Mercredi 19 Juillet, Aéroport Roissy-Charles de Gaulle. Nous nous étions donnés rendez-vous devant la zone d’enregistrement de bagages du terminal 2E. Sur les rangs : Armelle, 19 ans, étudiante en kinésithérapie, Isaure, 20 ans, en troisième année de médecine, Camille (19 ans, Sciences Politiques), Hélie (21 ans, droit), Quentin (18 ans, Khâgne philosophie), Manon (19 ans, droit et histoire) et Amaury (22 ans, Management International).

Malgré l’affluence, nous accomplissons nos procédures rapidement et embarquons dans un avion de compagnie roumaine. Une première fois pour Amaury, qui oscille entre exaltation et appréhension pendant toute la durée du voyage.

Changement à Bucarest pour un nouveau départ vers Chisinau (prononcez Khishinow), capitale de la Moldavie. Pendant le trajet, Manon est assise à côté d’un jeune moldave à l’anglais quasiment parfait. Il fait ses études d’économie en Norvège et ne souhaite pas rester en Moldavie plus tard. Selon lui, tous les jeunes veulent partir de Moldavie, car ils n’y on aucun avenir. Il nous dit que c’est un pays en ruines. Il nous demande ce qu’on va faire là-bas, on lui répond qu’on va aider une communauté catholique. Il ne savait même pas qu’il y avait des catholiques en Moldavie (ils ne représentent que 0,3 % de la population).

(Photo: Dans le bus qui nous amène sur le tarmac, aéroport de Bucarest)

L’aéroport de Chisinau est propre et refait à neuf, de la taille d’une gare ferroviaire de province en France. Nous y retrouvons Daniela, référente de Caritas Moldova. Elle parle un français impeccable, sans jamais être venu en France. Elle nous prend un van pour Balti (prononcez Bèlt) où commence notre mission.

La route menant de Chisinau à Balti nous permet une première approche du pays dans lequel nous sommes censés passer les semaines à venir : barres d’immeubles délabrées dans le centre ; certaines zones d’habitations cohabitent avec les gravats et les terrains vagues ; panneaux de signalisation rouillés ; des zones d’habitation plus favorisées en périphérie, nous croisons quelques belles voitures et immeubles en construction. Peu de feux rouges et de passages piétons, mais (fait marquant), le petit bonhomme vert est animé, et pas statique comme en France.

Il n’y a pas d’autoroute entre Chisinau et Balti, pourtant troisième plus grande ville du pays( deuxième si l’on excepte Tiraspol, en Transnistrie, région sécessionniste).

Dans la campagne : relief collinaire, avec beaucoup de forêts (nous l’avions déjà remarqué depuis l’avion), de nombreux cépages, quelques terrains laissés en jachère et parsemés de broussailles, plusieurs charrettes dans les champs et sur la route ; nous croisons un village-fantôme mangé par les arbres, des ruines de maisons en plusieurs endroits. Nous n’avons pas vu énormément de voitures sur les deux heures qu’a duré le trajet.

La banlieue de Balti est en partie prise dans la forêt. Les maisons ont un toit en tôle. Dans la périphérie, les devantures repeintes voisinent avec les locaux désaffectés. Le centre est beaucoup plus animé. 3 grands fourneaux blanc et rouge percent le ciel, ils appartiennent à une ancienne usine qui ne fonctionne plus mais dont le terrain couvre encore plusieurs hectares au sein même de la ville. Le bas des arbres qui longent la route est peint en blanc. Nous pensons au début que le but est de réfléchir la lumière des phares pour permettre aux conducteurs de localiser la route la nuit en l’absence de révèrbères. On nous dira plus tard que c’est pour les protéger des maladies. Le van nous dépose devant le centre Caritas, une belle maison blanche avec cour et jardin. Pas de différence avec une maison française, si l’on excepte les touffes d’herbe entre les pavés de la cour. Le père Vassile nous accueille avec quelques paroissiens : Victoria, jeune mère de famille avec sa fille Kira, et Elèna et Cristina, deux adolescentes qui nous font la traduction. Ils ont mis tout un étage à notre disposition. L’intérieur est propre, rangé et accueillant. Victoria nous a préparé le repas, une salade de ce qui ressemblait à de gros cornichons et une soupe à la viande. Soirée jeux jusqu’à une heure avancée, avant que chacun son tour, nous regagnions progressivement notre chambre. Notre première nuit en Moldavie commence.