Aujourd’hui vendredi, nous faisons, pour ceux d’entre nous qui n’étaient pas allés en Transnistrie, la connaissance des enfants accueillis par le centre Caritas pendant les vacances. Après un moment convivial passé avec Rodica, professeur de Français au lycée « Mihai Eminescu », du nom d’un poète roumain du 19ème siècle, et certains de ses élèves, dont font partie Cristina, Alexander et anciennement Eléna (nous apprenons qu’elle a déménagé il y a quelques années en Biélorussie avec ses parents et qu’elle revient en vacances chez sa grand-mère) ; nous déjeunons avec les petits.

(Photo: Eva et Masha (elles sont soeurs) avec Amaury, en tenue de travail)

L’après-midi est dédié à des travaux d’extérieur. Le centre Caritas dispose d’une arrière-cour pour les enfants, avec parc de jeu et petit terrain de football, mais ceux-ci sont en mauvais état. Armés d’un morceau de papier de verre et d’un masque anti-poussière, les garçons passent leur après-midi à poncer le bois des bancs et les barres de métal du grillage du terrain de foot, dans le but de les peindre ultérieurement. Fait notable : la pause foot au milieu, avec les jeunes du centre. Pendant ce temps, les filles participent à un atelier couture.

(Photo: Le terrain de foot du centre Caritas)

(Photo: Arrière du centre Caritas)

(Photo: Atelier couture)

Comme à l’école des fans, les enfants sont formidables ( petite antisèche pour ceux qui ne comprennent pas la référence : https://www.youtube.com/watch?v=YOU1wNYcHYM ) : Vadim, Masha, Vanessa, etc. nous assistent dans notre tâche et s’offrent spontanément pour participer activement à notre réhydratation. Les travaux manuels se poursuivent le lendemain, avec cette fois le désherbage de la cour, du bout de prairie et du parc de jeux. Matériel à disposition en début d’opération : 1 gant par personne. On nous fournira par la suite une hachette, une paire de cisailles, et même une débroussailleuse à fils !

Après deux heures de chantier, le terrain a complètement changé de visage. Les chardons qui le parsemaient ont disparu, les hautes herbes ont été déblayées, et le bac à sable a été libéré de la colonisation fourragère (aucun rapport avec l’Armée n’est à relever dans cette expression).

(Photo: Terrain non désherbé)

(Photo: Terrain désherbé. Oui, je sais, ce n’est pas le même, mais on n’a pas pensé à faire une photo avant/après, on se rattrape comme on peut…)

Après-midi sieste (on a eu de petites nuits), avant de retrouver à 17h les jeunes du lycée de Rodica à l’église catholique de Balti, avec le père Vassile pour un temps de partage. Au programme : présentation de l’AED, de la mission, temps de questions. Nous en apprenons un peu plus sur la présence de l’Église en Moldavie. Elle trouve ses racines dans les mouvements de population de l’Europe de l’Est, notamment depuis la Pologne ; et dans le missionariat. Elle est extrêmement minoritaire : il y a 1 000 catholiques dans tout le pays, quasi inexistante dans les campagnes, et 17 prêtres (y compris réguliers) sur le tout territoire, dont 3 seulement sont Moldaves. Sur Balti, le curé est polonais, il y a aussi un missionnaire Suisse-Allemand ; seul Vassile, d’origine polonaise, est natif du pays.

(Photo: De gauche à droite: Manon, Cristina, Isaure, Amaury, Armelle, Quentin, Rodica, Alexandre, Camille et Hélie, devant le parvis de l’église catholique de Balti)

Celui-ci est allé pour la première fois aux JMJ cet été à Cracovie, accompagné d’une trentaine de jeunes (ils sont 150 Moldaves à avoir fait le trajet). On lui demande ce qu’il en retient. Réponse : l’espérance. Lorsque l’on est issu d’une minorité écrasante sur un territoire donné, voir et rencontrer des croyants venus du monde entier est un extraordinaire moteur spirituel. Nous sentons que si nous sommes ici, c’est aussi pour ça.

(Photo: Jeu du cowboy, que nous ont appris les jeunes du centre Caritas (Camille a envie de gagner)