Sur la route de Gublak : la plaine d’Ethiopie dominée par les hauts plateaux

Texto d’Alexis, notre chef et trésorier, à 14h nous informant qu’il part de chez lui. L’avion décolle à 16h, le stress monte d’un cran. Gabriel, notre séminariste venu de Rome, détend l’atmosphère en salle d’embarquement, grâce à des morceaux entraînants joués sur le piano mis à disposition des voyageurs.

15h45, Alexis nous rejoint (enfin) avec un sac, certes incomplet, mais il est là et nous sommes tous les 5 dans l’avion. EgyptAir, la compagnie qui nous transporte, entame via les écrans et le personnel naviguant, des prières en arabe après les consignes de sécurité. Dépaysement garanti, à quand un « je vous salue Marie » sur les vols Air France ? Nous décollons, Addis-Abeba nous voilà.

Après 10h de voyage, crevés mais heureux d’être enfin dans la capitale éthiopienne, nous sommes accueillis pour une courte nuit à l’archidiocèse d’Addis. Départ le lendemain pour Gublak, 600km environ. Notre chauffeur s’appelle Yared, il est souriant, bilingue en anglais et… écoute en boucle le CD d’un groupe éthiopien qui vient de sortir. Le Cd comporte 5 chansons ; au bout d’une demi-journée de route, nous chantons déjà à tue-tête, tels des groupies de longues dates.

Ce (long) temps en voiture, rebaptisé par notre blonde experte linguistique Margaux « the safari road trip », est riche en découvertes et en émerveillements. Nous avons le souffle coupé par la beauté de ces hauts plateaux africains mêlant un vert intense, revigoré par la saison des pluies, et le rouge couleur sang de cette terre que nous aimons déjà. Sur le bords des routes, nous découvrons avec des yeux d’enfants des éthiopiens labourant à l’aide de buffles et d’ une charrue en bois, des femmes moissonnant à la faux et des enfants courant après la voiture tout sourire pour nous dire bonjour. Malgré la rusticité de leur habitat, ce peuple nous apparaît gai et chaleureux, les façades sont colorées et les habits chatoyants. Les costumes éthiopiens fascinent Anne qui ne manque pas de nous en faire admirer un certain nombre au gré de la route.

18h30, Yared s’arrête, c’est la fin de notre voyage… pour aujourd’hui. Nous avons roulé plus de 7h et nous n’avons fait que 280km. Peu importe, ce road trip est magique et nous sommes prêts à en reprendre pleins les yeux le lendemain.

Debre Markos, notre point d’étape est une ville de 90 000 habitants, la ville ne possédant pas de lampadaire, nous sommes plongés dans la nuit dès 19h. C’est donc amusés et à la lampe torche que nous partons dîner en évitant de tomber dans les trous du trottoir ou de rentrer de plein fouet dans des Ethiopiens que nous ne voyons plus dans le noir.

La découverte de la gastronomie locale est une distrayante expérience. A l’aide de notre main droite (surtout pas la gauche), nous essayons de découper un morceau de galette (Injera) pour pouvoir prendre une pincée de légumes ou de viande dans un grand plat commun, posé au centre de la table. Fous-rires garantis, nous sommes ensemble depuis à peine 24h et pourtant plus de distance courtoise entre nous, les liens se soudent. Marguerite-Marie est certes un peu déçue qu’il n’y ait pas de dessert, mais promis, nous en achèterons demain.

Départ mardi 18 à 6h, après une courte nuit, nous sommes pressés d’arriver à Gublak où nous sommes attendus et il nous reste encore 350km. Même émerveillement durant le trajet par la beauté des paysages et de ses habitants. Nous sommes cependant un peu fatigués et après les laudes, animées par Gabriel, nous sombrons tous plus ou moins dans le sommeil.

Midi, la route s’arrête, nous empruntons un chemin de terre pendant les 50 derniers kilomètres qui nous donnent l’occasion de tester les suspensions de la voiture puis nous arrivons enfin à Gublak.