entre nous, cela fait partie de l’aventure !

Il y a peu de monde sur les routes, sur les chemins (en comparaison avec Guwahati ou Tinsukia, où la conduite était un slalom entre vaches, piétons, bus, vélos, motos…).

Les maisons sont simples et petites, souvent en bois ; et nous sommes entourés d’immenses arbres ; buissons verdoyants et très épais. Ici, la nature a tous ses droits. Une rivière traverse le village, provenant directement de l’Himalaya. L’eau y est très pure, transparente. Nous nous y baignons avec plaisir ! On trouve des plantations de thé un peu partout ; une grande partie des habitants de la région y travaille. Il s’agit là de la principale source de revenus de la région. On croise un peu partout des vaches en liberté, des chiens (une seule race, issue d’un croisement avec le renard), des chèvres…

Les habitants de Chongkham sont très accueillants, très souriants, et aussi très curieux de voir des Européens, chose rare dans ce coin du monde. Effectivement, un permis spécial est requis pour y entrer. Et cela ne fait que 30 ans que des étrangers peuvent y pénétrer. Des regards curieux certes, mais bienveillants ! Nous nous sentons ici vraiment en sécurité.

Les Indiens d’Arunashal Pradesh ont pour la plupart une physionomie plus chinoise qu’indienne, d’autres ont la peau très noire… Une chose leur est commune cependant : la beauté des enfants. Ils sont très souriants, au visage très doux, et tous très heureux de nous voir ! Les moments que nous passons avec eux à l’école, ou lors de visites dans leur foyer sont bouleversantes pour chacun d’entre nous.

Ce qui ne change pas en revanche, ce sont les grosses inégalités de richesses. Ici, le maire du village est comme un prince local, sa famille possède d’immenses maisons et des palaces comme nous n’en avions jamais vu jusque-là. A deux pas, le village est très pauvre, très simple.

L’Arunashal Pradesh, isolé du reste du monde, est un petit havre de paix, sans problème, où il fait bon vivre.