Nous avons seulement passé deux jours à Hinche et on a l’impression que cela fait plusieurs semaines que nous sommes arrivés dans cette ville plus que surprenante.

Jeudi 19, nous avons pu nous prélasser et profiter de notre matinée. Cependant nous étions trop impatients et nous n’avons pu tenir en place, trop pressés de découvrir les alentours, les gens, Haïti dans son jus. Armés de notre crème solaire, notre anti-moustique et nos appareils photo, nous avons sillonné timidement quelques rues alentours. Nous avons finalement trouvé un guide, et pas n’importe lequel : Fod qui travaille au centre. Ce dernier nous a fait visiter l’université Sainte Thérèse et le village de Massina où l’on fabrique de la farine de manioc ainsi que du sucre à partir de cannes à sucre.

L’après midi, vers 17 heures la mission commence véritablement pour nous. Nous assistons à la messe et pouvons écouter le sermon du prêtre Jacques Volcius, une sorte d’embroglio de créole et de français, destiné à nous être compréhensible. Au terme de cette messe, nous rencontrons les jeunes de la paroisse et établissons un programme pour les jours à venir.

Vendredi 20 juillet au matin, certains assistent à la messe de 6 heures 30 en créole. Après cela nous discutons avec Monseigneur Jean Désinord qui est évêque depuis deux ans et qui, avant cela, travaillait pour la radio et la télévision. Il nous parle d’Haïti et de son potentiel qu’il juge terni par la mauvaise gestion politique, des relations entre catholiques et protestants sur l’île qui sont assez délicates, du culte vaudou et du fait que « le vaudouisant ne s’assume pas ». Selon lui, il faut néanmoins distinguer vaudou et sorcellerie, qui peuvent être parfois liés. Ce qui manque, c’est un réel dialogue, un débat qui n’existe pourtant pas. Il nous explique aussi que l’île importe la majorité de ses produits et dépend pour beaucoup des États-Unis. En ce qui concerne l’environnement, qui est un point crucial tant les rues sont jonchées de déchets et que la déforestation est importante, il nous explique que l’Église tend à jouer un rôle et à peser sur la question, en avertissant la population et en organisant avec les jeunes des replantations.

Nous rejoignons ensuite les jeunes de la paroisse avec lesquels nous avons un temps d’échange et nous en profitons pour briser la glace. Certains finissent par danser et nous sommes bluffés par leur fameux déhanché. On tente aussi à notre manière d’enflammer la piste de danse et tout le monde se mêle, sur de la musique mondialisée, à la liesse.

 

Au sortir du repas, nous faisons la connaissance du père Herald. Il témoigne de son expérience en Haïti, lui qui a suivi une formation à Rome de 2000 à 2011. Il estime être plus utile ici qu’à Rome. Bien que quitter l’Italie fut difficile, il a conscience du fait qu’il était justement venu à Rome « pour prendre quelque chose afin de le donner quelque part : en Haïti. » Par ailleurs, sur l’île, même si l’on n’est pas catholique on a besoin de l’Église. Le père Herald nous indique que la voiture du curé peut servir d’ambulance par exemple et que dans beaucoup de communes seule l’Église possède un centre de santé et une école secondaire tandis que l’État n’en a pas.

 

Nous avons rendez vous à 15 heures pour une visite de Hinche. Néanmoins nous nous sommes acclimatés au pays et savons que les horaires haïtiens sont plus que relatifs… nous partons donc finalement à 17 h 30 pour cette fameuse visite dans les rues de la ville. C’est l’occasion de se rendre compte encore une fois de la précarité dans laquelle vivent les habitants. Notre petite équipe haïtienne met cependant le cœur à l’ouvrage pour mettre une belle ambiance et l’on finit par danser, faire des jeux et se couvrir de fleurs. 

C’est un sacré contraste que de voir ce qui nous entoure et cette joie qui les anime malgré tout.

 

 

Demain, c’est visite de « bassin zim », « une bien belle chute d’eau » nous a-t-on dit !

 

A très vite alors!