Depuis Lundi, notre équipe égyptienne se retrouve séparée afin de pouvoir accomplir des missions dans différents lieux qui ne peuvent pas nous accueillir tous les 7. Ainsi Philippe et les deux Marie ont été envoyés par l’évêque à Sedfa, un village à quelques dizaines de kilomètres d’Assiout afin d’aider des sœurs sur place. Anne-Claire et Maïwenn sont parties mercredi pour Kom Boha un autre village de l’autre côté d’Assiout, également chez des sœurs.

Valentin et Samuel ont passé une semaine citadine bien au chaud (très au chaud) à Assiout avec un programme assez light, très axé sur la rencontre et le partage avec les Égyptiens. Nous avons eu la chance d’assister à deux mariages dans le rite copte catholique : le premier très protocolaire dans la cathédrale d’Assiout et un second, plus festif, dans un village alentour. Nous avons ensuite été marqués par la rencontre avec des Égyptiens de tous âges et de toutes conditions. Tout d’abord, nous avons eu la joie de rendre visite à des enfants handicapés dans une maison des Sœurs de mère Teresa à Assiout. Notre mission était d’essayer d’égayer un peu leur quotidien en jouant avec eux, en offrant des petits cadeaux. Un autre moment de rencontre privilégié avec des jeunes cette semaine a été un rassemblement de jeunes de villages voisins au centre de catéchisme d’Assiout. Au programme, différentes activités de team building et un peu de catéchèse pour nourrir les jeunes pendant ces vacances estivales. Nous avons également participé à une rencontre pour des jeunes couples récemment mariés sur le thème « Comment s’aimer en vérité dans un couple et faire fructifier son mariage ». Après quelques chants et jeux de rôle en arabe avec les couples, nous nous sommes plus focalisés sur la garde des enfants, plus adaptée à nos talents linguistiques. Mais nous avons pu avoir des échanges très intéressants avec les adultes pendant le repas, ce qui nous a permis d’avoir des opinions et des visions parfois très différentes de celles des jeunes sur la situation actuelle en Égypte.

En effet, de manière générale, les jeunes Égyptiens ont une vision négative de leur pays : au cours des échanges, c’est nous qui devions défendre la beauté de l’Égypte… Mais entre le service militaire obligatoire dans un pays toujours en guerre contre Daesh, la difficulté pour trouver du travail, même après des études, et l’économie fragile du pays, beaucoup rêvent des pays occidentaux. Les questions sur les possibilités d’aller étudier en France n’ont donc pas tardé. Mais on peut se demander si on ne se trouve pas ici face à un double fantasme : le premier au niveau de leur vision de l’Europe et ce qu’elle est réellement. Le second au niveau des difficultés de se construire un avenir à l’étranger dans un pays où le niveau d’anglais est trop souvent sommaire et où la dévaluation de la monnaie rend leur pouvoir d’achat très limité.