Marhaba la compagnie!
Deux semaines déjà se sont écoulées depuis notre arrivée à Beyrouth, et notre mission chez les sœurs touche déjà à sa fin… l’ occasion de nous rendre compte que nous avons (quelques fois) délaissé nos chers lecteurs. Les coupables : les coupures d`électricité qui, en plus de nous faire dormir dans une fournaise et monter 5 étages dans le noir, nous empêchent de vous tenir informé. (La flemme n`ayant absolument rien à voir avec notre retard, soyez en assurés.)
Cet article est donc l’ occasion de se rattraper : voici un condensé ni exhaustif ni chronologique de nos activités, qui donne néanmoins une bonne impression de quelques aspects de notre mission :

Peinture :

Deux journées furent consacrées à la peinture d’une chambre d’un appartement modeste d’une famille libanaise. La veille, alors que nous buvions un café chez Tony, nous lui exposâmes notre projet et il proposa de nous aider. N’ayant pas de métier et attendant son visa pour le Canada, il accepta volontiers de se rendre utile. Son aide fut précieuse puisque nous ne savions pas peindre et que la chambre devint très belle. Et par-dessus tout, une image nous a marquée : Tony, syrien, qui aide une famille libanaise, alors que ces deux peuples ont longtemps été en conflit par le passé. Une lumière dans notre journée.

Foi et Lumière

Une de nos soirées fut consacrée à un petit évènement sur les hauteurs de Beyrouth au sein d’une association s’appelant « foi et lumière » qui accueille en son sein des personnes porteurs de handicap. Comme d’habitude, nous furent reçu comme des rois. Nous leur presentâmes notre mission et entonnâmes une petite chanson scout, après quoi tout le monde dansa. Notre simple présence fut récompensée par les sourires radieux de ceux qui sont rejetés de la société et qui nous transforment par leur amour sans limite.

Diner en famille

Nous nous séparons un soir pour aller diner au sein de famille. Apres avoir réceptionné une commande de 26 sandwichs de fallafels, nous nous séparons en trois groupes. Les familles nous accueillent avec joie ! Nous les connaissons déjà pour la plupart, ce qui facilite le contact malgré la barrière de la langue.
Clothilde, Philippe et Marion vont dans une famille irakienne, habitant Beyrouth depuis 2 ans et 7 mois, composée des parents, et de deux petites filles : Mariana (9 ans) et Linda (6 ans). En arrivant, elles nous sautent dans les bras. Le dîner se déroule dans la joie, entre concours de la plus grande bouchée, claps de mains, et liste de chiffre et couleurs en français, anglais et arabe. A la fin du repas, les deux filles nous entrainent dans un jeu avec des ballons de baudruches, sous les yeux ravis de leurs parents. (Notes pour la prochaine fois: éviter le sport après l’ ingestion d’ une forte dose de fallafels !)

Jeunes de la paroisse de Bourj Hamoud

Nous avons assisté à la répétition d’une pièce de théâtre de la vie de Saint Doumit. Cette pièce a été écrite et mise en scène par un jeune de la paroisse, (Pierre, il porte bien son nom) qui se destine à être prêtre. L’implication de ces jeunes débordant  d’énergie dans ce projet nous a touchée, d’autant que la pièce met en scène des chrétiens persécutés. Ils sont pour nous des exemples car leur mérite est grand et parce qu’il est de plus en plus difficile d’être chrétien au Liban. Leur foi est solide, de même que leur courage. Prenons-en de la graine, et battons-nous pour défendre notre foi dans notre pays.

Rencontre avec l’ évêque latin

En tant que chef d’une des 18 communautés religieuses du Liban, Monseigneur Cesar Essayan a un rôle extrêmement important. Nous avons eu l’honneur de le rencontrer lors d’un dîner chez lui, à l’évêché, perché sur les hauteurs de Beyrouth. En plus d’un accueil mémorable, cette rencontre fut l’occasion pour nous d’échanger sur la situation religieuse et politique, en particulier sur « l’exception libanaise », seul pays du Moyen Orient où les communautés vivent (pour l’instant) en paix.